L’atelier chez Pixelie25

Pixelie25 nous propose un atelier sur les homophones. Le but étant de bricoler un texte avec les mots suivants : Chaud – chaut (du verbe chaloir) – Chow-chow – show – chaux.

La barre est haute !

– Herbert, mais que t’est-il arrivé ?

Rodrigue, le caniche, riait à belles dents. Son copain Herbert, Chow chow de son état, était passé d’un beau beige à un blanc douteux en l’espace d’une matinée.

– Tu te souviens de cette belle femelle Carlin que nous avions rencontrée sur le trottoir face à la boucherie ? Elle s’appelle Calamity. Elle m’a tapé dans l’oeil. Mais lorsque j’ai voulu lui faire un brin de causette, elle m’a vite stoppé dans mon élan. « Inutile de faire votre show, m’a t-elle dit, je ne discute qu’avec des chiens qui me surprennent. Faites quelque chose en ce sens et je reconsidérerai ma décision. Mais attention, si c’est juste pour venir me renifler l’arrière-train, peu me chaut ! »

– Mazette ! Elle était de la Haute, non ? Depuis quand nous, les chiens, parlons-nous ainsi ? Et qu’as-tu fait alors ?

– Je l’ai revue passer la dernière fois. Je me suis dit que j’allais lui faire coucou du toit de la maison en construction, tu sais celle qui n’est pas loin du parc. Ça lui montrerait mes talents d’équilibriste.

– Tout ça pour une femelle ! Et alors ?

– Alors… j’ai perdu pattes et je suis tombé dans un seau d’eau mélangée à de la chaux ! Un maçon avait dû laisser traîner ça là, sur le chantier. Quand mon maître m’a vu dans cet état, il a crié « c’est chaud ! » et m’a aussitôt emmené chez le vétérinaire.

– Quel est son verdict ?

– D’après lui, je vais perdre mes poils. Tu te rends compte, je vais passer d’une allure de nounours à celle d’un lapin pelé. Ça va repousser mais il faudra du temps.

– Tu tiens peut-être ton numéro ! Ça va impressionner Calamity. Tu te rends compte, changer d’apparence aussi vite ? Elle va croire que tu es un magicien.

– Tu crois ? Ah, ça me remonte le moral ! Tu es un vrai copain, toi !

Les Plumes chez Émilie : Surprise

Voici la liste des mots à insérer : Quand, cadeau, baba, chauffage, inattendu, agréable, ébaubi, prix, partie, peur, impavide, incident, ignorer.

La course

– Maman, maman, regarde ce que je te ramène !

Antoine entra en trombe dans la maison, manquant de faire tomber sa mère qui, alertée par ses cris, allait au-devant de lui. Rosalie regarda la magnifique couverture que tenait entre ses mains son fils.

– Mais… Toinou, où as-tu eu ça ?

– À la course maman, j’ai gagné le premier prix.

Rosalie le prit dans ses bras. L’année précédente, son fils s’était blessé et n’avait pas pu concourir. Il en avait été bien malheureux. Elle savait à quel point il aimait lui faire plaisir. Il serait bien allé courir avec son entorse, il ignorait la peur quand il s’agissait de ramener un cadeau à la maison. Mais le médecin avait su le rendre à la raison. L’incident dont Antoine avait été victime aurait pu avoir de graves conséquences.

– Elle te plait, maman ?

– Elle est magnifique ! Cela va être bien agréable cet hiver ! J’en reste ébaubie ! Quel cadeau inattendu ! On dépensera moins de bois de chauffage. Tiens, pour fêter ça, je vais faire un bon gâteau… un baba, je sais que tu aimes ça. Mais tu aurais pu me prévenir quand même, je serais venue te voir et t’encourager. On peut dire que tu sais garder un secret, hein ! Tu es parti comme si de rien n’était, le visage impavide… Tu n’as pas eu mal à ta jambe au moins ?

– Si je te l’avais dit, tu n’aurais pas voulu que je fasse cette course. L’an dernier, j’ai raté le gros jambon qui était mis en jeu. Je voulais absolument te ramener cette couverture. La jambe me tire un peu mais ça va.

Rosalie le serra encore plus fort. Il était le digne fils de son père, toujours à s’inquiéter pour elle. Depuis le décès de Robert, elle se saignait aux quatre veines pour les faire vivre. La partie n’était pas gagnée mais elle réussissait pour le moment à toujours mettre quelque chose sur la table.

– Merci mon Toinou !

– Et si on invitait le docteur ?

– Très bonne idée !

Les Plumes chez Émilie : Canicule

Voici la liste des mots à insérer : Glacier, nu, enflammer, radotage, lapin, chaleur, rhume, moite, mauvais, masse.

L’incendie

La ville brûlait depuis six jours maintenant. Le brasier géant le fascinait. Les poutres en bois craquaient comme des brindilles et se réduisaient en cendres très vite, non sans avoir enflammé au passage les maisons proches. Il regardait le spectacle, nu à sa fenêtre (il ne risquait pas d’attraper un rhume avec cette chaleur), hypnotisé par cette gigantesque langue de feu qui consumait toutes les masses, boisées ou humaines.. Voir un glacier qui se serait détaché n’aurait pas eu le même effet sur lui. Il aurait juste eu les mains moites mais aucune comparaison avec ce spectacle. Le feu purifiait. Tant pis pour les êtres vivants qui rôtissaient comme des lapins. On le dirait mauvais, cruel… peu importe. Il avait l’habitude des radotages.

L’Histoire ne retiendra que ça, se dit Néron…

Les Plumes chez Emilie : Vitesse

Voici la liste des mots à insérer : Précipitation, pied, éclair, boîte, courir, vélo, temps, diligence, minute, pédales, risquer, ralentir, remède.

