Rolandin – Rémi Usseil

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Quatrième de couverture :

La belle Gisèle, sœur de Charlemagne, et le fringant Milon, duc d’Anjou, sont éperdument épris l’un de l’autre. Hélas, le roi de France s’oppose à leur union. Hors des liens du mariage, la princesse se donne à son amant et tombe enceinte : son fils sera Roland, le légendaire paladin, futur héros de la bataille de Roncevaux. Fuyant la colère de Charlemagne, mais protégés par de mystérieuses demoiselles drapées de lumière, les amants cherchent refuge en Italie et s’installent près de la ville de Sutre. C’est là que l’enfant, surnommé Rolandin, vivra ses premières années comme un simple fils de bûcheron, partageant ses journées entre l’école du docte maître Pierre et la forêt sauvage. Bien des épreuves attendent le jeune garçon, mais Rolandin n’a peur de rien, et ce ne sont pas quelques garnements, un cochon glouton, un clerc érudit, un seigneur mesquin ou un ogre affamé qui sauront l’impressionner ! Il se jettera tête baissée dans toutes les aventures, en espérant quand même être rentré chez ses parents à temps pour le souper.

 

Mon avis : 

C’est définitif, je pense que Rémi Usseil est la réincarnation d’un trouvère. Oui, je sais, je me répète mais il n’en est pas possible autrement. Encore une fois, ce livre (le troisième de cette collection après Berthe au grand pied et Les enfances de Charlemagne) est une pépite, un petit bijou que l’on croirait tout droit sorti d’une bibliothèque médiévale… un texte oublié qui ressortirait pour notre plus grand plaisir. Mais non, il s’agit bien d’un auteur moderne écrivant comme à l’époque (il a beau se cacher derrière un narrateur, on perçoit sa plume) et c’est vraiment ce qui me laisse pantoise à chaque fois. Cependant, on reconnaît tout de même quelques mots de notre siècle et c’est aussi cela qui fait la prouesse de ce livre. Lorsque « torgnole » rime avec « guibolle », j’applaudis car il fallait oser. De même, il m’a semblé reconnaître un vers du Cid de Corneille… Oui, le lecteur n’est pas passif en lisant un tel livre, vous pouvez me croire. On traque la référence culturelle, on se laisse emporter par l’humour mais aussi par les valeurs qui sont mises en relief : l’amour, la famille, la fidélité.

D’autre part, vouloir essayer de recréer le puzzle de la vie de personnages historiques ou mythiques, c’est s’atteler à un travail monstrueux mais ô combien intéressant ! Très cher Rémi, vous réussissez ce pari à merveille !

Si vous cherchez un beau cadeau à offrir pour les étrennes… n’hésitez pas !

Le Paris du Moyen Âge

Sous la direction de Boris Bove et Claude Gauvard

 

Que l’on soit parisien ou non, ce livre ne peut pas laisser indifférent, d’autant plus lorsqu’on s’intéresse à cette période. Paris a toujours fasciné. Il faut dire qu’à cette époque, elle se démarque d’autres grandes villes en cumulant pratiquement toutes les fonctions (économiques, politiques, intellectuelles, religieuses etc.) là où d’autres n’en avaient qu’une ou deux.

Ce livre est le résultat des recherches de neuf historiens. Il est très agréable à lire et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, le livre en lui-même, imprimé sur papier glacé et richement illustré. Ensuite, sa structure (pour parodier une certaine chanson, ♫♪tout, tout, tout, vous saurez tout sur ce Paris ♪♫) et le style des intervenants. Les textes sont très faciles d’accès pour tout un chacun, sans aucun pédantisme. De la vie monacale, royale, à la vie quotidienne, rien n’a échappé à la sagacité des auteurs.

Un très beau livre !

Une petite prise de vue pour que vous puissiez vous faire une idée :

Les enfances de Charlemagne – Rémi Usseil

 

Quatrième de couverture : 

La jeunesse de Charlemagne, telle que la racontent au Moyen Âge les chansons de geste, est un véritable roman d’aventure. Trahi par ses demi-frères adultérins bien décidés à usurper son trône, le jeune Charles doit chercher refuge en Espagne, avec une poignée de loyaux compagnons, à la cour du roi sarrasin Galafre.

Il y fera glorieusement ses premières armes et y gagnera ses éperons de chevalier. Il apprendra cependant que les flèches d’Amour sont plus redoutables que les lances et les épées : tendrement épris de la belle Galienne, le prince devra, pour la conquérir, affronter le terrible géant Braimant et déjouer les manigances du cruel Marsile, le fils de Galafre, qui ourdira un jour la trahison de Roncevaux. Mais cet exil ne peut se prolonger éternellement : le royaume de France, gémissant sous la botte des félons qui se sont emparés de la couronne, attend le retour de son souverain légitime.

