La Vierge au lait et autres histoires fantastiques du Berry – Martine Hermant

Illustrations de Chris Brigonne

Un grand merci à Martine pour ce fabuleux cadeau ! Vous me connaissez, quand il y a du Moyen Âge quelque part, j’accours ! Le tableau d’Agnès Sorel en couverture, thème de la première nouvelle, ne pouvait qu’attiser ma curiosité. J’ai donc mis le nez dedans, puis les lunettes et… le monde pouvait s’écrouler autour de moi, j’ai dévoré ce recueil ! Je n’ai jamais caché le fait d’apprécier énormément le style de Martine Hermant. Ici encore, cela se confirme ! J’en suis restée ébaubie !

J’aime beaucoup les contes et légendes des différentes régions, d’autant plus lorsqu’ils sont revisités ainsi. Connaissant d’autant plus le Berry, je ne pouvais qu’adhérer à ces fantastiques textes. Les illustrations de Chris Brigonne apportent un charme et une atmosphère indéniables.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré !

Cette nouvelle entre dans le challenge Les textes courts (12 nouvelles faisant entre 3 et 82 pages).

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Les Vrilles de la vigne – Colette

Ce recueil rassemble quelques nouvelles de Colette dont une, connue de beaucoup, le dialogue de bêtes. J’aime beaucoup la plume de cette grande dame que l’on oublie souvent à mon goût et je me réjouis de la voir arriver dans les programmes de 1ère pour le bac de français.

J’ai donc relu, dans cette optique, ces vingt-trois nouvelles empreintes de poésie. Rien que le titre évoque déjà ces instantanés du quotidien transcendés par la plume. Lorsque Colette fait paraître ce livre, en 1908, elle vient de se séparer de Willy. C’est donc une ode à la liberté par l’intermédiaire de tout ce qui l’entoure que cette dame de talent va sublimer. Ses animaux, ses amours et notamment celui avec Missy, son village, des paysages enchanteurs… tout cela va donner lieu à des textes enchanteurs que je ne peux que vous recommander vivement.

Mute – Sonia Frisco

Quelle joie de pouvoir tenir dans mes mains le dernier-né de Sonia Frisco ! Ce recueil atypique a un titre énigmatique : Mute. Les passionnés de Hi-Fi et de son auront vite deviné de quoi il s’agit : un son que l’on étouffe, que l’on coupe. L’étouffement, un thème d’actualité que nous avons tous vécu, plus ou moins bien par ailleurs à cause de cette pandémie. Oui, l’étouffement par le confinement. On contenait le virus… Et à côté de cela, tout mourait : les restaurateurs, les libraires, les artistes, tous ceux considérés, de façon sordide, comme « non essentiels ».

Sonia Frisco, dans ce recueil, rend un admirable hommage à ces personnes. Par sa plume acérée, elle choque, interpelle le lecteur, les autorités, tous ceux qui ont accepté sans se rebeller. Sa colère est puissante, riche, vitale. Et elle se détache d’autant plus que ce livre est sobre avec sa belle couverture teintée dans ce bleu particulier, un bleu un peu foncé dans lequel je peux voir la liberté entravée et ce titre couleur or, avec ce M majuscule symbolisant la voix du coeur, la voix des choeurs…

Un grand merci à vous, très chère Sonia, pour ce beau cadeau, pour ce recueil dont l’engagement ne peut que susciter le respect.

Canto humilde (Humble chant) – Philippe Pratx

Je remercie en premier lieu Philippe Pratx pour la confiance qu’il m’accorde en m’offrant ses oeuvres à leur sortie. Je suis toujours admirative de sa façon d’écrire sur tous les sujets. Aucun livre ne se ressemble. Et que ce soit de la prose ou de la poésie, il a une plume reconnaissable entre toutes.

Passée l’adaptation à l’absence de majuscules et à la mise en page avec des espaces répétitifs, je me suis laissée emporter par la poésie, par la magie des mots. Sous des dehors modernes, les messages restent intemporels : misère, souffrance, répression… ce qu’ont pu vivre les peuples d’Amérique latine, d’une part, mais également toutes les minorités opprimées. Les poèmes sont à lire à plusieurs degrés.

Ce recueil est à lire absolument !

De l’autre côté de la mer, c’est loin – Leïla Sebbar

J’aime beaucoup l’écriture de Leïla Sebbar. Je la trouve fluide, pudique et riche en émotions. Pendant des années j’en ai fait étudier, lorsque les programmes me le permettaient, des extraits à mes élèves. Ce recueil de nouvelles ne fait que renforcer mon sentiment sur le talent de cette dame de Lettres. Il nous permet d’en savoir toujours plus sur ce pays dont elle trace les contours, dont elle ancre les paysages, les coutumes et les moeurs au fil de ses écrits.

Ici, comme souvent, elle laisse la parole aux femmes. Elle fait un panorama de chaque caractère, retraçant ainsi la réalité : il n’y en a pas un de semblable. Et pour adhérer au mieux à cela, différentes voix se font entendre. Nous découvrons ainsi, à travers les personnages féminins, tous ceux qui ont fait l’Algérie. Mais ce n’est pas tout, puisque nous suivons également une Algérie complexe, dont l’Histoire est constituée d’épisodes douloureux : colonialisme, guerres… Un thème est souvent présent, en lien avec ces moments sombres : le sort réservé aux femmes. Sans victimisation aucune, Leïla Sebbar met en évidence, très souvent, dans ses nouvelles, le viol. Mémoire de l’arbre m’a particulièrement marquée. De ce texte, commençant de façon très poétique, il ressort une noirceur inimaginable. La chute laissera l’imagination du lecteur oeuvrer pour en comprendre la finalité. J’ai également aimé La Maison bleue, rappelant, la chanson de Maxime Le Forestier : « C’est une maison entre eucalyptus et cyprès, au pied de la colline » (P73). Là encore, il ne faut pas s’attendre à du bucolique ! Les textes de Leïla Sebbar dénoncent, pointent du doigt et donnent à réfléchir. Ils sont puissants. Ce petit recueil est un véritable coup de pied dans la fourmilière. C’est un coup de coeur pour moi.

Un grand merci aux Éditions Chèvre-feuille étoilée qui mettent en avant des textes de qualité.

Ce recueil entre dans le challenge Les textes courts (91 pages)