L’accident

Le docteur arrêta sa diligence devant la ferme des Martin et entra sans perdre une minute dans la vieille maison familiale. Personne. La cuisine embaumait, un repas était en train de mijoter sur le vieux poêle. Il regarda sa montre à gousset : 11h30. Il n’avait pas chômé encore ce matin ! Une dizaine de patients à visiter, il n’avait pas vu passer le temps.

– Madame Martin ?

Rosalie Martin passa la tête dans l’escalier, tel un diable sorti de sa boîte.

– Montez docteur, c’est pour Antoine, il est dans sa chambre.

Le docteur monta les marches un peu abruptes, se demandant comment il n’y avait pas plus d’accidents dans ces vieilles chaumières où les escaliers étaient irréguliers, les planchers brinquebalants. Le petit patient était là, les paupières gonflées par les larmes. Il remarqua son pied, enflé et bleui.

– Alors Antoine, que t’arrive-t-il ?

Le temps que le petit lui réponde, il manipulait doucement le pied, palpant la région plantaire avec attention.

– Je suis tombé de vélo… répondit le petit en grimaçant de douleur.

– C’est arrivé hier Docteur, pendant l’orage. Toinou était allé aider son oncle à rentrer ses vaches. Il y a eu un éclair, il a eu peur et a perdu le contrôle de son vélo. Un mauvais coup de pédale et il s’est retrouvé à terre. Il boitait, on a cru que c’était le coup mais ce matin ça avait enflé.

Le médecin farfouilla dans sa trousse, en sortit un tube de pommade.

– Avez-vous un linge propre que l’on pourrait tailler en bandes ?

– Oui, bien sûr Docteur. Alors, qu’est-ce qu’il a mon Toinou ? Ce n’est pas grave au moins ?

– Non, rassurez-vous, c’est une belle entorse. Il regarda le petit, soulagé par le ton rassurant du praticien. Je vais te donner des remèdes contre la douleur, à ne prendre que si tu ne la supportes plus. Mais il va falloir être patient Antoine. Tu vas guérir à condition de ne pas poser le pied par terre avant un mois.

Des larmes roulèrent sur les joues du jeune blessé. Il ne pourrait pas participer à la course de la kermesse et gagner le beau lot du vainqueur : un énorme jambon qu’il aurait voulu offrir à sa mère qui se saignait aux quatre veines pour les faire vivre depuis que son père était parti rejoindre ses ancêtres. Le docteur comprit de suite la tristesse d’Antoine.

– Allez, petit, ce sont des choses qui arrivent. Tu es jeune et ça va bien se remettre. Mais il ne faut pas ralentir la guérison en faisant des efforts. La kermesse est dans une semaine. Si tu te mets à courir, tu risques de te blesser davantage. Tu ne voudrais quand même pas qu’on t’appelle le boiteux toute ta vie? Alors pas de précipitation jeune homme, dit-il en massant la cheville et en lui faisant un bandage.

– Mais oui Toinou, le docteur a raison, tu vas rester tranquille. Tu concourras l’an prochain, rien ne presse ! Combien je vous dois Docteur ?

Il connaissait la famille Martin depuis longtemps, s’était rendu au chevet de Robert lorsqu’il avait fait sa crise cardiaque. Il savait bien que Rosalie ne pouvait pas le payer.

– Il est presque midi et l’odeur de ce plat qui mijote a aiguisé mon appétit. Si vous acceptez que je reste manger avec vous, nous serons quittes. Je sais que vous êtes une excellente cuisinière.

– Oh, mais bien sûr, dit Rosalie en rosissant. Tenez, descendons, vous pourrez vous installer. Toinou, je vais te monter ta part, il faut que tu manges.

Antoine se redressa dans son lit. Les paroles sensées du médecin l’avaient réconforté.

– Docteur ?

– Oui, Antoine ?

– Merci pour tout !

Le praticien lui fit un clin d’oeil. Ce gosse de dix ans était déjà mature à son âge. Il savait qu’il écouterait ses conseils.

Les Plumes chez Emilie : Boîte

Voici la liste des mots à insérer : Pandore, béquille, nuit, cadeau, secret, sucre, carton, ouvrir, oppresser, outil.

L’anniversaire

S’il y a bien un moment qui est synonyme de joie pour les enfants, c’est la journée d’anniversaire. Pendant un an, ils réfléchissent au cadeau qu’ils vont avoir, observent tous les colis qui arrivent chez eux, les cartons qui sont dans la poubelle et qui pourraient délivrer quelques indices. Le petit bricoleur rêve en secret d’avoir un établi comme papa, avec tous les outils, la petite infirmière désire une poupée qui se ferait bobo, à qui elle pourrait administrer des médicaments, faire des piqures ou délivrer des béquilles. Les petits chimistes aimeraient avoir la grande boîte dans laquelle se trouvent des fioles et des produits à mélanger selon un mode d’emploi bien précis. Les petits cuisiniers se voient déjà en train de faire des gâteaux en pâte à sucre. Les petits musiciens s’imaginent jouer du violon, de la pandore ou de la guitare… La nuit qui précède est souvent courte. Ils se lèvent dès potron-minet et oppressent leurs parents de questions, à la recherche de précieux renseignements. Enfin vient l’heure de la délivrance ! En famille ou entre amis, ils défont avec rapidité les liens qui retiennent le papier cadeau et ouvrent fébrilement la boîte tant attendue. Tout le monde retient sa respiration. Et si ce n’était pas le bon choix ? Le sourire rieur qui se dessine soudain sur leurs visages est la récompense pour tous. Il n’y a plus qu’à attendre l’année suivante !