Lettres cachées de François M. à Anne – Laurent Gerra et Pascal Fioretto

J’ai ri du début à la fin ! Il faut dire que j’aime beaucoup Laurent Gerra et j’imaginais bien ses mimiques en lisant ces fameuses lettres. Bien entendu, tout est parodié et, cerise sur le gâteau, on a même droit à quelques dessins pas piqués des vers. Ce recueil reprend des émissions radiophoniques. Il est très vite lu et si vous avez envie de sourire un peu, n’hésitez pas !

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Challenge Les textes courts. 

Genre : Lettres

Auteur : Laurent Gerra et Pascal Fioretto

Pays : France

Nombre de pages : 96 pages

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Lettres d’Indochine – Lucien de Reinach

Lucien de Reinach [XIXe s / France ; Lettres] Dubuisson

Quatrième de couverture :

Les lettres réunies dans ce recueil ont été adressées par le lieutenant de Reinach à sa famille pendant les six années qu’il a passées en Indochine.
Écrites au jour le jour, sans aucune recherche de style, elles n’étaient pas destinées à être rendues publiques.
On y trouvera, à côté de descriptions simples, mais sincères du pays, les difficultés de la vie coloniale où l’officier et l’administrateur doivent, de leur propre initiative, suppléer à l’insuffisance des moyens dont ils disposent.
On y verra le lieutenant de Reinach faisant, tour à tour, œuvre de militaire, d’explorateur, de juge, d’ingénieur, voire même de vaccinateur.

Mon avis :

Si ces lettres n’ont pas été écrites, à la base, pour être publiées, il n’en reste pas moins que le style de cette simple correspondance force l’admiration. Bien écrites, on sent toute la richesse du XIXe siècle sur le plan rhétorique. Ne connaissant que très peu de choses sur cette péninsule, je me suis littéralement délectée de ces textes. On entre dans l’intimité du personnage, de ce militaire, mais on en oublie assez vite la fonction au profit du dépaysement. On découvre ses difficultés dans ce pays au relief pouvant se montrer ingrat. Alors, certes, au final, on n’apprend pas grand chose sur le plan historique, mais ces lettres piquent justement notre curiosité à aller faire des recherches. Après tout, une correspondance n’est en aucun cas faite pour faire un cours d’histoire ou de géographie. Au lecteur de jouer le jeu.

J’ai passé un moment très agréable à la lecture de ce livre et je le recommande.

Extrait :

Ban-Muong, le 4 mars 1895

J’ai reçu des lettres de France me demandant des notes sur ce que je vois. Quelles notes prendre sur un pays où il n’y a rien ? Pour arriver jusqu’ici, où le paysage n’est pas joli, mais moins laid qu’ailleurs, il faut faire six cents kilomètres en remontant le fleuve depuis son embouchure. Dès qu’on quitte le Mékong, plus de villages ; rien que de la forêt et de la brousse. Cela est si vrai qu’il est très difficile de marcher vers un endroit qu’on s’est désigné d’avance. J’ai été absent six jours ; je n’ai jamais pu voir le point sur lequel je me suis dirigé, et j’ai trouvé quatre villages dont deux n’avaient que quatre maisons, et quelles maisons ?

Voilà le joli pays. A mille lieues de France, on se figure que tout ce qui se trouve à une distance aussi considérable que celle d’où j’écris est beau, splendide et merveilleux à voir. Eh bien ! En dehors de Ban-Muong même, avec son fleuve et ses montagnes bleues, rien de ce que j’ai aperçu jusqu’à présent ne mérite seulement qu’on lève la tête pour le regarder. Espérons que cela va changer et qu’en allant plus haut dans ce pays, je trouverai peut-être des choses intéressantes.

Lettres à Elise – Jean-Louis Spieser et Thierry Fuchslock

Quatrième de couverture :

Grâce à près de 250 lettres inédites, découvrez pour la première fois la guerre de 1870 à travers le regard de soldats prussiens : de l’entrée en guerre au rapatriement des troupes en Allemagne, en passant par les premières batailles en Alsace et Lorraine, les combats contre l’année de la Loire, le siège de Paris, ou encore la Commune, plongez dans le quotidien de ces hommes. Dans ces lettres, tantôt émouvantes ou drôles, tantôt sinistres ou mélancoliques, les soldats se livrent avec sincérité et racontent leur guerre. Découvrez ainsi les péripéties de Peter Grebel, l’amoureux d’Elise ; d’Anton Kirchhofer, le contemplateur ; d’Otto Drecker, le narrateur aux récits sanglants ; de Wilhelm Overath, le compatissant ; d’Albert Beucker, le revanchard ; de Wilhelm Ervens, celui dont la maîtresse de maison française pleure le départ, et bien d’autres encore !

