Les Plumes chez Emilie : Jeux

 » Faites vos jeuxrien ne va plus ! » Enfin, ici, c’est surtout nos textes qu’il va falloir faire, en incluant les mots suivants : « Rôle, violon, subtil, jeton, chance, ahuri, dépenser, manigance, gratter, séduction, suspens, soudoyer, mistigri ».

Charles-Thibault Cardinal

La Baronne : Séraphiiiiiiiiiine ? Mais où est-elle donc passée ? Séraphiiiiiiiiiine ?

Séraphine, arrivant en courant, entourée d’une serviette, un bonnet de douche sur la tête : Madame m’a appelée ?

La Baronne, interloquée : Mais Séraphine, que faites-vous accoutrée ainsi ?

Séraphine, l’air ahuri : Madame le voit bien, je sors de la douche ! Je ne suis pas en train de m’entraîner pour le rôle de la Petite sirène !

La Baronne : Excusez-moi, mais sortir de la douche à 15h00 est peu commun, non ? J’avais peu de chances de deviner où vous étiez. Séraphine, je ne retrouve pas la lettre de Cardinal, peut-être sauriez-vous où elle se trouve ?

Séraphine : Je prends ma douche dès que je le peux. Faire le ménage et la cuisine, ici, ce n’est pas une sinécure ! La lettre, vous l’avez mise dans la poche de votre gilet, hier.

La Baronne : Dites-donc, vous ne voulez pas non plus que je vous engage une aide ? Ah, mon gilet, vous avez raison ! Je vais de ce pas la chercher.

Séraphine, tout bas, refaisant la Baronne : Vous ne vouleeeeez pas non pluuuuus que je vous engaaaaage une aide ? Oh, ce qu’elle peut m’énerver !!! Bien, je vais aller m’habiller quand même, cette serviette ne tient pas chaud et commence à me gratter. (Se regardant dans la glace) On ne peut pas dire que comme ça, je sois dans la séduction ! Heureusement que personne ne doit venir !

La Baronne, revenant : Non, mais Séraphine, la chance ne touche que les ingrats ! Figurez-vous que Charles-Thibault, qui n’a jamais rien fait de ses dix doigts si ce n’est dépenser tout l’héritage familial, a gagné une fortune à Las Vegas ! Il m’invite à faire une croisière en souvenir du bon vieux temps.

Séraphine, s’asseyant sur le canapé : Mais qui est ce monsieur ? Quel bon vieux temps ?

La Baronne : Poussez-vous un peu… Ah, mais Séraphine, vous me mouillez tout ! Quelle idée de sortir ainsi de la douche !!!

Séraphine : Mais…

La Baronne : Charles-Thibault était en classe avec moi au collège. Il habitait à deux maisons et même si nous nous sommes un peu perdus de vue par la suite, je savais par ses parents ce qu’il faisait. Il n’a jamais été très doué. Lorsque ses parents sont décédés, il a hérité de la magnifique demeure familiale et a tout dilapidé en créant des entreprises qu’il fermait au fur et à mesure. Quand je pense que là, en trifouillant trois jetons il a gagné une belle somme, ça m’énerve ! Savez-vous, Séraphine, qu’il est même parti au violon ?

Séraphine : Au violon ? Ah ! Oui, pardon, en prison… Ah bon ! Mais il est peu recommandable cet homme !

La Baronne : Oui et il peut toujours attendre que je lui réponde. Il a fait bon nombre de manigances avec ses sociétés, croyant s’enrichir de manière subtile. Il a été jusqu’à vouloir soudoyer un inspecteur des impôts. Ah, Ah ! Mais quelle triple buse ! Un inspecteur des impôts ! L’autre n’a fait ni une ni deux… Tiens, comment s’appelait-il déjà ? Il avait un nom de chat… Mistigri, oui, c’est ça, jean-Paul Mistigri… Il lui a mis en suspens ses sociétés dans un premier temps et lui a envoyé ses collègues pour un contrôle fiscal digne de ce nom !

