Âme blanche – Marguerite Van de Wiele

La petite Évangéline débute bien mal dans la vie. Son père est mort, sa mère est devenue folle, certainement en s’en attribuant la responsabilité, et la petite fille a dû aller vivre chez son grand-père qu’elle connaît à peine. Elle a beaucoup de mal à s’habituer à sa nouvelle vie. Mais lorsqu’on est une fille au XIXe siècle, on n’a pas son mot à dire ! Lorsque la voisine, dont la fille est décédée, lui fait mettre les habits de la petite Henriette qui, selon elle, lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, personne ne se demande si, psychologiquement, c’est bien pour Évangéline. Son seul salut viendrait de son ami, Jacques, bien malmené dans la vie lui aussi, qui espère qu’un jour, il réussira et qu’ils se retrouveront dans leur petit logis, loin de toute cette vie…

Je ne connaissais pas du tout cette femme de lettres belge (1857-1941) qui fut journaliste et romancière et qui, surtout, a réussi à vivre de sa plume à une époque où les femmes n’osaient pas écrire sous leur nom. J’ai apprécié son style fluide et ciselé. J’ai aimé l’histoire de cette petite « âme blanche », cette gamine pure, innocente, à qui rien n’est épargné. On apprend beaucoup avec la mise en relief du contexte sociétal de l’époque : la place de l’enfant, de la femme et de son désir d’émancipation, des riches…

Merci à Babelio et à la maison d’édition Névrosée (dont j’ai fait la connaissance en novembre dernier avec l’excellent roman de sa directrice, Sara Dombret) pour m’avoir fait découvrir cette petite pépite.

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La douceur de l’anisette – Rosa Cortés

Hier, je vous ai présenté La petite fille sous le platane. Voici le deuxième volume de cette saga autobiographique. L’adolescente est toujours en Algérie. Les parents avaient fui le franquisme… ils se retrouvent confrontés à la guerre d’Algérie. Mais loin de se morfondre, la famille met en avant des leçons de vie : si on travaille, on y arrive. Et j’ai aimé ces moments de vie quotidienne où l’on a l’impression d’être avec la jeune fille, où l’on suit ses joies et ses peines et où elle ne prend conscience de tout cela qu’en 1962, lorsque ses parents partent de cette Algérie qu’elle a finalement appris à aimer.

Ces deux volumes ont été enrichissants en tous points. J’ai appris bon nombre de choses de façon très plaisante : des éléments socio-historiques, de la géographie… le tout ponctué par des sujets amenant à réfléchir. Je ne regrette vraiment pas cette lecture.

Encore une fois, merci aux Editions du Chèvre-feuille étoilée.

La petite fille sous le platane – Rosa Cortés

Une petite fille passe des jours heureux et insouciants dans sa petite ville natale, Polop, en Espagne. Du moins, c’est le regard enfantin car la réalité est tout autre. Son père, républicain, est prisonnier. À sa libération, il préfère fuir le franquisme et partir en Algérie. Sa femme et ses filles le rejoignent. Mais la petite fille vit plutôt mal ce déracinement…

J’ai aimé le style de Rosa Cortès qui, à travers un roman dans lequel elle puise bon nombre d’éléments vécus, nous fait partager l’histoire de ce village, les us et coutumes… mais également l’Histoire de l’Espagne à travers la guerre. Puis arrive l’Algérie et la difficile intégration dans un pays que l’on ne connaît pas.

J’ai pu retrouver également des passages faisant écho à ma propre enfance. Ainsi, la maison de l’enfant ressemblait à celle de mes arrières-grands-parents : « La maison, comme toutes les maisons du village, portait le nom du lieu où elle se trouvait située, c’est pourquoi elle s’appelait la Placeta. C’était une maison étroite, toute en hauteur, tarabiscotée, à l’angle de deux rues inondées de soleil donnant au sud et à l’est. Comme l’usage l’imposait, la porte en était tout le temps ouverte sauf quand la mère s’absentait » (p73). J’ai également retrouvé des résonances par rapport à mes autres arrières-grands-parents, espagnols, que je n’ai pas connus mais dont j’ai entendu parler, de leur arrivée non pas en Algérie mais en France pour fuir la misère.

Pour tout cela, je n’ai pu qu’apprécier cette lecture !

Je remercie les éditions Chèvre-feuille étoilée pour cette découverte.

Représailles – Florian Églin

Se balader en famille peut parfois être dangereux… et ce ne sont pas Tom et Adèle qui diront le contraire. Alors qu’ils sont sur une route corse, en voiture avec leurs deux petites filles, ils sont suivis par une grosse voiture qui, visiblement, les prend en chasse. Ce ne sont pas des policiers… Mais que veulent ces gens ? La peur les prend et Tom décide de s’arrêter afin de voir ce qu’il en est. Après tout, que veulent-ils ? Erreur Tom ! Tu as mis le doigt dans l’engrenage !

En ouvrant ce livre, je ne pensais pas qu’il serait aussi addictif ! Impossible de le quitter ! Alors oui, c’est sombre, c’est noir, c’est gore… c’est tout ce que l’on veut. Il y a du sexe, du sang et des larmes. On arrive à des extrêmes et j’avoue que certaines scènes auraient pu me couper l’appétit (oui, je mets le conditionnel car il en faut beaucoup pour me l’ôter 😂). Âmes sensibles s’abstenir ! Mais toute cette noirceur n’est pas là pour rien. Non seulement elle sert l’histoire bien sûr, mais elle amène, sous des dehors presque épiques, à réfléchir sur la violence, sur sa transmission, sur les clans, sur les guerres familiales se transmettant de génération en génération sans qu’au final, on sache réellement pourquoi…

Bref, ce fut un véritable uppercut ! Je vais lire un livre plus léger à présent, histoire de me remettre de tout ça. Ça m’a bien secouée mais j’en redemande !

Je remercie Babelio, les Éditions Baconnière ainsi que l’auteur pour ces heures intenses de lecture.