Coma (Morts suspectes) – Michaël Crichton

Coma de Michaël Crichton
1978. Avec Geneviève Bujold, Michael Douglas, Elizabeth Ashley

Le titre original de ce film est ComaMorts suspectes est le titre français. Ce thriller se passe à Boston. Une amie du docteur Susan Wheeler, Nancy, entre au Boston Memorial Hospital pour un avortement. Elle tombe dans le coma. Sa mort cérébrale serait passée inaperçue si Susan ne s’était pas interrogée sur les causes. Elle mène l’enquête et constate qu’une dizaine d’accidents de ce genre sont survenus dans cet hôpital. Poussant plus loin ses investigations, elle va vite découvrir qu’elle n’est pas au bout de ses surprises : même bloc opératoire pour toutes les victimes et transfert automatique dans un nouvel établissement spécialisé. Susan n’hésitera pas à enfreindre le règlement pour avoir des informations. Mais la curiosité risque de lui nuire…

Michaël Crichton a mis en scène avec virtuosité le roman de Robin Cook, Coma. Ici encore, on retrouve tout le savoir médical du réalisateur. Robin Cook évoluait également dans ce domaine puisqu’il était ophtalmologiste à Boston.

Ce thriller est à la fois passionnant et haletant. Il ne laisse pas le spectateur indifférent. Le film est tellement réaliste qu’il en devient angoissant !

Le Daim (2019)- Quentin Dupieux

Georges quitte tout pour aller s’installer dans un village de montagne. Il claque toutes ses économies, soit 7500 €, dans un blouson en daim à franges qu’il achète à un particulier. Ce dernier lui offre en plus un camescope qu’il n’utilise pas. Il se rend dans un bar où il sympathise avec la serveuse, Denise, et une autre dame qui s’avérera être une prostituée. Lorsque celle-ci lui demande ce qu’il fait dans la vie, il répond qu’il est cinéaste. Son obsession pour son blouson va l’amener à le filmer avec le camescope. Denise faisant du montage vidéo en amatrice, il lui propose de collaborer avec lui…

Ce n’est pas le premier film de Quentin Dupieux que je visionne. J’ai déjà vu Steak, sorti en 2007 et Rubber, sorti en 2010. Je suis, à chaque fois, étonnée par sa façon de filmer et, surtout, par ses scénarios. J’oscille entre l’absurde et le foutage de gueule… Mais ce qui est fort, c’est qu’à chaque fois, je me laisse prendre au piège et je regarde le film jusqu’au bout, espérant qu’à un moment donné, il arrive quelque chose. Une obsession pour un vieux blouson en daim à franges, il fallait quand même trouver le thème, hein ! En même temps, le « personnage » principal de Rubber était un pneu… Dupieux ne déroge pas à la règle ici.

Bref, c’est un film décalé, totalement barré mais qui ne laisse pas indifférent… Si vous aimez les vieilles voitures, les décors des années 70, la musique de la même époque, ce film pourra vous plaire.

Léviathan – Andreï Zviaguintsev

Le Léviathan est connu dans la mythologie pour être un monstre. Il apparaît également dans la Bible. Il s’agit d’un énorme serpent de mer et, de ce fait, on peut le voir de façon métaphorique comme des forces invisibles créées par un regroupement, une association d’individu.

Andreï Zviaguintsev va ainsi intituler son film pour désigner la corruption de l’État.  Son personnage, Kolia, rappelle celui de Job dans la Bible. Kolia habite dans une maison qu’il a construite de ses propres mains près de la mer de Barents. Il fait l’objet d’une procédure d’expropriation mise en place par le maire qui voudrait récupérer le terrain afin d’en faire, apparemment, un centre de télécommunications. Mais Kolia est attaché à ce lieu où ont vécu son grand-père et son père. Il fait appel à son ami, Dmitri, avocat, pour essayer d’obtenir une somme plus importante que celle proposée. Mais il va se heurter à des obstacles, privés et publics…

Le réalisateur a mis en scène un fait divers. Cependant, il montre de façon admirable l’association État/Église, association puissante contre laquelle un homme seul ne peut rien. Le maire, ici, a du sang sur les mains mais il est appuyé par le chef de la police, madame le Procureur, la juge, l’évêque… bref, tous ceux qui détiennent une certaine puissance. Zviaguintsev met également en relief la trahison, souvent amenée, justement, par la perspective du pouvoir.

