Les défis du 20 : Lettre I

Les règles sont ici. C’est Vonnette qui est aux manettes avec la lettre I. Elle nous a d’abord proposé ICEBERG et IGUANE. Puis, se rendant compte qu’il fallait un mot abstrait, elle a changé l’iguane en INSOUCIANCE. Mais ça n’arrangeait pas mon affaire car j’avais déjà préparé mon billet… Donc vous aurez les 3 mots dedans et pis c’est tout !


Un iguane sur un iceberg, a-t-on déjà vu ça ? Même chez La Fontaine on ne le trouve pas. Mais avec le changement de climat, l’iguane n’aura t-il pas envie d’être un peu au frais ? Ou, à force de fondre, les icebergs ne se retrouveront-ils pas à des endroits improbables ? Ceci dit, la bestiole ne fait-elle pas preuve d’insouciance en risquant une pneumonie ?

Vous avez 2h ! Je ramasse les copies ensuite. 😄

Les Plumes chez Émilie : Rasséréner

Voici la liste des mots à insérer : Calmer, soutien, douceur, héroïque, patient, cool, grrr, méditation, maternel, modérer, embrouille, évasion, éveil. J’ai laissé « cool » de côté, il aurait été anachronique. Voici mon texte :

Le nouveau foyer

« Non, non, au secours !!! » Antoine avait fini par s’endormir dans son nouveau lit mais son sommeil était encore tout agité par ce qu’il avait vécu : l’incendie de la ferme.

– Calme-toi Toinou, tu es en train de faire un cauchemar !

Rosalie essayait, avec une douceur toute maternelle, d’apaiser son fils. Louis vint la rejoindre et lui passa son bras autour du cou.

– Alors, comment va mon petit patient ?

Antoine était dans un semi-éveil. Dans un brouillard, il perçut les deux personnes qu’il aimait le plus : sa mère et son sauveur.

– Le feu… la ferme… où suis-je ?

– La ferme a brûlé, Antoine, dit le médecin d’un ton qui frôlait la méditation, mais il faut modérer à présent la gravité des choses. Vous auriez pu, ta mère et toi, brûler vifs. Ce ne sont que des dégâts matériels. Il est normal que ton cerveau s’embrouille pour l’instant. Dans quelques temps, tu verras, tu iras mieux.

– Merci docteur ! Rosalie appréciait le soutien que lui apportait ce dernier. Vous avez été héroïque.

– Oh, c’est un bien grand mot Rosalie !

Louis rougissait. Il appréciait de plus en plus la présence de ces deux êtres malmenés par la vie.

– Grrr…

– Qu’y a-t-il Médor ?

Le docteur alla ouvrir la porte. Les villageois étaient venus demander des nouvelles des deux rescapés et apporter des provisions.

– Nous avons une bonne nouvelle : l’incendiaire a été attrapé. Il s’agit de Maurice Vialat. Après son évasion, il a mis le feu à plusieurs fermes pour se venger. Il est sous les verrous et sous bonne surveillance. Il n’est pas prêt de sortir cette fois !

Rosalie était sortie sur le pas de la porte et avait tout entendu. Louis la prit dans ses bras.

– C’est une excellente nouvelle. On va pouvoir tourner la page de ce désastre.

Rosalie se blottit dans ses bras. La chaleur du médecin lui procurait une sensation de bien-être. Elle était prête à se reconstruire à ses côtés.

Les Plumes chez Émilie : Flamme

Voici la liste des mots à insérer : Bois, incendier, éteindre, vive, danse, déclarer, passion, lance, lampe, long, poudre, pyromane, protéger. Voici mon texte :

L’incendie

– Docteur, venez-vite ! Docteur !!!

Louis Paillon se réveilla en sursaut et alluma sa lampe. Quelqu’un criait sous sa fenêtre. Mais quelle heure était-il donc ? « Voilà, voilà, j’arrive ! » grommela t-il en enfilant son pantalon. Les cheveux en bataille, les yeux bouffis de sommeil, il ouvrit sa porte qui émit un grincement significatif de ces vieilles demeures ayant du vécu.

– Hortense ? Que se passe-t-il ? Quelqu’un est malade chez vous ?

Hortense était la dame qui s’occupait d’entretenir l’intérieur de la maison du médecin. Il savait qu’un de ses enfants était de santé fragile.

– Non, Docteur, c’est pour les Martin, leur ferme brûle !

– Que dîtes-vous ?

Cette fois, Louis était bien réveillé. « Vite, prenons ma voiture » dit-il en attelant le cheval. Vous m’expliquerez sur le chemin.

– Le feu s’est déclaré dans le petit bois, à la lisière de leur ferme. Les voisins sont sur place mais ils n’arrivent pas à l’éteindre. Il leur faudrait une lance à eau. Ils n’ont que des seaux. La paille de la grange d’à-côté a pris comme une traînée de poudre. On imagine que c’est encore l’acte de ce pyromane qui traine dans le coin et qui avait incendié la ferme des Tonnelier et la grange des Brousson. Il parait que certains aiment voir le feu qui danse et crépite, la couleur vive des flammes. C’est une passion qui les pousse à passer à l’acte…

– Et Rosalie et Toinou ?

– Je ne sais pas encore, c’est pour ça que je suis venue vous chercher.

