Imagine-erre – Françoise Pichaud

Quatrième de couverture :

Une équipe de guetteurs dirigée par Máhtto a pour mission de veiller sur quelques planètes disséminées dans l’Univers. 
Ensemble ils vont contrer une menace venue de la planète Osand, là où Mordolph la Cigaliane et Mollie le Poulpe ravagent la paix et la liberté. 

Petit à petit on découvre le mystère qui enveloppe les personnages de Sophie, Adama, Sebastián et Steven. Chacun d’eux est en poste dans un observatoire-bulle. Quant à Máhtto il réunit sa petite équipe à bord de l’Odyssée et se rend parfois au Bord du ciel dans l’un des Bureaux d’études célestes.
En équilibre entre rêve et réalité, ils fondent l’espoir de dessiner un avenir plus serein sur Terre.

Sous fond de voyage imaginaire, ce roman fantastique aborde les thèmes de l’écologie, de la paix, de la culture et de la musique de l’Univers. 

Mon Avis : 

Le titre parle déjà de lui-même et si vous connaissez un peu le style de Françoise Pichaud, alias Gouelan sur Babelio, si vous traînez un peu sur Short-Éditions, vous savez à quel point elle aime s’amuser avec les mots. J’ai eu le cœur serré en lisant la dédicace au petit Ange et je pense d’ailleurs que grâce à celle-ci, ce récit, qui pourrait s’apparenter, à mon sens, à un conte philosophique tant il fait réfléchir au-delà du côté jeunesse et fantastique, peut se lire à plusieurs degrés.

J’aime la plume de Françoise, son style, concis, vif et cette façon, inimitable de faire passer un message en alliant avec magie les mots. Fable actuelle, fable de demain, elle nous engage à réfléchir sur de vrais sujets. Et si je devais rapprocher ce texte d’un livre connu, je dirais que Le Petit Prince n’a qu’à bien se tenir !  

La danse de l’Aube – Roxane Marie Galliez

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Voici la suite du Pêcheur d’étoiles, ce conte philosophique qui m’avait tant plu et dont j’attendais la suite avec impatience. Vous noterez déjà ce choix des titres qui n’est pas sans laisser penser à une écriture majestueuse. Il me suffit de les lire pour avoir déjà la tête ailleurs, partir, m’évader, retrouver le monde magique de Barbar et d’Aube. Et c’est de cette dernière dont il va surtout être question ici.

Souvenez-vous, dans le premier opus, nous avions quitté le pêcheur désemparé. Ce phénicien avait suivi sa quête sans se rendre compte qu’il faisait du mal à côté de lui. Et son Amour, le seul, le vrai, l’unique, était parti. Nous retrouvons donc Aube, puisqu’il s’agit bien d’elle, dans un état épouvantable. Elle ne le montrait pas vraiment si mes souvenirs sont bons mais elle est capable d’éprouver des sentiments, de se lâcher, de les exprimer ! Bon, je n’en dis pas plus pour ne rien dévoiler…

J’ai retrouvé avec délice cette écriture poétique que j’apprécie tant dans les écrits de Roxane Marie Galliez, les messages implicites (ou non) que véhicule ce conte, l’humanité qui s’en dégage, même s’il s’agit ici de personnages allégoriques.

Que dire ? Lisez-le et vous m’en direz des nouvelles !

 

Extrait :

Il la lava avec de l’eau de pluie et remplit son regard de rosée : il n’aurait pas supporté qu’elle ne connaisse jamais plus le bonheur des larmes versées pour rire, aimer ou soigner ses blessures.

Attends Miyuki – Roxane Marie Galliez / Seng Soun Ratanavanh

Quel album ! Très doux au toucher, avec de belles pages en papier glacé richement illustrées… Et quel texte, quelle puissance ! Pfffiou, je l’ai lu ce matin, au petit-déjeuner, avant de partir travailler, ce qui m’a mis du baume au cœur.