Mon avis :

Cette guerre reste trop méconnue à mon goût et les livres sur le sujet ne sont pas légion. Aussi, lorsque j’ai vu celui-ci lors de l’opération Masse critique sur Babelio, j’ai sauté sur l’occasion. Que toute l’équipe ainsi que les auteurs et éditeurs en soient remerciés.

J’ai pris un réel plaisir à lire ces lettres. Il est toujours intéressant de savoir ce que pense celui qui est de l’autre côté de la barrière. Nous avons évidemment tous les points de vue : celui qui se bat contre l’ennemi, celui qui se bat parce qu’il ne peut pas faire autrement et celui qui ne comprend pas vraiment cette guerre. Les témoignages de ces soldats permettent de se faire une idée de leur quotidien mais également de la société à cette époque.

Pourquoi ce titre, Lettres à Elise ? Parmi les nombreuses lettres, nous suivons la correspondance de Peter Grebel avec celle qui deviendra sa femme plus tard, Elise. Je vous propose d’ailleurs un petit extrait d’une de ses lettres, celle du 5 novembre 1870, écrite à Saint-Cyr, près de Versailles :

« Ma chère Elise,

(…) Pour nous, ça s’est plutôt bien passé depuis que nous sommes ici, à part les pénuries ou les restrictions qu’il y a eu pratiquement en tout. Mais, ma foi, on finit par s’habituer à tout ! Il y a juste eu une fois où nous avons été mis en alerte et nous avons dû sortir mais nous sommes revenus sur nos pas comme nous étions partis. De toute façon, il n’y a absolument pas de comparaison avec Strasbourg ; il arrive qu’on ait l’impression de vivre en pleine paix et de se trouver dans une ville de garnison en Prusse. On laisse tranquillement les Parisiens avoir faim, sans leur tirer dessus ; il peut arriver qu’ils tentent une sortie, mais alors ils se font taper sur le nez et on les repousse. » (P244)

tous les livres sur Babelio.com

Recueil de Lettres – Hildegarde de Bingen

 

 

Pour découvrir le caractère de la Sainte, qui n’en envoyait pas dire et qui ne se gênait pas pour remettre les pendules à l’heure lorsqu’il le fallait…

Cet ouvrage complète le premier. Malheureusement (pour moi !), il n’est traduit qu’en anglais et en italien, allez savoir pourquoi. J’ai donc fait un effort et lu ce livre en anglais. On y découvre de nouvelles lettres, des chansons également ainsi que des extraits des œuvres d’Hildegarde.

Très important également, chose que l’on ne retrouve pas dans le premier livre de sa correspondance (celui en français), un glossaire des personnalités citées et une petite explication sur leurs rôles est inclus à la fin de l’ouvrage.

 

Extrait :

Songs for Saint Disibod

O mirum admirandum. Antiphon for Saint Disibod

O wondrous marvel,
a hidden form shines forth
and rises up in glorious stature
to where the living height
gives forth mystical truths.
Therefore, O Disibod, you will rise up at the end,
as once you were raised,
by the succouring blossom
of all the branches of the world.

O viriditas digiti dei. Responsory for Saint Disibod

O green vigour of the hand of God,
in which God has planted a vineyard,
it shines in the heights
like a stately column,
You are glorious in your preparation for God.

And O mountain on high
you will never weaken in God’s testing
but you stand far off like an exile.
The armoured man does not have the power
to seize you.
You are glorious in your preparation for God.

Glory be to father and to the Son and to the Holy spirit.
You are glorious in your preparation for God.

