La Chatte – Colette

Colette [XIXe-XXe s] Image

Fiche rédigée le 15 mars 2013

Quatrième de couverture :

Lorsque débute leur vie commune, Alain et Camille sont deux amis d’enfance que tout en apparence rapproche. Mais leurs secrètes rêveries les divisent.  » Mon mariage, reconnaît Alain, contente tout le monde et Camille, et il y a des moments où il me contente aussi, mais…  » Ce qu’Alain aime en Camille, c’est une beauté idéalisée, faite d’immobilité et de silence. Aussi est-il déconcerté par son exubérance. Comme l’arrivée d’une saison nouvelle, la découverte de leur intime division le met à la merci d’autres rêves. Et c’est alors que le drame se noue. La chatte Saha sera désormais pour Alain la chimère sublime qui domine sa vie et pour Camille la rivale détestée contre laquelle aucun procédé n’est trop brutal. Avec une maîtrise et une sobriété sans égales, Colette a composé, en suivant les règles de l’art classique, une véritable tragédie d’amour à trois personnages.


Mon avis :

On le sait, Colette était une fervente admiratrice des félins, au point d’écrire en leur compagnie, et, surtout, de les transposer dans ses romans. Ce court texte est d’abord paru, d’avril à juin 1933, sous la forme d’un feuilleton dans le journal Marianne. Le livre sortit en septembre de la même année. Les critiques furent divisées. Il faut dire qu’au premier abord, l’histoire semble un peu ridicule : Camille, jeune épouse est jalouse de Saha, la chatte de son mari Alain, car celui-ci y prête un peu trop d’attention à son goût. Elle en arrive à vouloir la tuer… Alain supportera-t-il cet affront ?

Bien évidemment, il ne faut pas en rester là. Ce texte est bien plus profond que ça. Le mariage de ces deux personnes a été arrangé. Alain n’est pas heureux dans son couple, lui qui se refuse à grandir. Sa jeune épouse lui fait peur. Elle est trop moderne, trop sexy pour quelqu’un de si peu sûr de lui. Son compagnon à quatre pattes représente un monde dans lequel il voudrait se réfugier, celui de son enfance. Et c’est justement ce que ne comprend pas Camille qui traite le félin comme une rivale sans se rendre compte qu’elle ne représente aux yeux de son époux qu’un passé révolu, « une chimère » selon la mère d’Alain.

Ce texte est d’autant plus intense qu’il se déroule pratiquement à huis-clos. Toute l’intensité dramatique est là. Si les personnages sont réduits à l’essentiel, les actions sont rapides : on observe, on agit. Et n’est-ce pas mimétique de l’écriture de Colette ?

La Rapsodie des cloportes – Guy SEMBIC

Quatrième de couverture :

Ils s’éveillent seuls au milieu de la nuit dans de grands lits défaits, un traversin tordu entre leurs jambes repliées… Celui ou celle qui dort auprès d’eux a disparu, les volets battent, la tapisserie cloque telle une peau ébouillantée, la lampe sous le plafond se balance et, du grand lit défait, montent des ondes de suées… Ils s’endorment sur des échelles dont les barreaux n’ont plus aucune consistance, et le plafond au dessus d’eux, goutte comme du chocolat blanc fondu… Ils peignent à l’aube sur des draps tendus entre deux lampadaires, d’étranges visages et de grandes lettres déformées… Mais les couleurs se diluent à la lumière du jour se levant, les étranges visages et les grandes lettres se déforment et se meuvent tout au long des draps tendus qui se déchirent… Ils funambulent sur des cordes usées, à seulement quelques pieds au dessus du marais…

Mon avis :

Si l’on aime les romans un peu atypiques dans lesquels les mots dansent et virevoltent pour donner du sens à l’histoire, dans lesquels on passe de la prose poétique à un vocabulaire moins châtié mais dénonciateur, alors ce roman est parfait. J’ai vraiment apprécié ce livre qui ne ressemble à aucun autre. Guy SEMBIC est dans la même veine que tous ces auteurs de l’OULIPO, qui ont travaillé sur les mots. Je pense à Tardieu, à Queneau… à tous ces auteurs ayant utilisé la littérature pour en moderniser la langue.

L’auteur n’en est pas à son premier livre. Je vous avais déjà présenté son « Grand hôtel du merdier ». Vous pourrez remarquer à quel point les titres sont déjà truculents. Dans ce roman, le terme « rapsodie » est à double sens : « rapsodie » au sens de poème épique, chanté, et donc d’une certaine musicalité et « rapsodie » au sens d’ensemble disparate. J’ai lu que ce terme avait également été donné comme nom à un réacteur nucléaire. Je dois dire que cela pourrait également convenir, dans un sens métaphorique bien entendu… Ce roman est un séisme dans le monde littéraire !

Si vous souhaitez le lire, vous pouvez le faire gratuitement sur le site Edition999. Et si vous souhaitez connaître un peu mieux ce poète au grand coeur, allez visiter son blog et son forum.

