Séraphine – Martin Provost

Je ne connaissais pas l’existence de cette artiste et c’est grâce à ce film, passé hier soir à la télé, que je l’ai découverte. Séraphine Louis, dite Séraphine de Senlis, était une artiste pas comme les autres. En effet, ayant perdu ses parents très tôt, elle fut placée comme domestique. La pauvrette n’avait pas, visiblement, toute sa tête. Le soir, en rentrant dans sa modeste chambre, elle peignait. Elle fabriquait elle-même ses peintures en allant chercher dans la nature les pigments qu’il lui fallait. C’était par ailleurs le thème végétal qui l’inspirait. C’est le collectionneur Wilhelm Uhde qui la découvre alors qu’elle vient faire le ménage chez lui.

J’ai adoré ce film ! Yolande Moreau joue à la perfection son personnage. Elle nous émeut, nous fait vibrer. Elle met parfaitement en scène ce coeur simple qu’est Séraphine. La photographie est sublime également. Nous sommes transportés dans autre époque, dans une autre atmosphère…

Bref, vous l’aurez compris, c’est un véritable coup de coeur !

The Blues Brothers – Dan Aykroyd & John Landis

J’ai regardé dernièrement ce film des années 80 lors de sa rediffusion à la télé. Je connaissais la musique des Blues Brothers mais pas leur talent d’acteurs. Pourtant, en furetant sur le net, je me rends compte que c’était avant tout des comédiens. Comme quoi, à l’époque, j’étais passée complètement à côté !

J’ai adoré ce film qui associe humour, action et musique. Et l’on est gâté de ce côté là car les plus grands sont réunis : Aretha Franklin, Ray Charles, Cab Calloway, James Brown et j’en passe… On ressort de là en chantonnant et en se tortillant du popotin ! Si l’histoire est simple (Jake Blues sort de prison. Son frère, Elwood, vient le chercher et l’emmène voir Soeur Mary Stigmata qui les a élevés. Mais l’orphelinat cumule les dettes. Les deux frères doivent réunir par tous les moyens 5000 dollars s’ils ne veulent pas voir leur protectrice expulsée), il n’en reste pas moins qu’elle est crédible, rythmée.

Si vous ne l’avez pas déjà vu, je vous le recommande ! Bonne humeur garantie !

Soeur Sourire – Stijn Coninx

On ne va pas se le cacher, lorsque ce film est passé dernièrement à la télé, ce n’était pas un vrai choix de le regarder. Mais en ce moment, les programmes sont plutôt pauvres, été oblige… Et je me suis dit qu’après tout, cela pourrait m’apprendre quelque chose sur cette soeur dont je ne connaissais que la fameuse chanson ♫♫ « Dominique, nique, nique… »♫♫

Finalement, j’ai été happée par cette histoire, émue, en colère, bouleversée. Bref, je suis passée par tous les ressentis face à la vie de Jeanne Deckers. Peu aimée par sa mère, un père trop laxiste disant, sans mauvais jeu de mots, amen à tout ce que peut dire ou faire son épouse, Jeanne va trouver refuge dans un couvent. Là, elle pourra fuir le regard des hommes et se rendre utile en oeuvrant pour les enfants d’Afrique. Mais c’était sans compter sur la rudesse de certaines soeurs. Elle tente de se rebeller et ses mots touchent parfois leur cible. On l’autorise à faire de la musique, elle dirige la chorale et voilà comment naîtra la célèbre chanson que je ne cite pas nouveau puisque je suis sûre que vous l’avez déjà en tête. De rien, c’est cadeau ! Bien, reprenons… Donc, cette chanson devient un tube international mais celle qui deviendra Soeur Sourire a le malheur, lors d’un concert, de chanter une ode à la pilule. Et là, tout va s’écrouler…

Je n’en raconte pas plus au cas où vous voudriez voir le film. Mais sachez que derrière cette chanson légère, guillerette, à double sens (l’a-t-elle voulu ?), se cache un être tourmenté, se cherchant, se rebellant, au caractère fort mais au coeur tendre.

