Canto humilde (Humble chant) – Philippe Pratx

Je remercie en premier lieu Philippe Pratx pour la confiance qu’il m’accorde en m’offrant ses oeuvres à leur sortie. Je suis toujours admirative de sa façon d’écrire sur tous les sujets. Aucun livre ne se ressemble. Et que ce soit de la prose ou de la poésie, il a une plume reconnaissable entre toutes.

Passée l’adaptation à l’absence de majuscules et à la mise en page avec des espaces répétitifs, je me suis laissée emporter par la poésie, par la magie des mots. Sous des dehors modernes, les messages restent intemporels : misère, souffrance, répression… ce qu’ont pu vivre les peuples d’Amérique latine, d’une part, mais également toutes les minorités opprimées. Les poèmes sont à lire à plusieurs degrés.

Ce recueil est à lire absolument !

La Nouvelle Arche – Julie De Lestrange

Ce volume, paru dans la collection du Livre de Poche, rassemble les tomes 1 et 2, que j’avais lus, et intègre le dernier volume, la fin (snif) de ce superbe roman dystopique. Pour l’occasion, les deux premiers tomes ont été remaniés et c’est donc avec un plaisir non égalé que je les ai relus.

Mais parlons plutôt de la fin puisque vous pouvez aller voir ce que j’avais écrit sur les histoires précédentes en cliquant sur les numéros. Une fin qui m’a emportée comme un tourbillon… Comme pour les deux premières parties, le rythme est soutenu, l’écriture est fluide, très agréable à lire. Les personnages paraissent si réels que l’on a l’impression de vivre leurs actions. Je devenais Mathilde ou Noah au fur et à mesure de ma lecture. Cette dystopie donne à réfléchir. Je mentionnais, dans mon billet sur le premier tome, Aldous Huxley. J’avais été passionnée par la lecture du Meilleur des mondes et j’ai retrouvé certains messages que voulait faire passer l’auteur dans la Nouvelle Arche. Si Aldous Huxley dénonçait déjà les dérives du pouvoir, de la conception en laboratoire, on voyait son roman, écrit en 1932, comme de la science-fiction. Là, avec La Nouvelle Arche, cela prend une autre dimension… Les nouvelles technologies ont progressé à grands pas depuis les années 30. Qui sait si, un jour, cela ne dérivera pas… des Mathilde verront peut-être le jour… Brrr, tout ceci fait froid dans le dos et l’on va espérer que cela en reste à de l’encre sur du papier.

Ce roman, dans son ensemble, est un véritable coup de coeur pour moi. Et je le dis et le répète, j’apprécie énormément la plume de Julie De Lestrange ! Un grand bravo à elle et surtout un grand merci pour m’avoir offert, avec gentillesse, ses romans.

Que ma joie demeure – Michel Tournier

Ce conte de Michel Tournier est tout simplement magnifique. Il relate l’histoire de Raphaël, jeune prodige du piano qui, pour vivre, accepte un numéro de clown. Il accompagnera, sous le nom de Bidoche, un autre clown, Bodruche. Son numéro est pour le moins surprenant : son piano explose de charcuteries en tous genres. Mais le final est grandiose !

Je trouve dommage que l’on ne retienne de Tournier que Vendredi ou les limbes du Pacifique (Vendredi ou la vie sauvage dans la version jeunesse), variante du Robinson Crusoé de Daniel Defoe. On ne parle que peu de ses autres oeuvres. Pourtant, son écriture est poétique, magistrale.

Lisez ce petit conte de 17 pages, vous en serez, j’en suis certaine, époustouflés.

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Ce conte entre dans le challenge Les textes courts (17 pages)

Puisqu’on a marché sur la lune – Alexa Faucher

Voici un texte ô combien émouvant et traité avec pudeur : l’inceste. Nohé est appelée par sa mère de toute urgence. Cette dernière sait qu’elle va mourir mais elle a caché sa maladie à sa fille. Aussi, lorsque Nohé pense lui rendre simplement visite, elle l’enterre. Passée le chagrin, elle se plonge dans ce que lui a laissé Héloïse. Des carnets dans lesquels elle a inscrit des choses innommables, des faits qu’elle a portés toute seule, protégeant sa fille…

J’ai aimé l’écriture d’Alexa Faucher. Elle est à la fois fluide et incisive et donne envie de tourner les pages, ce que j’ai fait par ailleurs. D’autre part, avec un sujet aussi grave, on se retrouve vite, en tant que lecteur, à une place inconfortable. Je veux dire par là qu’on peut se demander pourquoi on lit de telles choses, si c’est bien notre rôle. Pourtant, on ne peut pas non plus étouffer le sujet… Bref, c’est compliqué ! Mais là, on ne se pose même pas la question. Parce que c’est un roman ? Non, je pense que cela va bien au-delà de ça. Parce que le personnage d’Héloïse, cette mère-courage, ne nous en laisse pas le temps. La fin est d’autant plus puissante qu’elle s’adresse, à la manière d’une Olympe de Gouges des temps modernes, à toutes les femmes qui doivent s’insurger contre les violences faites à leurs corps.

C’est un véritable coup de coeur ! Un grand merci aux Éditions Chèvre-feuille étoilée pour cette belle découverte.

Angélus des ogres – Laurent Pépin

Voici la suite de Monstrueuse Féérie, un bouquin déjanté dans lequel on entrait dans l’univers de l’auteur. Angélus des ogres nous raconte la vision du narrateur qui, de médecin dans un centre d’aliénés, en devient cette fois le patient-salarié. Il tombe amoureux de Lucie, la thanatopractrice, qui a cette faculté à se transformer en sorcière la nuit et plus particulièrement en ogresse…

On ne quitte pas cet univers de dingues ! Mais après tout, comme je le mentionnais déjà pour le premier opus, ne retrouve-t-on pas ces personnages dans les contes ? Je trouve cet univers à la fois intéressant et complexe. En effet, la folie revêtant une multitude de formes, il est difficile d’en comprendre les rouages. C’est aussi pour cela qu’on préfère souvent donner des traitements chimiques plutôt que de soigner le mal à la racine… Mais encore faut-il la trouver cette racine !

Merci à Laurent Pépin pour m’avoir envoyé si gentiment ce deuxième tome de sa trilogie et bravo à lui pour ce texte qui se laisse lire avec plaisir.

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Cet album entre dans le challenge Les textes courts (99 pages)