Le Chevalier et le diable – Bernard Jouve

Quatrième de couverture :

C’est un parcours initiatique mêlé d’une enquête véritablement policière. Le chevalier de l’Ordre de Malte, Aymar de Mortimer, a découvert un parchemin écrit par un templier quatre siècles auparavant. Ce manuscrit parle d’étapes à franchir, d’énigmes à résoudre pour parvenir à la révélation. Au même moment, le grand maître de l’Ordre lui confie la garde de Djem, frère banni du sultan Bajazet. De l’île de Rhodes à la France, il va accomplir sa mission et, parallèlement, débuter ses recherches qui le mèneront du Midi à Paris puis en Italie. Mais Mortemer est troublé par le manichéisme : doit-il être un homme de Dieu ou un disciple du Diable ? Satan est-il le Dieu de la Terre inspirant tous les crimes, supérieur au Dieu du bien des chrétiens comme l’auraient avoué certains templiers ? Sa quête le fait passer de doutes en certitudes. Elle lui fait rencontrer des personnages célèbres comme les rois de France, Savonarole, Léonard de Vinci, mais surtout le pape Alexandre VI et son fils César Borgia. Sa maîtresse, Lucia, suivante de Lucrèce Borgia, va même l’initier aux pratiques sataniques. Après de nombreuses péripéties machiavéliques, c’est en définitive la découverte de l’énigme qui va apporter la solution à son interrogation métaphysique.

Mon avis :

J’ai découvert ce livre grâce à Babelio et à son opération Masse Critique. Merci à toute l’équipe.

En lisant la quatrième de couverture, je m’étais dit que ce roman allait me plaire, mêlant tout ce que j’aime : une intrigue policière, une période que j’apprécie, des éléments historiques… Malheureusement, cela n’a pas suffit car je n’ai pas du tout accroché à l’histoire. Elle m’a paru pesante, froide. Je n’ai pas pu me raccrocher à un quelconque personnage…

Peut-être est-ce dû au style de l’auteur ? Dès les premières pages, on se retrouve avec des pans d’Histoire qui, à mon goût, venaient ralentir le récit et n’étaient pas fluides. Sans compter la somme des personnages…

Bref, c’est rare mais j’ai abandonné…

Tant pis ! Je passe au suivant !

La nouvelle Arche (T2) – Julie de Lestrange


Synopsis :

Collapsologues : lanceurs d’alerte ayant prédit l’effondrement de notre civilisation. Ils oeuvrent aujourd’hui sous l’égide du Guide.

Mathilde a fui sa Communauté et franchi la frontière au prix du plus insurmontable des sacrifices. Mais ce qui l’attend de l’autre côté dépasse tout ce qu’elle avait pu imaginer.
Noah est le fils du Guide. S’il n’a jamais remis en question la vision de son père, sa rencontre avec Mathilde va bouleverser toutes ses convictions.

Mais comment trouver la force de renverser l’ordre établi ?
Ensemble, ils n’ont plus le choix : ils doivent trouver la vérité.


Mon avis :

Je ne reviens pas sur l’histoire, le synopsis étant suffisamment clair. Nous retrouvons ici Mathilde, blessée, de l’autre côté de son monde, de sa communauté. Nous entrons directement dans le récit, au moment où la jeune fille se réveille. Cela nous permet d’avoir encore plus d’empathie. J’irai même plus loin : le temps de ma lecture, je suis devenue Mathilde. J’ai souffert avec elle.

Le décor n’est plus le même que dans le premier tome. J’ai eu l’impression de me retrouver dans Mad Max (film que j’aime beaucoup par ailleurs), dans une espèce de monde apocalyptique où il faut employer des trésors d’ingéniosité pour sauver sa peau.


J’avais déjà beaucoup apprécié le premier tome, j’ai adoré le second. Et je n’espère qu’une chose : qu’il y en aura un troisième !

Imagine-erre – Françoise Pichaud

Quatrième de couverture :

Une équipe de guetteurs dirigée par Máhtto a pour mission de veiller sur quelques planètes disséminées dans l’Univers. 
Ensemble ils vont contrer une menace venue de la planète Osand, là où Mordolph la Cigaliane et Mollie le Poulpe ravagent la paix et la liberté. 

Petit à petit on découvre le mystère qui enveloppe les personnages de Sophie, Adama, Sebastián et Steven. Chacun d’eux est en poste dans un observatoire-bulle. Quant à Máhtto il réunit sa petite équipe à bord de l’Odyssée et se rend parfois au Bord du ciel dans l’un des Bureaux d’études célestes.
En équilibre entre rêve et réalité, ils fondent l’espoir de dessiner un avenir plus serein sur Terre.

Sous fond de voyage imaginaire, ce roman fantastique aborde les thèmes de l’écologie, de la paix, de la culture et de la musique de l’Univers. 

Mon Avis : 

Le titre parle déjà de lui-même et si vous connaissez un peu le style de Françoise Pichaud, alias Gouelan sur Babelio, si vous traînez un peu sur Short-Éditions, vous savez à quel point elle aime s’amuser avec les mots. J’ai eu le cœur serré en lisant la dédicace au petit Ange et je pense d’ailleurs que grâce à celle-ci, ce récit, qui pourrait s’apparenter, à mon sens, à un conte philosophique tant il fait réfléchir au-delà du côté jeunesse et fantastique, peut se lire à plusieurs degrés.

J’aime la plume de Françoise, son style, concis, vif et cette façon, inimitable de faire passer un message en alliant avec magie les mots. Fable actuelle, fable de demain, elle nous engage à réfléchir sur de vrais sujets. Et si je devais rapprocher ce texte d’un livre connu, je dirais que Le Petit Prince n’a qu’à bien se tenir !