Les Plumes chez Émilie : Nostalgie

Les mots à insérer sont : SE SOUVENIR, PLUS, FAMILLE, REGRET, HEUREUX, MADELEINE, AINSI, ALEA, APPARAITRE, ADOLESCENCE, BANANA-SPLIT, RÉSIGNÉ, RÊVER, RESTAURER.

Les souvenirs de Toinou

Assis à une terrasse de café, l’air contemplateur, une banana-split devant lui, le dernier truc à la mode, Antoine se remémorait les jours heureux de son adolescence avec sa mère et le docteur Louis. Il était désormais un beau jeune homme de 25 ans, marié à une gentille Marie avec qui il avait fondé sa famille. Elle lui avait donné deux beaux enfants, Louis et Clémence, et attendait le petit troisième qui n’allait pas tarder à faire apparaître le bout de son nez. Avec les aléas de la grossesse, il ne savait plus exactement quand ce petit allait arriver. Son seul regret était que ses parents ne le verraient pas. Ainsi allait la vie, il s’y était résigné. Il se souvenait de la joie de sa mère quand il lui avait annoncé la naissance du premier et de l’émotion du docteur apprenant que ce petit allait porter son prénom. Malheureusement, Rosalie s’était éteinte bien trop tôt à ses yeux et le docteur l’avait suivi de près dans sa dernière demeure, anéanti par le chagrin. Antoine avait eu du mal à s’en remettre mais il devait rester solide pour sa famille. Sa madeleine de Proust, c’était la crèche qu’il mettait à Noël. Il se souvenait alors de cette journée qu’il avait passée dans l’atelier à scier, clouer, raboter… à travailler jusqu’à n’en plus pouvoir afin d’offrir ce cadeau à ses parents. Depuis, il l’avait restaurée et rêvait de la transmettre à ses enfants. Cet épisode de sa vie avait déterminé ce qu’il était devenu : un menuisier reconnu.

Les défis du 20 : Lettre L

C’est reparti pour une nouvelle année ! Nous avions fini en décembre dernier avec Kot et Karma. Ce mois-ci, c’est Passiflore qui nous propose le mot concret : Libellule, et le mot abstrait : Liberté.

@LB

Au mois de mai dernier, en allant me balader aux étangs de Commelles, près de Chantilly, j’ai eu le loisir de photographier des libellules. Je n’en avais jamais vues autant d’un seul coup ! Elles étaient là, autour de moi, voletant en toute liberté, faisant fi de mon appareil photo ou de ma présence. Libellule, liberté, avez-vous remarqué que ces termes commencent par les mêmes lettres ? Espérons tout de même que la liberté ne s’envole pas !

Les défis du 20 : lettre K

Les règles sont ici. C’est Adrienne qui est aux manettes avec la lettre K. Elle nous propose « Kot » et « Karma ».

Kot ? Mais quel est ce mot ? Le cri de la poule allemande ? Le Karma d’Adrienne en prendrait un sacré coup si je ne mentionnais pas la vraie définition : taudis ou chambre d’étudiant (parfois c’est la même chose, non ? 😂) en néerlandais ; logement loué à un étudiant en Belgique. Ouf, Adrienne ne me trucidera pas et ses chakras pourront rester en paix.

Lorsque j’étais étudiante, j’ai pu bénéficier pendant plusieurs années d’un kot. C’était une petite chambre universitaire de 9m2. Cela peut paraître petit mais pour moi, c’était grandiose ! Mon petit « chez moi ». Mon refuge !

C’est justement à l’université que j’ai planché un peu sur le karma. J’avais une matière traitant de l’imaginaire antique. On parlait souvent de la sagesse et on débordait sur le sanskrit, l’Inde… Il nous est donc arrivé de parler du karma. Ah, que de souvenirs remontent à la surface ! 😉

Je vous laisse. C’était le dernier défi du 20 de cette année. Changera, changera pas en 2021 ? Allez voir sur le blog de Passiflore, tout y est expliqué.

Les Plumes chez Émilie : Lecture

Voici la liste des mots à insérer : Bibliothèque, page, virgule, rose, conte, autodafé, évasion, usé, lire, livrer, loisir, occasion, occupé, occulte.

Voici mon texte :

La rédaction

Antoine était retourné à l’école une semaine après le drame. Rosalie et le docteur ne voulaient pas que le petit rumine l’incendie de la ferme. Il fallait qu’il soit occupé afin de ne pas faire plus de cauchemars la nuit. L’école était l’occasion de se livrer à des réflexions de son âge. Ce petit bonhomme avait vécu suffisamment de choses. Il aurait bien tout le loisir, adulte, de régler les problèmes. En attendant, il fallait désormais qu’il ait une vie normale.

