Représailles – Florian Églin

Se balader en famille peut parfois être dangereux… et ce ne sont pas Tom et Adèle qui diront le contraire. Alors qu’ils sont sur une route corse, en voiture avec leurs deux petites filles, ils sont suivis par une grosse voiture qui, visiblement, les prend en chasse. Ce ne sont pas des policiers… Mais que veulent ces gens ? La peur les prend et Tom décide de s’arrêter afin de voir ce qu’il en est. Après tout, que veulent-ils ? Erreur Tom ! Tu as mis le doigt dans l’engrenage !

En ouvrant ce livre, je ne pensais pas qu’il serait aussi addictif ! Impossible de le quitter ! Alors oui, c’est sombre, c’est noir, c’est gore… c’est tout ce que l’on veut. Il y a du sexe, du sang et des larmes. On arrive à des extrêmes et j’avoue que certaines scènes auraient pu me couper l’appétit (oui, je mets le conditionnel car il en faut beaucoup pour me l’ôter 😂). Âmes sensibles s’abstenir ! Mais toute cette noirceur n’est pas là pour rien. Non seulement elle sert l’histoire bien sûr, mais elle amène, sous des dehors presque épiques, à réfléchir sur la violence, sur sa transmission, sur les clans, sur les guerres familiales se transmettant de génération en génération sans qu’au final, on sache réellement pourquoi…

Bref, ce fut un véritable uppercut ! Je vais lire un livre plus léger à présent, histoire de me remettre de tout ça. Ça m’a bien secouée mais j’en redemande !

Je remercie Babelio, les Éditions Baconnière ainsi que l’auteur pour ces heures intenses de lecture.

L’Être de sable – Sonia Frisco 📚

Le titre vous dira certainement quelque chose. En effet, j’avais déjà fait une critique de ce livre en 2015. La couverture n’était, par ailleurs, pas la même.

Voici ce que j’en disais :

L’Être de sable est un roman peu commun. Je m’explique : Sonia Frisco (Giada dans le récit) nous présente son père disparu et ses derniers jours avec une telle tendresse et une telle pudeur que cela force le respect. Bien entendu, il ne s’agit pas du premier livre parlant d’un être cher disparu. Nous sommes bien d’accord. Cependant, la façon d’analyser les choses, tout en douceur, sans jamais juger celui qui a dû, contre son gré, leur faire vivre bien des tourments, ne peut que nous toucher. J’éprouve de l’empathie pour cet homme et sa famille, venant moi-même de perdre un être exceptionnel, diminué par la maladie au fur et à mesure que les jours s’écoulaient. Michel, le père de Sonia, ne souffrait pas du même mal mais il avait également une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Et celle-ci n’était pas due « au pas de chance ». C’est bien ce qui est horrible. C’était un homme, visiblement, à fleur de peau, à vif, tiraillé entre une famille odieuse dans laquelle il étouffait et celle, toute douce, qu’il s’était créée. Cela n’a pas dû être facile pour sa tendre épouse d’assister, de façon impuissante, au déclin… et encore moins pour sa petite fille qui, bien que jeune, a ressenti chez son papa, comme souvent chez les enfants, les symptômes d’une profonde détresse.

Pourtant, ici, l’auteur ne s’apitoie pas. Son écriture – magnifique – rend hommage à cet être fragile que le titre décrit parfaitement. La puissance des mots, associée à ce caractère intimiste en font un texte que l’on ne peut oublier et qui résonne fortement en nous. 

J’ai été charmée par l’élégance de Sonia Frisco et je peux vous assurer que je vais m’empresser de lire ses autres œuvres. Comme souvent, lorsqu’un livre me parle à ce point, je suis en panne de mots. Je vous recommande donc de lire L’Être de sable. Je vous assure que ce récit vous marquera. 

Sonia Frisco a réédité ce roman, d’où le changement de couverture (la dernière, que je trouve superbe, est la création de sa fille) et quelques ajouts. Je l’ai donc relu et j’y ai pris autant de plaisir que la première fois, comme si je le découvrais. Je maintiens tout ce que je disais, cette histoire tragique est narrée d’une telle façon que l’on va au-delà d’une tragédie familiale. Le drame est sublimé même s’il nous émeut, au point que l’on ne se focalise non pas sur la mort mais sur un magnifique hommage d’une fille à son père.

Si vous ne l’avez pas encore lu, je ne peux que vous le conseiller. Il est désormais publié aux Éditions Equivox. Cliquez ici pour en savoir plus.