Pour conter cette très ancienne histoire, l’auteur a emprunté à la littérature médiévale ses techniques narratives et la diversité bigarrée de ses formes poétiques.

 

 

Mon avis :

Vous me connaissez, je ne résiste pas à la perspective de pouvoir lire un texte en lien avec ma période préférée. Et la tentation est encore plus forte lorsque l’auteur est un passionné, un féru de littérature médiévale, de légendes et d’épopées. Aussi, je remercie déjà Rémi Usseil pour cette très agréable lecture.

Quel travail mes aïeux ! Là, vous ne voyez que la couverture mais la bête fait 450 pages ! C’est un très beau livre, richement illustré, dont la qualité prouve une fois de plus le sérieux de la société d’édition (Les Belles Lettres).

Comme l’auteur le précise dans son introduction, les exploits de jeunesse qui vont nous être narrés ici ne sont pas historiques. Car il va s’intéresser de près au personnage, je cite, « de la légende et de l »épopée, de celui que les quatre derniers siècles du Moyen Âge n’ont cessé de célébrer à travers chansons de geste, romans de chevalerie, chroniques merveilleuses et récits fabuleux. Certes, l’un est pour ainsi dire sorti de l’autre ; l’un est le double de l’autre. » Pour ce faire, il va inventer un narrateur médiéval et retranscrire ainsi une histoire, à la manière des poètes de l’époque. Il en avait fait de même dans son premier livre, Berthe au grand pied.

Rémi Usseil m’impressionne. Son érudition n’a d’égal que sa simplicité. J’ai avalé ce texte et à chaque page tournée, je me demandais quel était son secret pour retranscrire aussi bien, avec les mêmes formes, structures, tons et couleurs une histoire médiévale sortie de son imagination, panachée, certes, de ses multiples lectures. Et si, tout simplement, cela s’appelait… le talent ?

Offrez-le à Noël, vous ferez des heureux !

 

Extrait : 

Il ne s’était écoulé qu’un court moment lorsque Charles fut tiré du sommeil par des mots qui ne sortaient d’aucune bouche visible :

Prince des lys, Jésus m’envoie

Pour te garantir du malheur :

Avant que le jour ne flamboie,

Quitte le camp, fais-toi voleur !

Arme-toi, chevalier sans peur,

Va larronner par les chemins !

Ne tarde point : c’est un honneur

D’obéir aux ordres divins.

Stupéfait de ces paroles, Charles se redressa sur un coude et chercha vainement des yeux, dans la pénombre de la tente, cil qui venait de lui parler de la sorte. (P 300-301)

Berthe au grand pied – Rémi Usseil

 

Quatrième de couverture : 

Ce livre est l’adaptation libre de la légende médiévale qui nous est principalement connue par une chanson de geste (poème narratif originellement destiné à être déclamé en s’accompagnant d’un instrument) du ménestrel Adenet Le Roi. L’histoire de Berthe appartient au cycle de Charlemagne, dont le fleuron le plus célèbre est la Chanson de Roland.Dans ce récit, alors que Berthe au grand pied, future mère de Charlemagne, vient d’épouser le roi de France Pépin le Bref, elle est évincée de la cour par la perfidie d’une servante qui se substitue à elle. Réfugiée auprès d’une modeste famille dans la forêt du Mans, Berthe mène une existence humble et discrète. Mais diverses péripéties vont mettre Pépin sur sa piste… L’auteur a emprunté la voix d’un narrateur médiéval fictif pour conter cette histoire, et parsemé le récit de pièces en vers inspirées de la poésie du Moyen Âge, afin de rendre hommage aux origines lyriques de la légende.

 

Mon avis : 

Avant de vous donner mon avis sur le texte en lui-même, arrêtons-nous tout d’abord un instant sur l’objet-livre auquel la photographie, ici, ne rend qu’un piètre hommage. Il est admirable ! L’épaisse couverture imitant un tissu bleu fait ressortir le titre couleur argent et le détail de la peinture. On s’imagine soudain être l’heureux possesseur d’un manuscrit médiéval. A l’intérieur, le papier glacé, les illustrations et les différentes couleurs procurent une lecture très agréable de ce qu’il convient d’appeler, dès lors, un petit bijou.