La dernière tranchée – Johan Earl et Adrian Powers

En 1916, après une attaque sur les lignes allemandes, un bataillon allié est décimé. Seuls trois soldats survivent, le sergent-major Wilkins, le caporal Jennings et le soldat O’Leary. Ils sont perdus dans le No Man’s Land. L’un d’entre eux, Jennings, est grièvement blessé. Ils doivent tout faire pour rejoindre leur tranchée et donc avancer sous le feu de l’ennemi. 

Je suis assez mitigée concernant ce film. Commençons par le négatif et l’histoire tout d’abord. Une première chose : dans ce film, la tranchée allemande se déchaîne pour avoir la peau des trois soldats. En réalité, je ne suis pas certaine que la tranchée adverse aurait déployé autant d’énergie, de balles, de tirs de mitrailleuse, de fusées éclairantes, de gaz pour trois pauvres ères enlisés dans la boue (chapeau bas quand même à O’Leary qui court vers la tranchée, sous le feu ennemi et qui, tel Terminator, arrive à échapper au tir groupé). Une deuxième chose : Le commandant français, très imbu de lui-même, limite méprisant, préfère sacrifier les soldats qui au final, ne sont pas les siens. Cliché du supérieur planqué donnant des ordres en dépit du bon sens ? Mouais… un film de 2013 pourrait / devrait s’abstenir de poncifs. Il y a suffisamment de choses à traiter sur cette Première Guerre Mondiale pour ne pas tomber dans la facilité. Enfin, la dernière chose qui m’a gênée, c’est l’imbrication dans le scénario, en parallèle, de l’histoire de l’épouse de Wilkins. Celle-ci « a fauté » (volontairement) et veut se faire avorter (illégalement bien sûr). Le problème est que cela n’apporte absolument rien à l’histoire car l’épisode est traité, si j’ose dire, par-dessus la jambe. J’ai presque l’impression que c’est un peu la caution pour trouver la fin du film. 

Passons maintenant aux choses positives. Tourné avec peu de moyens, ce film essaie de retranscrire au mieux l’enfer des combats. Les scènes sont principalement nocturnes, ce qui reflète l’atmosphère angoissante et ce que pouvaient ressentir les soldats. Le blessé, dont la moitié de la jambe a été arrachée, est plus vrai que nature. Les décors également. 

Au final, je me rends compte que je reproche à ce film la même chose que ce que je n’aime pas dans Il faut sauver le soldat Ryan : Un scénario léger, peu crédible qui ne met pas en valeur le réalisme des images.

Le feu follet – Louis Malle

Le Feu Follet - Louis Malle Image

Alain Leroy est en cure de désintoxication dans une clinique privée. Il est, selon le médecin, complètement guéri. Il revoit une de ses amies, Lydia, et passe la nuit avec. Mais lorsqu’elle lui propose de changer de vie, de partir avec elle à New-York, il refuse. Il a déjà fait souffrir une première femme, Dorothée ; il ne veut pas que cela recommence. Il revient, désabusé, à la clinique. Le docteur lui signifie qu’il ne peut pas le garder ainsi indéfiniment, ce ne serait pas honnête de sa part. On sent alors dans cet homme (Leroy) une tristesse infinie, un dégoût ultime de la vie. Il prépare dès lors son suicide…

Ce film est tiré d’un roman de Pierre Drieu La Rochelle, lui-même inspiré par la vie de Jacques Rigaut, écrivain ayant mis fin à sa vie à l’âge de 31 ans. L’acteur principal, Maurice Ronet, incarne à la perfection cet être torturé. On ne sait pas vraiment ce qui le met dans cet état même si on peut s’imaginer qu’il a sombré dans l’alcool à la suite de son échec avec Dorothée. Ceci dit, le spectateur peut laisser libre cours à son imagination, il y a suffisamment d’éléments noirs pour cela. L’atmosphère est mimétique du tourment du personnage. On ressort de là avec un sentiment de malaise. Du grand art !