Mammuth – Benoît Delépine/Gustave Kervern

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Le titre de ce film n’est pas en rapport avec le poids de l’acteur principal – je serais bien mal venue pour en parler – mais avec la moto que vous voyez sur l’affiche. Ceci dit, on pourrait aussi faire allusion aux manières du personnage, Serge Pilardosse. Car rien n’est fin dans ce film mais c’est justement ce qui fait rire.

Serge vient d’avoir l’âge de la retraite. Il pensait se la couler douce mais c’était sans compter sur les employeurs qui ne l’avaient pas déclaré. Le voici donc lancé, poussé par sa femme Catherine (Yolande Moreau), à la recherche de ses anciens patrons. Mais c’est surtout à son passé que Serge va se retrouver confronté.

Je n’avais pas vu ce film à sa sortie, en 2010. J’ai profité d’une diffusion récente à la télé pour le regarder et je n’ai pas été déçue. En même temps, quand on voit l’équipe, on sait à quoi s’attendre ! J’ai vraiment passé un bon moment. J’ai cru me retrouver face à un épisode de l’émission Strip-Tease qui passait en France dans les années 90. Mammuth est réalisé dans le même esprit : brut de décoffrage !

Un poisson nommé Wanda (1988) – Charles Crichton

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Vous voulez un film amoral mais drôle ? Alors n’hésitez pas, c’est celui-ci qu’il vous faut. Il faut une époque où il passait sans cesse à la télé. Et comme à chaque fois que l’on me rebat les oreilles avec quelque chose, je m’en désintéresse totalement. Mais plus de trente ans plus tard, on redécouvre les choses… Et comme il est passé à la télé récemment, je l’ai regardé. Et j’ai ri ! Jamie Lee Curtis est terrible dans ce rôle de maîtresse vénale ! Avec Otto, Ken et George, elle dévalise une bijouterie et dérobe deux gros diamants. De quoi se faire une petite fortune permettant de bien vivre jusqu’à la fin de ses jours. Bien entendu, chacun va essayer de tirer la couverture à soi et de récupérer seul les diamants. A commencer par Wanda qui fait accuser directement George afin d’en être débarrassée… Car George est passé en premier dans la planque et s’est approprié les bijoux.

Ce personnage de Wanda est vraiment sur tous les fronts ! Elle fait croire à George qu’elle est sa fiancée et qu’Otto est son frère (une espèce d’illuminé d’ailleurs mais d’une drôlerie à toute épreuve !). En réalité, elle couche aussi avec Otto, va aller jusqu’à soudoyer le copain bègue, Ken, pour lui tirer des informations. Sans compter l’avocat de George, Archie, qui va voir sa vie bouleversée par cette soi-disant « étudiante en droit ».

Je regrette presque de ne pas avoir regardé ce film plus tôt. Je dis « presque » car cela m’a permis de le découvrir et d’en avoir la primeur.

Le Père Noël est une ordure – Jean-Marie Poiré

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J’en parlais dernièrement dans mon billet sur La Cité de la peur en parlant des films cultes et… je m’aperçois avec horreur que je n’ai jamais fait la fiche !

franquin-dargaudBen oui, je sais bien Gaston, c’est un scandale !

Ai-je besoin de vous faire un résumé de l’histoire ? Oui ? Bon, mais très rapide, hein ! Disons que les deux bénévoles de l’association SOS Détresse Amitié vont recevoir, le jour de Noël, des visites et appels inattendus.

Le film, sorti en 1982, est une adaptation de la pièce de théâtre (1979). J’avoue préférer le film, même si j’aime la pièce. Il faut dire que le passage où Josiane Balasko, alias Madame Musquin, est coincée dans l’ascenseur, n’apparaît pas dans cette dernière. D’ailleurs, si vous regardez bien, il y a quelques différences entre les deux. En même temps, c’est aussi ce qui fait l’intérêt de les regarder. J’avoue que la patronne BCBG soufflant dans la trompette en plastique qu’elle devait offrir à son neveu pour prévenir que l’ascenseur est bloqué ou utilisant le jouet-tournevis pour essayer de démonter le panneau de commande, me fait toujours rire.

