Les Plumes chez Émilie : Canicule

Voici la liste des mots à insérer : Glacier, nu, enflammer, radotage, lapin, chaleur, rhume, moite, mauvais, masse.

L’incendie

La ville brûlait depuis six jours maintenant. Le brasier géant le fascinait. Les poutres en bois craquaient comme des brindilles et se réduisaient en cendres très vite, non sans avoir enflammé au passage les maisons proches. Il regardait le spectacle, nu à sa fenêtre (il ne risquait pas d’attraper un rhume avec cette chaleur), hypnotisé par cette gigantesque langue de feu qui consumait toutes les masses, boisées ou humaines.. Voir un glacier qui se serait détaché n’aurait pas eu le même effet sur lui. Il aurait juste eu les mains moites mais aucune comparaison avec ce spectacle. Le feu purifiait. Tant pis pour les êtres vivants qui rôtissaient comme des lapins. On le dirait mauvais, cruel… peu importe. Il avait l’habitude des radotages.

L’Histoire ne retiendra que ça, se dit Néron…

Les Plumes chez Emilie : Vitesse

Voici la liste des mots à insérer : Précipitation, pied, éclair, boîte, courir, vélo, temps, diligence, minute, pédales, risquer, ralentir, remède.

L’accident

Le docteur arrêta sa diligence devant la ferme des Martin et entra sans perdre une minute dans la vieille maison familiale. Personne. La cuisine embaumait, un repas était en train de mijoter sur le vieux poêle. Il regarda sa montre à gousset : 11h30. Il n’avait pas chômé encore ce matin ! Une dizaine de patients à visiter, il n’avait pas vu passer le temps.

– Madame Martin ?

Rosalie Martin passa la tête dans l’escalier, tel un diable sorti de sa boîte.

– Montez docteur, c’est pour Antoine, il est dans sa chambre.

Le docteur monta les marches un peu abruptes, se demandant comment il n’y avait pas plus d’accidents dans ces vieilles chaumières où les escaliers étaient irréguliers, les planchers brinquebalants. Le petit patient était là, les paupières gonflées par les larmes. Il remarqua son pied, enflé et bleui.

– Alors Antoine, que t’arrive-t-il ?

Le temps que le petit lui réponde, il manipulait doucement le pied, palpant la région plantaire avec attention.

– Je suis tombé de vélo… répondit le petit en grimaçant de douleur.

– C’est arrivé hier Docteur, pendant l’orage. Toinou était allé aider son oncle à rentrer ses vaches. Il y a eu un éclair, il a eu peur et a perdu le contrôle de son vélo. Un mauvais coup de pédale et il s’est retrouvé à terre. Il boitait, on a cru que c’était le coup mais ce matin ça avait enflé.

Le médecin farfouilla dans sa trousse, en sortit un tube de pommade.

– Avez-vous un linge propre que l’on pourrait tailler en bandes ?

– Oui, bien sûr Docteur. Alors, qu’est-ce qu’il a mon Toinou ? Ce n’est pas grave au moins ?

– Non, rassurez-vous, c’est une belle entorse. Il regarda le petit, soulagé par le ton rassurant du praticien. Je vais te donner des remèdes contre la douleur, à ne prendre que si tu ne la supportes plus. Mais il va falloir être patient Antoine. Tu vas guérir à condition de ne pas poser le pied par terre avant un mois.

Des larmes roulèrent sur les joues du jeune blessé. Il ne pourrait pas participer à la course de la kermesse et gagner le beau lot du vainqueur : un énorme jambon qu’il aurait voulu offrir à sa mère qui se saignait aux quatre veines pour les faire vivre depuis que son père était parti rejoindre ses ancêtres. Le docteur comprit de suite la tristesse d’Antoine.

– Allez, petit, ce sont des choses qui arrivent. Tu es jeune et ça va bien se remettre. Mais il ne faut pas ralentir la guérison en faisant des efforts. La kermesse est dans une semaine. Si tu te mets à courir, tu risques de te blesser davantage. Tu ne voudrais quand même pas qu’on t’appelle le boiteux toute ta vie? Alors pas de précipitation jeune homme, dit-il en massant la cheville et en lui faisant un bandage.

– Mais oui Toinou, le docteur a raison, tu vas rester tranquille. Tu concourras l’an prochain, rien ne presse ! Combien je vous dois Docteur ?

Il connaissait la famille Martin depuis longtemps, s’était rendu au chevet de Robert lorsqu’il avait fait sa crise cardiaque. Il savait bien que Rosalie ne pouvait pas le payer.

– Il est presque midi et l’odeur de ce plat qui mijote a aiguisé mon appétit. Si vous acceptez que je reste manger avec vous, nous serons quittes. Je sais que vous êtes une excellente cuisinière.

– Oh, mais bien sûr, dit Rosalie en rosissant. Tenez, descendons, vous pourrez vous installer. Toinou, je vais te monter ta part, il faut que tu manges.

Antoine se redressa dans son lit. Les paroles sensées du médecin l’avaient réconforté.

– Docteur ?

– Oui, Antoine ?

– Merci pour tout !

Le praticien lui fit un clin d’oeil. Ce gosse de dix ans était déjà mature à son âge. Il savait qu’il écouterait ses conseils.

Les Plumes chez Emilie : Boîte

Voici la liste des mots à insérer : Pandore, béquille, nuit, cadeau, secret, sucre, carton, ouvrir, oppresser, outil.