Mais venons-en au texte. Passionné par la littérature médiévale, Rémi Usseil n’est pas un novice en la matière. J’ose même ici un jeu de mots puisque l’auteur n’est autre que le détenteur du blog faisant la part belle aux Chansons de Geste : Matière de France. Et en parlant de novice, cette fois, je vais l’être. J’avoue, en rougissant quelque peu, n’avoir jamais lu le texte d’Adenet Le Roi, qui reprenait la légende de Berthe. C’est donc sans référence véritable que j’ai lu celle de Rémi Usseil (depuis, j’ai lu l’autre… lacune réparée… ouf !). Quel talent ! Je devrais même dire… quel trouvère ! On ne perçoit pratiquement pas l’auteur moderne derrière le narrateur médiéval (si ce n’est d’en avoir facilité la compréhension). Imaginez un peu le travail accompli ! Tout y est : le vocabulaire, les structures, certaines formulations.. Je m’incline !

Que dire de plus puisque j’en reste sans voix… Un seul mot, le dernier : BRAVO !

 

Extrait : 

« Elle a voulu m’occire ! lança Aliste en désignant la reine, avec une horreur contrefaite.

– Qu’on s’empare d’elle ! ordonna le roi. Cette femme est devenue folle ! »

Berthe resta un moment figée, les yeux rivés sur la traîtresse, rassemblant péniblement ses pensers épars et discernant trop tard le piège. Lâchant enfin le couteau, elle ouvrit la bouche pour tenter de s’expliquer. C’est alors que Margiste, surgissant dans la pièce en affichant la plus grande consternation, se jeta sur elle par-derrière et la frappa à la tête, la renversant sur le sol jonché d’herbes odorantes. Comme Berthe cherchait à se redresser, la serve entreprit de la rouer de coups en vociférant :

« Ah, mauvaise garce ! Putain ! Fille dénaturée ! Comment avez-vous osé lever la main sur votre reine ? Je vous renonce pour ma fille !

– Assez ! dit sèchement Pépin. Méchante vieille, voulez-vous nous faire croire que vous n’êtes pour rien dans ce crime ?

– Hélas, sire, répondit Margiste avec des larmes dans les yeux, je vous jure par sainte Agnès que je n’y suis pour rien, que je ne l’ai jamais permis ! Je savais que ma fille jalousait la reine, mais comment eussé-je pu imaginer qu’elle projetait forfait si affreux ? Je l’aurais étranglée de mes mains si je l’avais su ! » (P27)

Le Bourgeois, l’Apothicaire et l’Artisan ; Vivre en Provence au Moyen Âge – Marie-Christine Grasse

 

Quatrième de couverture :

À travers vestiges, objets, mobilier, vaisselle et parures se dessinent en filigrane les contours de la vie des citadins provençaux au Moyen Âge. Au fil des pages, les rues se tracent, les maisons s’élèvent, se meublent et s’animent, rapportant avec fidélité le quotidien d’une région et de ses habitants. Ce livre consacré à la vie citadine en Provence est l’occasion de se familiariser avec un pan de l’histoire médiévale dont les préoccupations journalières font curieusement écho à celles d’aujourd’hui.

 

Mon avis :

Il devient difficile de trouver cet admirable bouquin sans débourser un prix exorbitant mais j’ai pu me le procurer, enfin, sur un site de vente de livres d’occasion.

Non seulement ce livre est beau mais il est utile. Rares sont les ouvrages sérieux qui font référence à l’archéologie pour expliquer la période médiévale, si ce n’est celui de Robert Fossier, intitulé Ces gens du Moyen Âge. Celui-ci se divise en quatre parties : La Provence orientale au Moyen Âge, habiter en ville, agencer la demeure, vivre au quotidien. Les explications s’adressent aussi bien aux profanes qu’aux spécialistes et les dessins, peintures ou photos d’objets retrouvés ou de constructions encore existantes permettent d’illustrer et/ou d’étayer les propos.

Il s’agit d’un très très bon bouquin que je ne regrette pas d’avoir acheté car il est riche, bien construit, et il nous en apprend énormément sur la vie quotidienne des provençaux au Moyen Âge.


Extrait :

L’intérieur du logement dépend du rang social de son occupant. Une maison reflète, en effet, par sa localisation dans la ville, sa taille, le nombre de ses pièces, ses aménagements intérieurs, la richesse de ses habitants mais également une époque et une mode.

Trois types de pièces essentielles apparaissent : le noyau central, composé de la salle commune, de la cuisine et de la chambre, puis les pièces secondaires, tels la cave, le cellier, le grenier, enfin les pièces annexes, comme la boutique, l’atelier, la pièce pour le bétail. Quand il existe plusieurs salles ou plusieurs chambres, le notaire s’efforce de les localiser ; malgré cela, la reconstitution intérieure du logement demeure très difficile. Les inventaires après décès ne différencient pas toujours la salle commune et la cuisine surtout s’il s’agit d’unités d’habitation réduites.