Louis faisait courir son cheval comme jamais. Il espérait que les deux allaient bien. Que ce trajet lui paraissait long d’un coup ! Il sentait l’odeur du brûlé et commençait à percevoir les lueurs de l’embrasement. Il arrêta sa voiture sans même attacher sa bête. Tout était dévasté. Ses yeux cherchèrent au milieu des voisins un visage connu. Soudain, il vit quelqu’un arriver sur lui et s’effondrer dans ses bras.

– Docteur, merci d’être venu. Qu’allons-nous devenir à présent ? Nous n’avons plus rien.

– Rosalie ! Ma pauvre, tout va bien ? Où est Toinou ?

– Là-bas, il est choqué mais il va bien.

Elle essaya d’appeler son fils mais son cri se perdit dans un sanglot. Louis la prit par les épaules et rejoignit Antoine, accroupit dans un coin, la tête entre ses mains.

– Ne restons pas là, ça ne sert à rien. Allons chez moi, il y a largement de la place pour trois.

– Mais que diront les gens ?

– Ce qu’ils veulent… Le rôle d’un médecin n’est-il pas de protéger ?

L’atelier chez Pixelie25

Pixelie25 nous propose un atelier sur les homophones. Le but étant de bricoler un texte avec les mots suivants : Chaud – chaut (du verbe chaloir) – Chow-chow – show – chaux.

La barre est haute !

– Herbert, mais que t’est-il arrivé ?

Rodrigue, le caniche, riait à belles dents. Son copain Herbert, Chow chow de son état, était passé d’un beau beige à un blanc douteux en l’espace d’une matinée.

– Tu te souviens de cette belle femelle Carlin que nous avions rencontrée sur le trottoir face à la boucherie ? Elle s’appelle Calamity. Elle m’a tapé dans l’oeil. Mais lorsque j’ai voulu lui faire un brin de causette, elle m’a vite stoppé dans mon élan. « Inutile de faire votre show, m’a t-elle dit, je ne discute qu’avec des chiens qui me surprennent. Faites quelque chose en ce sens et je reconsidérerai ma décision. Mais attention, si c’est juste pour venir me renifler l’arrière-train, peu me chaut ! »

– Mazette ! Elle était de la Haute, non ? Depuis quand nous, les chiens, parlons-nous ainsi ? Et qu’as-tu fait alors ?

– Je l’ai revue passer la dernière fois. Je me suis dit que j’allais lui faire coucou du toit de la maison en construction, tu sais celle qui n’est pas loin du parc. Ça lui montrerait mes talents d’équilibriste.

– Tout ça pour une femelle ! Et alors ?

– Alors… j’ai perdu pattes et je suis tombé dans un seau d’eau mélangée à de la chaux ! Un maçon avait dû laisser traîner ça là, sur le chantier. Quand mon maître m’a vu dans cet état, il a crié « c’est chaud ! » et m’a aussitôt emmené chez le vétérinaire.

– Quel est son verdict ?

– D’après lui, je vais perdre mes poils. Tu te rends compte, je vais passer d’une allure de nounours à celle d’un lapin pelé. Ça va repousser mais il faudra du temps.

– Tu tiens peut-être ton numéro ! Ça va impressionner Calamity. Tu te rends compte, changer d’apparence aussi vite ? Elle va croire que tu es un magicien.

– Tu crois ? Ah, ça me remonte le moral ! Tu es un vrai copain, toi !

Les Plumes chez Émilie : Surprise

Voici la liste des mots à insérer : Quand, cadeau, baba, chauffage, inattendu, agréable, ébaubi, prix, partie, peur, impavide, incident, ignorer.

La course

– Maman, maman, regarde ce que je te ramène !

Antoine entra en trombe dans la maison, manquant de faire tomber sa mère qui, alertée par ses cris, allait au-devant de lui. Rosalie regarda la magnifique couverture que tenait entre ses mains son fils.

– Mais… Toinou, où as-tu eu ça ?

– À la course maman, j’ai gagné le premier prix.

Rosalie le prit dans ses bras. L’année précédente, son fils s’était blessé et n’avait pas pu concourir. Il en avait été bien malheureux. Elle savait à quel point il aimait lui faire plaisir. Il serait bien allé courir avec son entorse, il ignorait la peur quand il s’agissait de ramener un cadeau à la maison. Mais le médecin avait su le rendre à la raison. L’incident dont Antoine avait été victime aurait pu avoir de graves conséquences.

– Elle te plait, maman ?

– Elle est magnifique ! Cela va être bien agréable cet hiver ! J’en reste ébaubie ! Quel cadeau inattendu ! On dépensera moins de bois de chauffage. Tiens, pour fêter ça, je vais faire un bon gâteau… un baba, je sais que tu aimes ça. Mais tu aurais pu me prévenir quand même, je serais venue te voir et t’encourager. On peut dire que tu sais garder un secret, hein ! Tu es parti comme si de rien n’était, le visage impavide… Tu n’as pas eu mal à ta jambe au moins ?

– Si je te l’avais dit, tu n’aurais pas voulu que je fasse cette course. L’an dernier, j’ai raté le gros jambon qui était mis en jeu. Je voulais absolument te ramener cette couverture. La jambe me tire un peu mais ça va.

Rosalie le serra encore plus fort. Il était le digne fils de son père, toujours à s’inquiéter pour elle. Depuis le décès de Robert, elle se saignait aux quatre veines pour les faire vivre. La partie n’était pas gagnée mais elle réussissait pour le moment à toujours mettre quelque chose sur la table.

– Merci mon Toinou !

– Et si on invitait le docteur ?

– Très bonne idée !