Séraphine : Il était marié ?

La Baronne : Non, heureusement ! Mais je pense qu’il commence à chercher maintenant, il ne doit pas avoir envie de finir ses jours tout seul. Mais ce sera sans moi… Dites, Séraphine, la flaque par terre, ce ne serait pas en lien avec vous par hasard ?

Séraphine : Oh, je vais finir par attraper mal ! Madame m’excusera, je vais aller mettre une tenue plus décente !

La Baronne, riant : À l’heure qu’il est, mettez-vous en pyjama, vous serez prête pour ce soir !

Séraphine : Pffffff ! Et Madame trouve ça drôle ?

Les Plumes chez Emilie : Latitude

Comme d’habitude, voici la liste des mots à placer dans notre texte : Changement, voyager, étoile, mesurer, équateur, positif, vaste, parallèle, liberté, trésor, cardinal, courrier, conquérir.

Voici mon texte :

La Baronne est bien bonne !

Séraphine : Madame la Baronne ? Puis-je vous demander quelque chose ?

La Baronne, enjouée : Oui Séraphine. Oh, vous savez, le fait de voyager en Australie m’a fait un bien fou ! Je me surprends à rêver d’aller de l’autre côté du globe, de traverser l’équateur, d’aller me mesurer aux parallèles rugissants…

Séraphine, levant les yeux au ciel : Les quarantièmes !

La Baronne : Plait-il ?

Séraphine : On dit les quarantièmes rugissants !

La Baronne : Tiens, vous connaissez ça, vous ? Peu importe, j’ai besoin de changement, d’aller conquérir les étoiles…

Séraphine : Madame la Baronne doit avoir le contre-coup de son voyage. C’est souvent ainsi, on raconte n’importe quoi les jours suivants, la fatigue…

La Baronne : Mais enfin Séraphine, je ne vous permets pas ! J’ai réellement envie d’aller trouver la liberté, la paix intérieure, de découvrir de vastes contrées lointaines…

Séraphine : En parlant de cela, Madame ferait bien d’aller à l’Eglise !

La Baronne, arrêtée dans son élan : Pourquoi donc ?

Séraphine : Vous avez reçu un courrier du Cardinal !

La Baronne, interdite : Du Cardinal ? Et pourquoi m’écrirait-il ?

Séraphine : Je ne sais pas, je n’ouvre pas le courrier de Madame. Tenez, voici la lettre.

La Baronne, hilare : Mais Séraphine, Charles-Thibault Cardinal n’a rien à voir avec l’Eglise ! C’est un vieil ami d’enfance.

Séraphine, piquée au vif : Et comment pouvais-je le savoir ? Madame ne m’en avait jamais parlé !

La Baronne : C’est vrai Séraphine ? Tenez, asseyez-vous, que je vous raconte !

Séraphine : Madame m’excusera mais la cuisine m’attend !

La Baronne, fronçant du nez : La cuisine… aie… et qu’avez-vous prévu pour le déjeuner ?

Séraphine : Colin sur son lit d’haricots verts.

La Baronne : Attention à la cuisson !

Séraphine : Madame me connait !

La Baronne : Justement !

Séraphine, vexée : Vous n’avez pas qu’à vous faire livrer des aliments de si piètre qualité !

La Baronne : Mais ça me coûte une fortune ! Vous plaisantez j’espère ! Allez, déployez-moi des trésors d’imagination pour me réaliser un plat convenable !

Séraphine, partant dans la cuisine en maugréant : Un plat convenable avec un bout de poisson et de la verdure ! Elle en a de bonnes !

La Baronne : Ah, Séraphine, j’oubliais ! Je me suis rendue compte que votre salaire n’était pas suffisamment élevé !

Séraphine, revenant au galop dans le salon, l’oeil pétillant : Ah oui ?

La Baronne : Oui, les domestiques en Australie sont mieux payés que vous. Je vous augmente donc de 20€ par mois !