Cette petite Miyuki, comme tous les enfants de son âge, veut tout, tout de suite. Elle désire ardemment que, en ce premier jour de printemps, toutes les fleurs de son jardin soient écloses. Mais une petite fleur joue les prolongations. Le grand-père, qu’elle a tiré du lit pour venir contempler la nouvelle saison, lui explique que tout ne va pas au même rythme et que la petite fleur attend de l’eau pure pour s’ouvrir. Il n’en fallait pas plus pour que la petite fille parte à la recherche de l’onde magique.

Si Miyuki doit apprendre la sagesse et la patience, j’avoue que je n’en ai pas eu, de mon côté, et que j’ai dévoré tout de go cet album. Ce conte philosophique, à l’adresse des enfants et de celui qui sommeille en chacun de nous, est  magnifique, tout simplement.

Un grand merci aux auteurs pour ce délicieux moment de lecture.

Le Pêcheur d’étoiles – Roxane Marie Galliez

 

Le Pêcheur d’étoiles… magnifique titre qui laisse rêveur. Je plonge le nez dans ce petit livre et, soudain, j’ai un parfum d’enfance qui me revient, telle une madeleine de Proust. Début des années 80, je dors chez mes grands-parents. Alors que 7 heures sonnent à l’église du village, un rayon de soleil entre par les volets de bois et commence à inonder la pièce. Je me lève et me dirige tout doucement vers l’armoire dans laquelle se trouve un gros livre à la couverture verte. Je plonge dans ces histoires de fées, de princes charmants et de vilaines sorcières qu’ont su si bien compiler les frères Grimm… Au bout d’une heure ou deux d’enchantement, je repose le bouquin et je me prépare à une belle journée…

Voilà l’effet que m’a fait ce petit conte philosophique.  Oui, j’ai bien dit philosophique. Car la magie est là pour donner à réfléchir. Barbar, le personnage principal, évolue sous la prose poétique de Roxane Marie Galliez. Son parcours initiatique n’est pas de tout repos et l’on a de l’empathie envers ce dernier. Pourtant, il fera des erreurs qui auront de graves conséquences. L’être humain est obstiné. Il ne veut pas écouter les conseils… Ça vous rappelle quelque chose ? Oui, nous sommes tous des « Barbar ».

Quelle plume, mes aïeux ! C’est admirable ! Je suis ressortie de ma lecture comme je ressortais de mon bouquin de contes il y a une trente-cinq ans en arrière : le sourire aux lèvres. J’ai découvert cet écrivain de talent grâce au blog d’Eve-Yeshe et je l’en remercie. J’ai vraiment adoré ce texte qui, n’ayons pas peur des mots, fait du bien.

 

 

Extrait :

Lui, était encore trop prisonnier de ses croyances et trop orgueilleux pour admettre ses erreurs. Il s’était marié il y  a longtemps et jamais il n’aurait voulu reconnaître que la fille du marchand d’or n’était pas celle qu’il lui fallait. Il masquait ses défauts en qualités, il s’inventait des histoires, il édulcorait sa vie, tout plutôt qu’avouer qu’il s’était marié sans la connaître, pour bâtir vite une famille. Aussi, quand la Gardienne avait écrit l’histoire de la rencontre avec la fille du marchand d’or, il avait refusé de parler de ce chapitre là, sinon pour lui dire qu’elle s’était trompée, qu’elle ne connaissait pas la vérité. La Gardienne n’avait rien dit, elle n’avait même pas répliqué qu’elle n’inventait jamais ses histoires, elle se contentait de retranscrire ce qu’elle lisait dans le fond des âmes. Et ce qu’elle lisait dans l’âme du Phénicien, c’est qu’il n’aimait qu’elle, la Gardienne, et qu’il tentait d’étouffer cet amour qui l’effrayait parce que cela lui demandait de bouleverser sa vie et que sa plus grande peur désormais, était de la perdre.