J’ai vraiment apprécié ce film tourné de façon admirable. Cet homme se battant, seul, dans un univers glauque, luttant pour sa liberté, ne peut qu’avoir notre empathie.


Le Scénar – Philippe Pratx

Quatrième de couverture :

Le Scénar, c’est l’histoire – mais est-ce bien une histoire? – de quelques personnages qui ont découvert le texte anonyme d’un scénario de cinéma. Quand on découvre le manuscrit d’un «scénar», que peut-il se passer ? 
Roman allégorique qui explore la relation que nous avons avec la réalité et la fiction, Le Scénar est aussi une déclaration d’amour au road movie…, nourri d’inspirations fantastiques, politiques, philosophiques…

Mon avis :

Si j’ai remis hier la fiche que j’avais écrite en 2015 sur Le soir, Lilith, ce n’est pas pour rien 😉. En effet, l’auteur semble aimer le monde du cinéma et nous replonge dans cet univers avec son nouveau roman au titre évocateur, Le Scénar.

Quand je lis la première phrase de l’avertissement : « Ce livre n’est pas très sérieux », je me dis qu’il est fait pour moi et que je vais me régaler à sa lecture. Pour faire vite, nous avons trois personnages, Lola, qui fait des études de cinéma, et ses amis, les jumeaux Théo et Léo. Ces derniers découvrent un scénario sur une clé USB au nom mystérieux. Ils veulent en savoir plus…

J’ai apprécié ce roman. D’abord par son histoire, originale, aux multiples références. On se balade dans les films, la musique également… Bref, tout y est pour nous plaire. Ensuite, par son écriture, oscillant entre récit et scénario, collant au plus près, justement, avec le livre. C’est bien joué, très bien joué même, sans vouloir faire un mauvais jeu de mots. Et n’oublions pas, enfin, un petit personnage à quatre pattes, le chaton Emo… Comment ne pas craquer ?

Merci Philippe de m’avoir fait confiance en m’offrant votre nouvel opus.

Ton Fils (Tu Hijo) – Miguel Ángel Vivas 📺

Jaime Jimenez mène une vie bien tranquille : il est chirurgien, a une femme et deux enfants, Sara et Marcos. Sa vie bascule le jour où, à l’hôpital où il travaille, on lui annonce que son fils vient d’arriver. Ce dernier est en bien mauvais état, passé à tabac à la sortie d’une discothèque. Pourquoi ? C’est ce que ce père va s’acharner à trouver.

Le cinéma espagnol est souvent d’une intensité remarquable. Ce film ne déroge pas à la règle. J’ai été absorbée du début à la fin, sans aucun temps mort. L’acteur, José Coronado, joue son rôle à la perfection, celui du père impuissant, prêt à tout pour venger son fils. Ana Wagener, qui tient le rôle de son épouse, est également remarquable : non seulement elle doit gérer sa douleur mais elle doit aussi canaliser son mari, qui tourne en boucle, rumine sa vengeance, et se retrouve plus d’une fois au poste de Police. Le décor vient ajouter à la puissance dramatique : Jaime se retrouve souvent la nuit dans les bas-fonds de Séville.

Quant à la fin… on se prend une grande claque ! Quel film, mes aïeux ! C’est noir, c’est glauque, c’est limite malsain mais ça prend aux tripes !

Euh… je dois ajouter autre chose ou vous avez compris qu’il faut absolument le voir ?