La douceur de l’anisette – Rosa Cortés

Hier, je vous ai présenté La petite fille sous le platane. Voici le deuxième volume de cette saga autobiographique. L’adolescente est toujours en Algérie. Les parents avaient fui le franquisme… ils se retrouvent confrontés à la guerre d’Algérie. Mais loin de se morfondre, la famille met en avant des leçons de vie : si on travaille, on y arrive. Et j’ai aimé ces moments de vie quotidienne où l’on a l’impression d’être avec la jeune fille, où l’on suit ses joies et ses peines et où elle ne prend conscience de tout cela qu’en 1962, lorsque ses parents partent de cette Algérie qu’elle a finalement appris à aimer.

Ces deux volumes ont été enrichissants en tous points. J’ai appris bon nombre de choses de façon très plaisante : des éléments socio-historiques, de la géographie… le tout ponctué par des sujets amenant à réfléchir. Je ne regrette vraiment pas cette lecture.

Encore une fois, merci aux Editions du Chèvre-feuille étoilée.

La petite fille sous le platane – Rosa Cortés

Une petite fille passe des jours heureux et insouciants dans sa petite ville natale, Polop, en Espagne. Du moins, c’est le regard enfantin car la réalité est tout autre. Son père, républicain, est prisonnier. À sa libération, il préfère fuir le franquisme et partir en Algérie. Sa femme et ses filles le rejoignent. Mais la petite fille vit plutôt mal ce déracinement…

J’ai aimé le style de Rosa Cortès qui, à travers un roman dans lequel elle puise bon nombre d’éléments vécus, nous fait partager l’histoire de ce village, les us et coutumes… mais également l’Histoire de l’Espagne à travers la guerre. Puis arrive l’Algérie et la difficile intégration dans un pays que l’on ne connaît pas.

J’ai pu retrouver également des passages faisant écho à ma propre enfance. Ainsi, la maison de l’enfant ressemblait à celle de mes arrières-grands-parents : « La maison, comme toutes les maisons du village, portait le nom du lieu où elle se trouvait située, c’est pourquoi elle s’appelait la Placeta. C’était une maison étroite, toute en hauteur, tarabiscotée, à l’angle de deux rues inondées de soleil donnant au sud et à l’est. Comme l’usage l’imposait, la porte en était tout le temps ouverte sauf quand la mère s’absentait » (p73). J’ai également retrouvé des résonances par rapport à mes autres arrières-grands-parents, espagnols, que je n’ai pas connus mais dont j’ai entendu parler, de leur arrivée non pas en Algérie mais en France pour fuir la misère.

Pour tout cela, je n’ai pu qu’apprécier cette lecture !

Je remercie les éditions Chèvre-feuille étoilée pour cette découverte.

La Burle – Paul Perrève

Paul Perrève [XXe-XXIe s / France ; Médecine] 85162096_p

Quatrième de couverture :

En Haute-Ardèche, les corps et les caractères, tout autant que le paysage, sont façonnés par la  » burle « , ce terrible vent hivernal qui glace jusqu’aux os. Sur ces terres superbes aux abords hostiles, Paul Perrève a exercé la profession de médecin généraliste pendant douze ans. Douze rudes années à parcourir les mauvaises routes des hauts plateaux, douze années éreintantes, rythmées par les naissances, les maladies, les accidents et les morts des habitants de ces fermes, de ces villages que Paul Perrève apprendra à connaître, à comprendre et, au fil des saisons, à aimer. Ce livre est un récit passionnant sous la forme du  » journal d’un médecin de campagne « , mais aussi un témoignage unique sur les hauts et les bas d’une vocation et une déclaration d’amour à ceux que la fortune a abandonnés sur le bord du chemin…

Mon avis :

À l’heure où l’on parle de désertification médicale, de raréfaction des médecins de campagne, ce petit bouquin, que j’ai découvert par pur hasard, tombe à pic. Ce n’est pas un simple roman, plutôt, comme l’annonce la quatrième de couverture, un « journal » dans lequel l’auteur ne cache absolument rien. Rudesse des éléments, des habitants parfois, tout est combiné pour écœurer le plus convaincu des disciples d’Hippocrate. Sauf, bien entendu, si, comme Paul Perrève, on a ce métier chevillé au corps et au cœur. Imaginez vous sortir en plein hiver vers minuit, lorsque souffle ce vent terrible formant des congères, que la route commence à se glacer sur des chemins qui n’ont du terme « route » que l’appellation, pour aller pratiquer un accouchement dans une ferme perchée dans ces hameaux perdus… Il faut avoir du courage mais aussi de l’humanité.