L’anniversaire

S’il y a bien un moment qui est synonyme de joie pour les enfants, c’est la journée d’anniversaire. Pendant un an, ils réfléchissent au cadeau qu’ils vont avoir, observent tous les colis qui arrivent chez eux, les cartons qui sont dans la poubelle et qui pourraient délivrer quelques indices. Le petit bricoleur rêve en secret d’avoir un établi comme papa, avec tous les outils, la petite infirmière désire une poupée qui se ferait bobo, à qui elle pourrait administrer des médicaments, faire des piqures ou délivrer des béquilles. Les petits chimistes aimeraient avoir la grande boîte dans laquelle se trouvent des fioles et des produits à mélanger selon un mode d’emploi bien précis. Les petits cuisiniers se voient déjà en train de faire des gâteaux en pâte à sucre. Les petits musiciens s’imaginent jouer du violon, de la pandore ou de la guitare… La nuit qui précède est souvent courte. Ils se lèvent dès potron-minet et oppressent leurs parents de questions, à la recherche de précieux renseignements. Enfin vient l’heure de la délivrance ! En famille ou entre amis, ils défont avec rapidité les liens qui retiennent le papier cadeau et ouvrent fébrilement la boîte tant attendue. Tout le monde retient sa respiration. Et si ce n’était pas le bon choix ? Le sourire rieur qui se dessine soudain sur leurs visages est la récompense pour tous. Il n’y a plus qu’à attendre l’année suivante !

Les Plumes chez Émilie : Voile

Voici la liste des mots à insérer : anniversaire, mer, secret, marine, pudeur, cacher, bosco, perroquet, mystère, vapeur, marié(e), brouillard, bleu, bâcher.

Voici mon texte : Le petit Mousse

Tim rêvait d’embarquer sur un navire depuis qu’il avait lu les romans de Jules Verne. Il avait suffit du premier, offert par sa marraine le jour de son anniversaire, pour que cette passion le prenne. Il se voyait déjà sur le pont, humant l’air et contemplant le bleu envoûtant de la mer. En secret, le soir dans sa chambre, il faisait une voile avec son drap. Le lit devenait un bateau subissant les vagues et les tempêtes. Il était le maître, le bosco, un perroquet sur l’épaule, un cache-oeil sur le visage. Il abordait d’autres embarcations par surprise, avec l’aide du brouillard, devenait un pirate. Le lendemain, il était un riche propriétaire. Jeune marié, il se baladait en yacht dans les plus beaux endroits du monde. Tim refaisait ainsi le monde, son monde. Il aurait voulu être Tom Sawyer, grimper dans un bateau à roue à aubes, à vapeur, aller voir le Mississippi. Dès qu’il entendait un bruit, il bâchait le bateau-lit, autrement dit, il le recouvrait très vite de son drap. C’était son secret, il le cacherait jusqu’à temps qu’il puisse intégrer l’école de la Marine. La pudeur lui interdisait d’en parler pour l’instant. Ses parents ne le comprendraient pas et se moqueraient de lui. Plus tard, adulte, il découvrirait son mystère et tout le monde en rirait. Enfin, il l’espérait !

Les plumes chez Emilie : Force

La liste des mots à insérer dans le texte est la suivante : Effort, rentrée, patience, courage, faiblesse, caractère, poil, vecteur, rien, étreindre, exceller, énerver.

La leçon de conduite

Gontran : Fine, fiiiiiiine !

Séraphine : Gontran, je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ça ! On n’a pas élevé les baronnes ensemble ! Tu sais très bien que ça m’énerve, ça me hérisse le poil ! Est-ce que je t’appelle Gon, moi ? (un large sourire apparait sur son visage) Gon, Gongon, (tout bas) Concon, c’est une idée !

Gontran : Pouah, quel caractère ! Un rien te fait perdre patience !

Séraphine : Et tu excelles en ce domaine ! Tu es un bon vecteur pour mettre mes nerfs en pelote !

Gontran : Un quoi ?

Séraphine : Non, rien, laisse tomber ! Bon, que voulais-tu ?

Gontran : Séraphine, depuis que la baronne est rentrée de son voyage, ce n’est plus la même. Je crois qu’elle devient…

Séraphine : … folle ?

Gontran : Oui, c’est ça… Elle fait n’importe quoi. Elle a voulu prendre la voiture ce matin.

Séraphine, s’esclaffant : Mais elle n’a pas le permis !

Gontran : Je le sais bien puisque je lui sers de chauffeur depuis des années ! Elle est entrée dans la voiture en me demandant de lui apprendre à conduire. Mais lorsque je l’ai vue…

Séraphine, riant : … quoi ?

Gontran : … étreindre le volant, caresser le tableau de bord…

Séraphine (mouvement de la main) : De plus en plus cinglée la baronne ! Il en faut du courage pour la servir !

Gontran : … lui parler, l’appeler sa petite Rose…

Séraphine, de plus en plus hilare : Quoi ? Rose ? V’la autre chose ! Et après ?

Gontran : J’ai eu la faiblesse d’accepter…

Séraphine : Le grand fou !

Gontran : J’ai dû prendre sur moi, je ne suis pas moniteur d’auto-école. Il m’en a fallu de la patience ! J’ai eu très peur quand elle a démarré, passé la vitesse et qu’elle a appuyé tout de go sur l’accélérateur ! J’étais tout blanc !

Séraphine, pleurant de rire : Et qu’as-tu fait ? Tu l’as arrêtée au frein à main ?

Gontran : Je n’ai pas eu besoin…

Séraphine : Pourquoi, elle est redevenue raisonnable ? Elle a fait un effort et t’a rendu le volant ?

Gontran : Non, le mur du voisin s’en est chargé !