Hildegarde de Bingen : Lettres (1146-1179)

 

 

 

Quatrième de couverture :

Ce volume contient une soixantaine de lettres de la volumineuse correspondance de Hildegarde de Bingen qui compte plus de quatre cents courriers.
L’époque est troublée. l’Église est déchirée par les schismes et le pouvoir temporel tente de gouverner l’Église : l’empereur germanique nomme lui-même les papes ; le roi d’Angleterre entre en conflit ouvert avec l’Église, et Rome et ses papes s’insurgent. Partout les hérésies fleurissent dont ces Cathares qui prêchent une foi nouvelle. Les couvents sont bien souvent pris en tenailles entre l’influence des nobles provinciaux et leurs autorités ecclésiales.
Dans son monastère aux environs de Bingen, Hildegarde, porteuse d’une réalité qui la dépasse, refuse jusqu’au bout de se plier aux règles du monde : elle admoneste, s’insurge contre l’injustice et la simonie, dépasse les limites théoriquement permises aux filles d’Ève, résiste envers et contre tout, au mépris parfois des règles ecclésiales et des conventions mondaines.

 

 

Mon avis :

Que peut-il y avoir de mieux, lorsqu’on s’intéresse à un tel personnage, que de trouver ses correspondances ? Véritable mine de renseignements, les lettres d’Hildegarde apprennent énormément au lecteur. Il faut savoir qu’à cette époque, la correspondance n’était jamais privée. Donc, inutile d’en savoir plus sur la vie personnelle d’Hildegarde. En revanche, on comprendra les attentes des religieux de l’époque, leurs rôles et leurs actions.

On sait qu’Hildegarde se faisait passer pour quelqu’un d’inculte pour ne pas froisser ses supérieurs. Pourtant, on se rend vite compte qu’elle connaît parfaitement le latin et la Bible, ainsi que le germanique. Bien plus, sa correspondance montre que beaucoup lui écrivaient pour lui demander des conseils, que ce soit des religieux ou des laïques. Pape, archevêques, Comtes, Rois et Reines, tout le monde faisait appel à elle.

Ceci dit, cette femme, qui avait des visions et qui s’en rendait malade au point de devoir être alitée car elle n’osait en parler, avait elle aussi besoin de  se confier. Lorsqu’elle écrit à Bernard de Clairvaux pour lui demander conseil quant à ses visions, celui-ci reste très évasif dans sa réponse. Et même s’il la défendra lorsqu’elle en aura besoin, on remarque quand même qu’elle n’était pas forcément aidée, ce qui, au final, la rendra d’autant plus forte.

On apprend énormément à la lecture de cette correspondance et mon seul regret est qu’il n’y ait qu’une soixantaine de lettres.

 

 

Extrait :

 

Conrad, Roi des Romains, à Hildegarde (1150-1152)

Conrad III de Hohenstaufen, fils de Frédéric Ier, duc de Souabe et d’Agnès de Germanie, s’attribue indûment le titre de « roi des Romains ». L’archevêque de Trèves l’avait fait élire empereur d’Allemagne à la mort de Lothaire III, mais il ne fut jamais sacré à Rome par le Pape. Se reconnaissant pécheur, il demande conseil à Hildegarde mais surtout si son vœu le plus cher se réalisera : que son fils, alors âgé de quelques années lui succède sur le trône.

Conrad, roi des Romains par la bienveillante Grâce de Dieu, adresse son salut et sa protection à Hildegarde, vierge consacrée de Dieu et supérieure de la communauté de saint Rupert de Bingen.
Les contraintes de notre élévation royale et les tourments que nous infligent différents troubles et querelles nous empêchent de te rendre visite comme nous le voudrions. Toutefois, nous ne manquons pas de le faire par notre lettre. D’après ce que nous avons appris, la reconnaissance de louange suprême surabonde réellement en toi en raison de la sainteté de ton existence innocente et de la magnificence de l’Esprit qui te visite merveilleusement. Aussi, bien que nous vivions dans le siècle, nous nous hâtons vers toi, nous fuyons vers toi et nous recherchons humblement les suffrages de tes prières et de tes exhortations, puisque nous vivons bien autrement que nous le devrions. Sois assurée, toi et tes sœurs, que nous nous hâterons de pourvoir et de veiller à tous vos besoins, en toute circonstance. C’est pourquoi je recommande à tes prières ma personne et surtout celle de ce fils que je voudrais voir me succéder.