Equalizer – Antoine Fuqua

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Je découvre ce film sorti en 2014. Je ne connaissais pas non plus la série, c’est donc avec un regard tout neuf que j’ai visionné ce film.

L’histoire met en scène Robert McCall (joué avec brio par Denzel Washington), un homme au passé mystérieux qui passe aux yeux de tous pour le parfait copain car il est serviable et à l’écoute. McCall a une manie : se rendre tous les jours dans son snack-bar préféré et y lire un livre de la liste des « Cent romans qu’il faut avoir lus ». Il y fait la connaissance d’Alina, alias Terri, une prostituée dont le rêve était d’être chanteuse. Alors qu’ils discutent, cette dernière ne répond pas à un appel de Slavi, son proxénète russe. Elle raccompagne ensuite son nouvel ami mais une voiture l’intercepte. C’est Slavi, qui donne une carte de visite à McCall, le prenant pour un client. Le lendemain, McCall apprend que Terri-Alina est à l’hôpital, en soins intensifs. Le passé de Robert resurgit alors. Il doit faire justice.

Impossible de s’ennuyer avec ce film ! Amateurs de sensations fortes, ce film est fait pour vous ! J’ai vraiment aimé cette façon de traiter un thème vu et revu – le monde de la mafia – sous un jour nouveau. On notera par ailleurs, dans les scènes se passant dans le Snack-bar, la référence au tableau d’Hopper, peintre que j’aime beaucoup, Nighthawks. Que demander de plus ? Du suspense, de l’action, des références culturelles… 2h10 de pur bonheur !

Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard

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Quatrième de couverture :

Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visions imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d’images qu’elle voudrait tant oublier… À n’importe quel prix…

Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Mon avis :

Tout d’abord un grand merci à Babelio et son opération Masse critique, aux Éditions Belfond et à l’auteur pour ces heures de lecture très plaisantes…

Plaisantes certes mais waouh, angoissantes également !  Amateurs de sensations fortes, ce livre est fait pour vous ! En revanche, si vous êtes à la recherche d’un médecin… ben… euh, vous risquez de l’attendre longtemps ! Parce que les médecins, dans ce bouquin, tombent comme des mouches. Fallait pas augmenter les tarifs ! Les petites natures victimes sont torturées et les sévices subis en ferait pâlir Vlad, le chic type qui empalait les gens à la vitesse de l’éclair (oui, bon, ça va, on a le droit de faire une petite touche d’humour quand même, non !). Bref, si votre toubib met du temps à répondre, allez voir à la cave s’il n’est pas ventilé façon puzzle.

Bien, bien, bien, mais quel est le rapport avec Fanny, cette mystérieuse mère de famille qui a imposé à son mari de ne jamais lui demander de raconter son passé et dont l’un des mioches a l’air d’être inspiré par le personnage de Massacre à la tronçonneuse ? Et vous pensez vraiment que je vais vous le dire ?

Allez, hop, on note précieusement ce livre sur sa liste ! Oui, oui, je sais, la PAL va s’écrouler…

Adieu Gloria – Megan Abbott

 

Quatrième de couverture :

A partir de faits divers des années 50, Abbott met en scène, dans ce roman comme dans les suivants, des relations perverses entre femmes. Ici, une jeune personne ordinaire raconte comment, lasse de son petit job et d’avoir à s’occuper de son père, elle est repérée par la reine du Milieu, célèbre pour ses jambes et le sang froid avec lequel elle règle différentes opérations criminelles (jeu, alcool, courses) pour le compte de la Mafia. Gloria Denton « pygmalionne » la petite, essaie d’en faire sa digne héritière. Jusqu’au jour où la protégée tombe sous le charme d’un bon à rien, joueur flambeur et cynique. Et se laisse convaincre de trahir son mentor. L’engrenage est fatal et la fureur de Gloria, phénoménale. La gamine assiste au meurtre de son amant mais ne veut pas perdre tout ce qu’elle a acquis. Comment faire pour s’en sortir sans encombre ? L’écriture de Megan Abbott est un tour de force : sèche et rythmée, elle se joue de l’argot de l’époque, dégage une ambiance,sexy et vénéneuse, de danger et de tension permanents. C’est noir comme du Willeford, opaque, étouffant et brillantissime.

 

Mon avis :

Voici un roman noir qui se lit avec une facilité déconcertante et qui, pourtant, ne peut laisser indifférent. On est loin de tous les schémas classiques  des polars et c’est justement un des facteurs qui le démarque. Point d’hommes dans ce roman, du moins en rôle principal. Les rares figurants masculins – et j’emploie à dessein le terme cinématographique – tels que le mort ou Clancy, l’inspecteur, n’ont qu’un rôle de seconde zone. Toute l’intrigue tourne autour de deux femmes: Gloria et la narratrice. On assiste ici à un machiavélisme au féminin, sans borne, limite pervers car touchant à l’intellect. L’écriture est au service de l’histoire: concise, familière lorsqu’il le faut, elle est mimétique de ce qui se trame tout au long de l’histoire.

Megan Abbott a reçu le prestigieux prix Edgar Award pour ce roman.

Il est amplement mérité. 

 

Extrait :  

L’inspecteur Clancy était exactement comme on l’aurait imaginé. Une bouille rougeaude d’Irlando-Ecossais, des mains rudes, toujours collées à ses hanches, une barre de cheveux bouffants qui flottaient au-dessus de son front comme un écolier. des yeux mauvais, des cils longs où se nichait quelque chose de froid et de fourbe.

