Enquêtes aux jardins – G. Le Cornec et R. Veilletet

Les Empoisonneurs

J’ai déjà lu des polars écologiques, notamment ceux de Yann Venner, ce qui fait que je n’ai pas été surprise de voir cette appellation. Ce roman, très agréable à lire, s’adresse aux jeunes, mais je dois bien avouer que j’ai pris plaisir à suivre les aventures d’Emma et Lucas. L’intrigue est bien ficelée, le rythme est dynamique. Que demander de plus ? J’ai apprécié l’humour et, surtout, j’ai apprécié le fait que ce ne soit pas mièvre, bien au contraire. J’ai même trouvé que par moments, cela se rapprochait un peu de Jules Verne.

Je vais lire avec plaisir Les pommes de l’apocalypse, roman que j’aurais dû lire en premier s’il n’y avait pas eu une erreur d’envoi de l’éditeur. Mais, au final, je suis ravie de cette bourde car cela me permet de pouvoir lire les deux romans ! 😄 Un grand merci à Babelio et aux Editions du Rocher pour cette découverte très sympathique.

Marlock Brave – Katia Verba

Quatrième de couverture :

BRAVE vient d’intégrer l’agence de détectives privés « La Souricière ». On va lui confier sa première enquête au sein du cabinet. Marlock est aux anges, il s’en frise les moustaches… Quel panache ! Notre valeureux détective doit libérer la première danseuse du prestigieux « Cabaret Minette », Soussou la souris, qui a été enlevée. La prisonnière , capricieuse à souhait, va se montrer particulièrement récalcitrante. Marlock ne sait pas qu’il va se confronter à d’intrépides voyous prénommés Gringo et Galopin. Pour l’aider dans sa mission, il fera appel à un perroquet très loquace, Bla-Bla, qui a dû tomber dans un pot de peinture à la naissance, ainsi qu’au redoutable chien policier Rambo, un teckel, grand spécialiste pour pister et déloger les blaireaux de leurs terriers. L’enquête ne va pas être de tout repos.

Mon avis :

Je me fais toujours une joie de lire les oeuvres de Katia Verba, que ce soit des romans, des pièces de théâtre… Là, il ne s’agit pas de cela mais d’un roman jeunesse. Comme quoi, Katia en a décidément sous la plume ! Et… c’est génial ! Je me suis régalée ! Ce livre peut se lire de 7 à 77 ans sans aucun problème. Je suis pourtant difficile lorsque je lis des romans pour les jeunes. Je n’aime pas les textes mièvres ou ceux qui cèdent à la facilité. J’ai en tête notamment le fait que l’on ait retiré les passés-simples d’une certaine collection. Je crois qu’on n’a pas compris qu’au-delà de la lecture plaisir, les jeunes enregistrent aussi, inconsciemment, l’orthographe, la grammaire, la syntaxe… Mais pardon, je m’égare. Déformation professionnelle !

J’en reviens donc à ce livre qui, justement, est parfait pour les enfants car l’histoire est bien écrite, pas mièvre du tout, l’enquête bien ficelée. Les personnages ont du caractère. J’ai adoré cette petite peste de Soussou, même si j’avais envie, parfois, de lui coller deux claques sur le museau. Cerise sur le gâteau, Marlock étant en Angleterre, les enfants apprennent quelques rudiments de la langue de Shakespeare. C’est vraiment bien trouvé ! J’ai vraiment apprécié les péripéties qui s’enchaînent et qui conviennent parfaitement à un jeune lecteur (et moins jeune, hein !).

Que dire de plus si ce n’est que la couverture est superbe et que les illustrations sont un petit plaisir à chaque page… bref, c’est vraiment une petite pépite ! Je l’ai dévoré et je n’ai pas honte de dire que l’espace de ma lecture, mon coeur de petite fille battait la chamade pour la petite souris, espérant une fin heureuse.

N’hésitez surtout pas à lire ce roman ou à l’offrir à des enfants ou à des adolescents. Une idée de cadeau pour Noël (vous pouvez cliquer sur ce lien pour de plus amples renseignements) !

Deviens le héros : Au temps des châteaux forts – Katherine Quenot

Deviens le héros : Au temps des châteaux forts par Quenot

Quatrième de couverture :

En plein Moyen Âge, le lecteur aura le choix entre plusieurs destins : suivre l’apprentissage d’un chevalier, commencer une carrière d’architecte, mener la vie de château entouré de seigneurs ou encore découvrir le quotidien trépidant d’une troupe de comédiens. Quelle(s) vie(s) choisira-t-il ?