Dans cette sorte de roman autobiographique, il nous fait part de tous ses ressentis, sans rien nous cacher. Le médecin de campagne des années 60 était considéré comme le messie, de même que l’instituteur ou le curé. On comptait sur lui et il ne pouvait se dérober à ses responsabilités. On peut constater, à travers cet écrit, qu’il passait moins de temps à son cabinet que dans sa voiture, toujours par monts et par vaux, allant de ferme en ferme, quel que soit le temps.

Très agréable à lire, ce livre vous en apprendra beaucoup sur ce métier mais aussi sur ces habitants ruraux et sur leurs conditions de vie.

Maribas ou les balles bondissantes – Jean Yanaudel

Quatrième de couverture :

Emma et Dan ne vivent pas une comédie romantique.
Leur idylle est une série B.

Dan et Emma vivent en symbiose et se comprennent d’un seul regard.
Un regard échangé, c’est d’ailleurs ce qui leur suffit pour se lancer sur la piste du mystérieux Maribas, entré brusquement dans leur vie.
Les voilà embarqués dans des situations ubuesques teintées d’un soupçon de sciences occultes, d’un brin de légendes absurdes, d’une pincée d’érotisme, d’un tas de coïncidences et de beaucoup d’humour.

Mon avis :

Voici un bouquin complètement décalé ! Je ne saurais dire si ce sont les deux personnages qui sont complètement barrés ou si c’est moi qui n’ai pas compris grand chose mais je l’ai lu de bout en bout sans le moindre instant de lassitude. Le personnage, Dan, qui se retrouve face à un personnage qui lui ressemble, c’est un mélange entre Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde et le fameux « ceci n’est pas une pipe » de Magritte. C’est à la fois surréaliste et un brin ésotérique. Avec Emma, le tout devient diablement sensuel.

J’ai aimé les nombreuses références littéraires. On baigne dans l’univers d’Aloysius Bertrand et je retrouve cet auteur que j’aime beaucoup et dont on ne parle pas suffisamment. Bref, c’est complètement loufoque mais ai-je aimé ? Non, j’ai adoré !

Merci à Jean Yanaudel de m’avoir accordé sa confiance et d’avoir attendu ma critique.

La promesse à Elise – Christian Laborie

La promesse à Elise par Laborie

Quatrième de couverture :

1956, Saint-Jean-du-Gard, au cœur des Cévennes. Parmi ses élèves, Adèle Gensac, jeune institutrice, remarque Élise, dix ans, douce, brillante, mais muette. Et née de père inconnu. Lucie Rochefort, sa mère, assume parfaitement cette double singularité en dépit des ragots et des médisances. Une complicité s’établit peu à peu entre Adèle et Lucie, deux femmes dotées d’une indépendance d’esprit rare pour l’époque.
Un jour, l’institutrice se voit confier le journal intime d’Élise dans lequel sont consignés ses souvenirs les plus lointains. Terribles. Douloureux.
Quel mystère entoure la naissance d’Élise ? Quelle est la véritable histoire de Lucie ? Adèle va promettre à Élise d’apaiser ses tourments. Y parviendra-t-elle ?

Mon avis :

Une institutrice dans les Cévennes, cela ne pouvait que me plaire ! Adèle arrive, après-guerre, à Saint-Jean-du-Gard dont elle n’est pas originaire. Les gens sont méfiants mais Adèle est pleine d’enthousiasme. Elle se prend d’affection pour Elise, une jeune élève muette et ce qu’elle va découvrir de la vie de cette petite est terrible. J’avoue que je suis passée par tous les sentiments ! Ce livre est un vrai ascenseur émotionnel !

J’ai adoré la partie historique : la seconde guerre mondiale, les résistants et la vie pendant l’occupation. Christian Laborie n’a pas son pareil pour raconter des histoires en les mêlant à des contextes historiques ou sociétaux. Je l’avais déjà découvert dans Le goût du soleil et L’Enfant rebelle. Je confirme avec celui-ci.