Bon, et puis il y a bien sûr Pierre et son cochon, Thérèse et son pull serpillère, M. Preskovitch et ses doubitchous, Zézette et sa façon bien à elle de parler ou de répondre au téléphone, le travesti appelé Charles Bronson, l’homme au téléphone… et Félix, jouant le rôle d’un père Noël pour arrondir ses fins de mois…

C’est bientôt Noël, non ? Ça ne vous tente pas ?

La Cuisine au beurre – Gilles Grangier

La cuisine au beurre

Lorsque Fernand revient à Martigues, c’est l’effervescence dans la ville ! Imaginez un peu : Fernand avait été inscrit sur le monument aux morts, disparu pendant la guerre. Si les habitants sont heureux de le revoir, ce n’est pas forcément le cas d’André, le restaurateur de La Sole Normande. En effet, celui-ci a épousé Christiane, l’épouse  de Fernand…

J’aime toujours autant ces films, même si je les ai déjà vus plusieurs fois. Je les trouve assez mal considérés d’ailleurs. On se dit souvent qu’avec Fernandel ou Bourvil, ça va être rigolo… ou gentil… ou niais… mais on ne voit que le premier degré. Un peu comme avec les adaptations de Pagnol d’ailleurs. Pourtant, Gilles Grangier reprend ici quelque chose de réel. En effet, après la première ou la seconde guerre mondiale, il y a eu quelques histoires du même type. Bien sûr, pour les besoins du film, Fernandel va carrément s’incruster dans ce qui était son auberge au départ. Le parti-pris est l’humour mais il faut déceler les souffrances vécues à cette époque.

Et comme nous sommes dans une période de pénurie de beurre (ça, j’avoue que je n’arrive pas à comprendre 🙄 mais ce n’est pas le sujet), je trouve que c’est le moment de mettre nos papilles en émoi !

Calvaire – Fabrice Du Welz

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Le titre et l’affiche du film l’indiquent : ce film est glauque ! Et ce n’est pas parce qu’il y a Jackie Berroyer qu’il faut se dire qu’il va y avoir de l’humour. En tous les cas, ce n’est pas Marc Stevens (joué par Laurent Lucas) qui dira le contraire ! Lorsque ce chanteur itinérant se rend dans le sud pour un gala, sa voiture tombe en panne en pleine forêt, le soir, sous une pluie battante (tiens, ça me rappelle le Rocky Horror Picture Show). Il pense être sauvé lorsqu’un jeune homme un peu attardé, Boris (joué par Jean-Luc Couchard) qui passait par là en cherchant sa chienne, l’emmène à l’auberge Bartel, tenue par un vieil ours qui semble avoir bon cœur (Jackie Berroyer). Ce dernier, ancien artiste, est ravi d’avoir une présence. Il lui tracte son véhicule jusqu’à l’auberge, lui propose de s’en occuper, appelle le garagiste… Bref, Marc n’a plus qu’à aller se balader en attendant de pouvoir repartir le lendemain. Mais attention, il ne doit pas descendre jusqu’au village…

Ce film, sorti en 2005, m’a rappelé, je le disais, le Rocky Horror Picture Show (1975) pour la scène de la panne de voiture mais il m’a évoqué également d’autres références, notamment pour le fait que le personnage se retrouve pris au piège. Une histoire similaire m’avait tenue en haleine dans Des nœuds d’acier, le roman de Sandrine Collette (2012). On songe également à Massacre à la tronçonneuse de Toobe Hooper (1974) ou encore à Malevil de Christian de Chalonge (1981).  Il est classé dans les films d’horreur. Je l’aurais plutôt mis dans les films « noirs », si tant est que cette appellation existe pour le cinéma. Les personnages sont complètement déjantés mais le scénario est construit. Nous sommes ici dans les tréfonds de l’âme humaine, dans la folie furieuse, dans… le côté obscur et malsain.

Si vous voulez plonger en enfer, vous savez ce qu’il vous reste à faire !