Mon avis : 

Lorsque j’ai vu ce livre dans l’opération Masse Critique de Babelio, je n’ai pas pu m’empêcher, vous imaginez bien, de le sélectionner. Dès qu’il y a du Moyen Âge quelque part, vous me voyez arriver ! Et quelle joie de l’avoir entre mes mains. Un grand merci à toute l’équipe et aux éditions Auzou.

Je n’ai jamais pu lire, étant enfant, ces fameux livres dont nous sommes les héros, pour la bonne raison qu’ils sont parus bien plus tard sur le marché… Ceci ne nous rajeunit pas :deuxvieux: !

Mieux vaut tard que jamais, dit le dicton. J’avoue qu’à la lecture des premières pages, je me suis demandé ce que c’était que cet ovni. D’abord parce que j’étais perturbée que l’on s’adresse ainsi à moi sans une véritable écriture littéraire derrière. « Tu fais ce, tu fais ça… » Eh, oh ! Mollo, hein ! tongue Ensuite, parce que je trouvais que ce n’était pas assez fouillé sur le plan médiéval.  Enfin, parce que j’avais fini l’histoire très vite, au bout de quelques pages. Mais comment ça mon aventure s’arrête là ? 

MAIS… ma légère irritation passée, je me suis remise en question. C’est un livre jeunesse qui s’adresse à des enfants à partir de 9 ans, pas à des adultes de 45 ans dont la passion est le Moyen Âge, reprends-toi ! Evidemment, on voit de suite les choses différemment. Alors, on fait un « reset » du cerveau, on se met en mode « enfance », et on relit avec plaisir cet ouvrage qui en apprend beaucoup à l’enfant sur la société de l’époque et sa structure, de façon ludique. Oubliez donc ma première réaction et n’hésitez pas à l’offrir à vos enfants.

 

Bennett au collège – Anthony Buckeridge

Bennett, c’est un peu ma madeleine de Proust. J’ai lu la série au collège et je tenais justement, au risque d’être déçue, à sentir à nouveau ce plaisir de lire cette littérature de jeunesse. Eh bien, je ne suis pas déçue du tout ! Je suis très agréablement surprise car le texte est de haut vol. Bien sûr, on n’est pas dans du Balzac (tant mieux !) Mais quand même ! Vous n’êtes pas sans ignorer que la bibliothèque rose aujourd’hui a été remaniée afin que nos chères têtes blondes puissent lire les mêmes textes que nous, les contraintes grammaticales en moins. Visiblement, celui-ci (mon exemplaire date de 1989, ceci expliquant cela) a échappé à cela. Le passé-simple est toujours là et n’a pas laissé place à du présent ou du passé-composé comme dans Le Club des Cinq (je dis ça, je dis rien).

Bennett au Collège est le premier roman de la série. On y découvre ce personnage de dix ans, à la fois farceur et attachant, pas méchant pour un sou, un brin maladroit… qui va, de ce fait, donner du fil à retordre à ses professeurs, notamment Messieurs Carter et Wilkinson. Accompagné de son camarade Mortimer, il va réveiller le collège de Lindbury.

On appréciera les notions qu’un enfant pourra apprendre dans ce livre (latin, histoire, géographie) ainsi que l’humour qui ponctue le texte.

 

Extrait :

Puis il appela Bennett à son bureau et examina le résultat de ses efforts.

« En Australie, lut-il à haute voix, il y a du blé, mais les lapins sont une calamité comme les rats, et les fermiers sont très fâchés parce que les lapins mangent tout leur blé, mais en Angleterre les lapins ne sont pas une calamité, et on peut même élever des lapins Angoras, le mien était blanc et brun, il s’appelait Bobby, et j’avais pris une petite caisse où j’avais mis de la paille pour lui faire une cage… »

M.Wilkinson interrompit sa lecture.

« De toutes les plus absurdes idioties que…que… » Les mots lui manquèrent un instant. « Voyons ! qu’aviez-vous dans la tête en me servant une ineptie de ce genre ? demanda-t-il.

– Mais ce n’est pas une ineptie, m’sieur ! protesta Bennett. C’est la vérité. Mon lapin était blanc et marron. C’est mon oncle qui me l’avait donné pour mon anniversaire.