Séraphine, repartant dans la cuisine et faisant la moue : Madame est bien bonne ! (Tout bas) Eh ben avec ça ! Ouh, les économies que je vais pouvoir faire ! Un petit magot en perspective !

La Baronne : Que dites-vous Séraphine ?

Séraphine : Je disais que je vous remerciais pour cette bonne nouvelle. La journée commence de façon positive ! (Tout bas) Tu vas voir ton repas !

Les Plumes d’Émilie : Ferme

Ferme, je le suis et je ne déroge pas à la règle, je reste con et finée. Ah, ce n’était pas ça que voulait dire Émilie ? Comment ça « la ferme » ? Mais restez polis !

Euh… vous parlez de l’endroit où vivent les canards, les vaches et les biquettes ? Ça me va ! Alors, c’est parti ! Voici les mots à insérer : tracteur, poule, produit, lessiveuse, travailler, ouvrir, paysan, dodu, prunier, terre, poulailler, construire, continuer, courroie.

Vous vous souvenez de Séraphine et de la Baronne ? Elles vous avaient manqué ? Les revoici !

Le retour de la Baronne

Mme la Baronne est de retour après un voyage de quelques mois en Australie…

La Baronne : Ah, ma bonne Séraphine, comme je suis contente de vous voir !

Séraphine : Je n’aurais jamais cru devoir dire ça un jour mais moi aussi Madame, moi aussi !

La Baronne : Vos bonnes réparties m’ont manqué !

Séraphine : Vous m’en voyez flattée ! Dois-je monter ce monticule de valises dans vos appartements ?

La Baronne : Laissez, Séraphine, laissez ! Je demanderai à Gontran de les monter. Allez nous ouvrir une bonne bouteille et venez que je vous raconte. Je sens une odeur de…

Séraphine : …de gâteau… je l’ai préparé pour votre retour.

La Baronne : Ne serait-il pas trop resté dans le four ? Peu importe, Séraphine, merci d’avoir travaillé ainsi, cela me touche.

Séraphine : (Tout bas) Ma parole, le soleil australien lui a tourneboulé la tête ! Voilà qu’elle me remercie de travailler pour elle maintenant ! Dans deux minutes, je lui demande une augmentation ! (Plus fort) Tenez, voici une part de gâteau !

La Baronne : Oh, c’est un gâteau au chocolat, Séraphine ? Mon préféré…

Séraphine : Non, c’est un gâteau tout simple, au yaourt.

La Baronne : Ah ! J’ai cru… C’est-à-dire que la couleur… ce n’est pas grave Séraphine, la cuisine n’a jamais été votre fort ! Cela me permettra de ne pas devenir dodue. J’ai suffisamment mangé pendant ce séjour ! Allez, installez-vous que je vous raconte !

Séraphine : Bien Madame. Mais il faudra que je vous demande une petite chose après…

La Baronne : Oui, Séraphine, plus tard. Alors, comme vous le savez, j’étais logée chez mon amie Hortense de Lafleur. Elle a, là-bas, une petite maison ravissante : cinq à six chambres tout au plus et deux domestiques. Elle m’a fait visiter tout le pays. Et savez-vous ce qui m’a marquée le plus ?

Séraphine, se resservant une coupe de champagne : …

La Baronne : Il y a là-bas bon nombre de petites exploitations où les gens élèvent des animaux, des poules assez souvent…

Séraphine : Des fermes ?

La Baronne : et qui vivent du produit de leur terre…

Séraphine : Oui, des paysans, donc !

La Baronne : Ils ont des machines sur roues assez bizarres et vont sur la route avec

Séraphine : Des tracteurs ! (Tout bas) Elle découvre la vie !

La Baronne : Les femmes lavent le linge au lavoir. Vous vous rendez compte Séraphine, elles n’ont même pas de lessiveuse… C’était tellement pittoresque ! Séraphine, vous dormez ?