À 17h, ce jour-là, Toinou rentra l’air morose. Il avait une rédaction à faire pour le lendemain dont le thème était « l’héroïsme ». Mais comment, à cette heure-là, avoir accès à des livres ? Le peu qu’il avait était parti en cendres dans l’incendie, un crève-coeur pour lui, un autodafé commandité par l’incendiaire qu’il retrouverait un jour ! Quant à la bibliothèque, elle était évidemment fermée puisque c’était celle de l’école. Le petit élève se mit dans la cuisine, sortit son cahier, sa plume et son beau buvard rose tout neuf. L’ancien, tout usé, avait fini, lui aussi, avec les livres. Le docteur avait eu la gentillesse de lui racheter les fournitures qu’il lui fallait. Et il lui avait donné une de ses plumes, ce dont Toinou n’était pas peu fier. Il avait beau réfléchir, rien ne lui venait. Il tournait, l’air désespéré, les pages de son cahier. Rosalie était bien en peine de le voir comme ça. Mais elle ne pouvait pas l’aider, elle qui n’avait pas été à l’école. Elle savait tout juste lire. L’algèbre lui paraissait être une science occulte. Elle ne pouvait qu’essayer de le réconforter. D’ailleurs, elle s’était attelée à la confection d’un gâteau au chocolat.

Toinou entendit soudain des bruits de sabots. Le docteur était de retour de sa tournée. Pour une fois, il rentrait tôt. Il déposa sa lourde mallette sur le sol de l’entrée, mis son manteau et son chapeau sur le porte-manteau, embrassa Rosalie et se pencha sur le garçon en lui gratouillant la tête.

– Alors, bonhomme, comment ça va aujourd’hui ?

Mais l’enfant ne répondit pas. Une grimace fit comprendre à Louis que la journée n’avait pas été un conte de fée. Ce dernier se pencha sur le devoir du petit.

– Hum… l’héroïsme… beau sujet !

L’enfant le regarda, les yeux vides. Soudain, une larme roula sur sa joue.

– Hé, bonhomme, qu’y a-t-il ?

– Je n’ai aucun livre sur lesquels m’appuyer !

– Oh, mais attends, viens avec moi, on va arranger ça !

Louis amena Toinou à l’étage. Il s’arrêta devant son bureau. L’enfant n’avait jamais osé aller dans cette pièce. Le docteur ouvrit la porte. Et là, ce fut comme un enchantement ! Une évasion des sens et de l’esprit ! Un beau bureau en chêne massif vernis trônait au milieu de la pièce. Les murs étaient tapissés de livres aux belles couvertures en cuir.

– Je crois que tu vas trouver ton bonheur !

Le lendemain, l’enfant se leva tout guilleret. Il avait passé du temps à faire sa rédaction mais il en était fier. Il avait regardé les livres, contemplé les graphies, en avait étudié jusqu’aux virgules… Il arriva parmi les premiers à l’école. Lorsque la maîtresse arriva, elle trouva l’enfant avec le sourire, ce qui lui fit bien plaisir. Il sortit, tout fier, sa rédaction dont le titre, fait avec une superbe calligraphie, était le suivant : Le docteur Louis, mon héros.

Les défis du 20 : Lettre J

Les règles sont ici. C’est Catichou qui est aux manettes avec la lettre J. Elle nous propose « jeu » et « janotisme ».

Pour ce jeu, je suis allée voir la définition de « janotisme ». Ce terme me faisait penser à la chanson 🎤 »Jeanneton prend sa faucille » 🎼… Allez, tous en choeur : La rirette, la rireeeeeeeeeeeette !!! Non, ne me remerciez pas, vous allez l’avoir dans la tête toute la journée, c’est cadeau ! Allez, histoire de jouer encore un peu, je vous mets la version soft, vous pourrez vous l’écouter en boucle !

Bon, mais restons sérieux, même si le janotisme peut prêter à sourire puisqu’il s’agit, pour faire vite, d’une phrase mal construite. Et il me revient en mémoire, même si je ne me souvenais pas du terme exact, l’exemple que nous avait donné un de mes professeurs : « Battant des ailes, la fermière lâcha le poulet ». Ah, que de bons moments passés avec cet enseignant ! Je ne pensais pas que la nostalgie allait faire surface de bon matin… C’est le jeu ma pauv’ Lucette !