Il me regarda comme s’il me connaissait. Comme s’il savait tout de moi. (…)

Mais j’étais nerveuse, bien sûr. D’avoir vu le zozo à la casquette, en bas, les trucs qu’il m’avait sortis, son regard pressant et désespéré. Et puis, j’avais aussi l’impression de sentir encore la terre grumeleuse sous mes ongles, après le pillage de tombe de la veille au soir. Sans la forte dose de médocs que j’avais absorbée, j’aurais tremblée comme une vierge la veille de la nuit de noces.

La colère des enfants déchus – Catherine Fradier




Ce roman policier commence par une histoire atroce. Imaginez un manoir perché au sommet d’une colline. Tout autour s’étend une forêt dont la limite n’est pas perceptible à l’œil nu. Jusque-là, le décor pourrait paraître idyllique… Imaginez maintenant une chasse à courre. Quoi d’étonnant ? Les bois doivent être giboyeux à souhait. Mais que font ces adultes costumés et armés d’arbalètes ? Est-ce une reconstitution historique ? Des fans de Robin des Bois ou de Guillaume Tell ? Et ces enfants déguisés de façon ridicule courant à en perdre haleine ? Les proies… Oui, vous avez bien lu. Ces pauvres petites âmes sont les victimes de pervers ayant constitué un réseau pédophile. Fin du premier chapitre… Voilà qui plombe l’ambiance d’une lourdeur mortifère.

En parallèle, on assiste à des morts. Les personnages sont souvent des gens « bien sous tous rapports », des notables qui, si l’on gratte un peu le vernis, se révèlent être des vermines ayant eu un lien avec la pédophilie sans jamais être condamnées. Les meurtres – ou plutôt les exécutions – sont toutes signées par une figurine ou un objet ayant trait au film La Guerre des étoiles. Deux journalistes, Kara et Quintilius, ayant travaillé sur un livre intitulé « Dossier réseaux pédocriminels » vont enquêter, contraints et forcés. En effet, Kara a été victime d’un cambriolage. Devinez ce qui a disparu ? Les archives ayant aidé à écrire ce livre, bien sûr. Et qu’a-t-elle trouvé à la place ? Un sabre-laser de Jedi. Tout ceci est étrange… Aidés de Luc, policier d’Interpol, les deux amis vont devoir faire leurs investigations du côté obscur de la force…

Catherine Fradier a un réel talent pour prendre des faits réels ou connus et les mettre sous forme de romans policiers. On nage en pleine horreur et pourtant on ne peut pas s’empêcher de tourner les pages frénétiquement. On veut savoir, coûte que coûte, quitte, comme moi, à en faire des cauchemars.





Extrait :

Un quart d’heure plus tard, Kara, accompagnée de Luc et de Quint, garait sa voiture dans le parking souterrain d’un immeuble situé à deux cents mètres du sien, une place qu’elle avait négociée avec un écolo qui ne circulait plus qu’à vélo.

Tous trois se tenaient devant la rangée de boîtes aux lettres, le regard rivé vers l’une d’entre elles, qu’une enveloppe blanche encombrait. Kara glissa deux doigts dans la fente.

Une dépêche AFP reprenait le texte envoyé aux deux journalistes. Il s’agissait bien d’un titre. Un fait divers.

Un homme de 42 ans domicilié à Nanterre (92), a trouvé la mort hier après-midi, alors qu’il était en train de rénover une clôture pour le compte d’une société de travaux publics de Créteil. Les faits se sont produits au quartier de Fayolles, près de la serre abritant l’élevage de truites de Nanterre. Laurent Michat actionnait un système automatique d’enrouleur de fil de fer lorsque, pour une raison indéterminée, il s’est trouvé pris entre le bobineau et le fil. Il est mort étranglé. Une enquête a été ouverte.

La dépêche datait de la veille.

Kara émit un ricanement.

– On est même informés avant que les journaux ne soient en kiosque. Au train où vont les choses, on sera bientôt conviés sur la scène du crime.

Ascenseur pour l’échafaud – Louis Malle

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Le décès de Jeanne Moreau n’a pas donné lieu à une grande bousculade au niveau des chaînes de télé ! Cependant, deux ou trois ont quand même changé leurs programmes, ce qui m’a permis de revoir ce film qui n’a rien à envier aux polars du moment.

Jugez plutôt : Julien Tavernier, sous la pression de sa maîtresse, la femme de son patron, assassine ce dernier. Il pense avoir fait le crime parfait, sort de son bureau comme si de rien n’était et monte dans sa voiture. Mais il aperçoit, de dehors, la corde qui lui a permis de passer du bureau de feu monsieur Carala au sien. Il décide d’y retourner mais se fait coincer dans l’ascenseur. Pendant ce temps, Florence Carala le cherche partout, d’autant plus qu’elle est certaine de l’avoir vu passer en voiture avec une jeune femme. Peu de temps après, un couple de touristes allemands est assassiné dans un motel. Et c’est la voiture de Julien que l’on a vu sur les lieux du crime, ainsi qu’un couple se disant être monsieur et madame Tavernier…

Ce film est magnifique, et je pèse mes mots ! D’abord parce qu’il y a une tension tout du long. Ensuite parce que l’errance de Jeanne Moreau dans Paris est sublimée par la trompette de Miles Davis. Le jeu des lumières est judicieusement mis en scène. Et Lino Ventura est, comme à son habitude, époustouflant dans son rôle d’inspecteur. Le scénario est bien ficelé… J’aime beaucoup Louis Malle qui sait mettre en relief des scènes qui pourraient paraître banales. Bref, ce film n’a pas vieilli et même en l’ayant déjà visionné, j’ai eu l’impression de le redécouvrir.