Séraphine : Mmmmm…. non… je fermais juste les yeux, me remémorant mon enfance à la campagne, lisant à l’ombre d’un prunier pendant que ma grand-mère allait traire les vaches. Elle passait ensuite par le poulailler et me faisait, le soir, une bonne omelette aux oignons. Oh, ce poulailler ! Je m’en souviens encore ! Elle avait tanné mon grand-père pour en avoir un mais il n’avait pas grand chose sous la main pour le construire. Il avait mis quatre bouts de grillage, la porte était une jante de tracteur qui tenait par une courroie. J’avais toujours peur que tout nous tombe dessus ! Mais pardon, continuez, Madame la Baronne…

La Baronne : Oh, on verra ça demain. Mais dites-moi, Séraphine, vous ne deviez pas me demander quelque chose ? Séraphine ?

Séraphine : Zzzzzzzzzzzz

Les Plumes d’Emilie : délice

Vous l’avez compris, le thème cette fois était DÉLICE.

Les mots imposés : Pâtisserie, amour, sucre, orgue, sel, fraise, sortilège, caprice, trio, famille, cookie, douceur, écoeurant.

Voici mon texte : 

Fraise

Petite Fraise était tombée en amour, comme on dit au Québec, pour un cookie au chocolat, voisin de rayon dans la pâtisserie. Il lui faisait de l’oeil avec ses belles pépites et Fraise se voyait déjà, dans sa belle robe de chantilly, célébrer son mariage à l’église, au son de l’orgue retentissant. Un collier de sucre autour du cou, elle paraderait et serait la reine d’un jour. Cookie lui mettrait une bague de douceur au calice et ils auraient plein de petits gâteaux. Voilà qui mettrait un peu de sel dans sa vie !

Redescends un peu sur terre Fraise ! lui a dit sa famille. Qu’est-ce que c’est que ce caprice ? Ne t’aurait-on pas jeté un sortilège ? Tu n’épouseras pas ce biscuit écoeurant ! Que diraient les fruits ? Tu épouseras un fraisier comme toutes les filles de la famille ! Inutile de discuter ! Nous n’allons pas nous mettre les pépins au sirop pour une gariguette écervelée !

Ainsi s’acheva le rêve éphémère de Fraise. Cookie partit dans la journée. Pfff, quel infidèle celui-là ! Il préféra s’acoquiner à une cookette au praliné et lui faire un rejeton ressemblant à un sablé breton. Fraise espéra qu’ils se fassent croquer par un trio de gamins affamés. Mais peu de temps après, elle s’amouracha de Monsieur Coulis, qui, en mariage, la demanda. Petite Fraise devint grande et vécut heureuse dans son saladier avec les siens.

Les Plumes d'Emilie : tous aux abris !

Vous l’avez compris, le thème cette fois était ABRI.

Les mots imposés : Sécurité, jardin, créativité, nichoir, cocooner, Kot (facultatif car belge), protéger, courir, claquemurer, cabane, pensée, bras, bon.

Voici mon texte : (j’ai laissé Kot de côté)

La cabane


Lorsqu’il était petit, Tom s’enfermait des heures dans sa cabane. Elle était bien rudimentaire, faite avec quatre planches, par son père, dans l’unique arbre du jardin. Mais avec un peu de créativité, de la peinture et de l’imagination, Tom s’en était fait un endroit génial. C’était un abri qui le protégeait, dans lequel il pouvait passer des heures, laissant courir ses pensées. Il s’y allongeait, un bon livre à la main et un bras derrière la tête, et c’était parti pour quelques heures où son esprit vagabondait. Un jour il était Tom Sawyer, l’autre Peter Pan, tout dépendait du roman. Même si la cabane était de petite dimension, il n’avait pas l’impression d’être claquemuré. C’était au contraire un espace doudou, son espace.

L’enfance marque souvent. Tom a grandi et a construit lui aussi des cabanes à ses enfants. Mais surtout, il est devenu constructeur… constructeur de nichoirs à oiseaux. Ainsi, il a la satisfaction de cocooner ces petits êtres fragiles, de leur être utile en leur offrant un toit et des graines. Il n’y a pas de raison pour qu’ils n’aient pas eux aussi leur cabane.