– Mais moi, je vous ai donné une préparation à faire sur la culture du blé en Australie, et non la biographie d’un misérable rongeur !

– Il s’appelait Bobby, rectifia Bennett.

– Je me moque pas mal qu’il se soit appelé Bobby ou Toto, gronda M.Wilkinson. Petit illettré, ne voyez-vous pas que votre préparation est à mille lieues du sujet ? C’est un parfait exemple de…de…

– De délinquance juvénile, m’sieur ? proposa Mortimer.

– Silence, Mortimer ! gronda M.Wilkinson.

– Pardon, m’sieur, dit Mortimer d’une voix douce.

– L’ennui avec vous, Bennett, reprit le professeur, c’est que vous êtes toujours à moitié endormi. Il faut absolument vous réveiller ! Allez donc mettre votre tête sous le robinet, dans les lavabos, et voyez si ça ne vous éclaircit pas un peu les idées.

J’ai passé l’âge de la colo ! Sophie Adriansen

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Quatrième de couverture :

En 1997, Sybillle s’apprête à nouveau à partir en colo, et du haut de ses 14 ans, elle se dit que ce n’est plus pour elle ! Elle a déjà donné, elle voudrait passer son tour. Oui mais voilà, ses parents ne lui ont pas demandé son avis.

Alors, à contrecœur, elle se poste en observatrice. Le moment du départ c’est ce qu’elle déteste le plus. Les filles cool, les garçons turbulents… comment faire sa place au milieu de jeunes qui semblent si sûrs d’eux ? Le temps des colonies c’est le temps où les jeunes tentent de s’apprivoiser, de tester leurs limites. Dans les années quatre-vingt-dix c’était déjà le cas et l’aventure de Sybille est intemporelle. On se boude, on se scrute et puis… parfois c’est le déclic !

Comment faire pour que ces vacances se transforment en de merveilleux souvenirs ?

Un roman entraînant dédié aux 9/13 ans qui rappellera, avec nostalgie, les aventures des colons de tous âges et qui donnera l’envie de découvrir cet univers aux plus réfractaires.

Mon avis :

Je ne suis jamais partie en colo mais j’ai passé, lorsque j’étais en CM2 (qui a dit « ça remonte aux calendes grecques ? Qu’il se dénonce !!! ), une semaine en classe de neige. En lisant ce petit roman de Sophie Adriansen, j’avais un sourire aussi grand que le plaisir que je prenais à me remémorer ce petit séjour où j’ai détesté le ski et la luge (les multiples chutes ont eu raison de moi, surtout lorsque l’on tombe dans un coin où les vaches étaient en pâture quelques jours auparavant… je ne vous fais pas un dessin) mais où j’ai adoré les veillées et surtout l’ambiance. Bien entendu, les choses ont changé et les préoccupations de l’héroïne sont plus, comment dire, « modernes » (Arrrgh….) : recherche de l’amour fou, joints, bières… Mais il reste des choses intemporelles : être malade dans un car (je n’ai pas fait comme Sybille qui a pu se retenir, ELLE !), la joie d’être en groupe, les petites bêtises, ceux qui se perdent en revenant au chalet, les veillées, la boum…

Ce texte a beau être écrit pour les jeunes, il n’en reste pas moins que l’enfant qui sommeille en nous se régale et lit le texte de bout en bout, sans s’arrêter. Car il faut quand même dire qu’il n’y a absolument rien de « nunuche » dans ce livre. Il est fort bien écrit et j’ai pris autant de réjouissance à sa lecture qu’en relisant un vieux Club des cinq ou un Clan des sept.

Un grand merci à l’auteur pour ce bon moment !

Extrait :

– Bon, donc vous êtes des grands, n’est-ce pas, reprend Cédric en appuyant sur le mot grands et en haussant exagérément les sourcils, ce qui n’empêche que pendant ce séjour vous êtes placés sous notre autorité à nous. Chez vous, vous avez tous des niveaux d’autonomie différents, mais ici, chacun devra faire un effort et s’adapter au groupe.

   Il égrène les règles une à une, des lits qui doivent être faits chaque matin avant de partir skier à l’organisation des douches en passant par l’obligation de demander la permission pour quitter le chalet, ne serait-ce que pour aller rendre visite à un frère ou une sœur chez les petits. Il nous parle aussi du respect des autres, de la violence, bannie sous toutes ses formes, et de la loi, la vraie, qui a cours ici comme à l’extérieur.