En classe avec Anne Frank – Théo Coster

Traduit de l’anglais par Marie Boudewyn

Qui n’a pas lu le fameux journal d’Anne Frank, que ce soit dans son intégralité ou en extraits ? J’ai eu l’occasion, lors d’un voyage scolaire aux Pays-Bas, de pouvoir visiter la maison des Frank. Bon, certes au pas de course car les gamins que je surveillais faisaient la visite à un rythme effréné, mais quand même, c’est une visite qui marque. En voyant ce livre, je me suis dit que c’était l’occasion d’en apprendre plus sur cette histoire.

Theo Coster nous fait part de ses souvenirs. Il fait également appel à d’autres camarades de classe, rescapés, pour raviver la mémoire d’Anne Frank qui, au final, n’apparait que par petites touches successives. Elle est ainsi décrite par Hannah Goslar comme « irritante ! Une vraie mademoiselle Je-sais-tout »(P29). Il ressort d’elle un côté un peu excentrique, un caractère bien affirmé (« Anne s’est dressée contre ses parents, en particulier sa mère. » P89) mais également une certaine gaieté. Malheureusement pour elle, elle était dotée d’une santé bien fragile. Elle mourra du Typhus, tout comme sa soeur, Margot, au camp de Bergen-Belsen, en 1945.

J’ai trouvé ce livre très intéressant car il permet de mieux comprendre ce qu’ont vécu ces enfants, ces familles pendant la Seconde Guerre Mondiale. Je laisse le mot de la fin à l’auteur : « Il semblerait que peu de gens aient conscience aujourd’hui de ce à quoi ressemble la vie en temps de guerre et qu’il ne faudrait surtout pas qu’un autre conflit d’une telle ampleur éclate. » (P210-211)

Moi, Eva Braun – Chloé Dubreuil

Quatrième de couverture :

Elle s’appelait Eva Braun. La veille de son suicide, le 30 avril 1945, elle épousa l’homme pour lequel elle avait tout sacrifié et devint alors, pour quelques heures, Eva Hitler. Ce récit, écrit à la première personne, dévoile cette incroyable destinée, inextricablement liée à celle d’Adolf Hitler, le « Sauveur » de l’Allemagne, l’un des personnages les plus sinistres de l’Histoire de l’humanité. Au fil des mots, Eva se livre en toute spontanéité. Témoin privilégiée de ces folles années de l’entre-deux guerres, la « maîtresse maudite » du IIIe Reich nous entraîne de son enfance aux derniers jours de la Seconde Guerre mondiale, sans renier cet amour que l’on suit comme un fil rouge. « Cette histoire est la nôtre, Adolf. »

Mon avis :

Vous me connaissez, je suis passionnée par la littérature et l’Histoire. Et par rapport à cette dernière, j’aime me documenter sur toutes les périodes ou presque, sur tous les grands personnages, sympathiques ou sulfureux. Connaître pour mieux comprendre, connaître pour pouvoir en parler, tel est mon credo.

Chloé Dubreuil touche ici à deux personnages dont l’évocation reste difficile tant ils ont marqué l’Histoire : Eva Braun, d’un côté et, par son intermédiaire, Hitler. Je me suis toujours demandé comment elle avait pu l’épouser, surtout connaissant le contexte… et j’en avais déduit qu’elle devait être comme lui. Oui, je sais, c’est assez précipité comme avis ! Mais avouez que pour se lier à un tel personnage, il faut quand même avoir des convictions, du sang-froid et des neurones en moins. Ceci dit, en lisant ce roman, je me suis aperçue qu’il y avait autre chose. L’amour a véritablement été son moteur. Elle s’est entichée de ce petit bonhomme charismatique au point de tout accepter, de tout subir. Qu’on ne s’y méprenne pas, le livre ne la fait pas passer pour une victime non plus. Elle a pleinement conscience de ce qu’elle fait. Elle raconte ceci avec la même froideur que ce qu’aura été son parcours. On découvre, par son biais, comment se comportait son amant.

J’ai aimé la façon dont Chloé Dubreuil nous présente les choses. Se mettre dans la peau d’Eva Braun n’a pas dû être évident. Je suis toujours friande des autobiographies romancées qui nous font entrer ainsi dans la vie de ces personnalités beaucoup plus facilement qu’un livre d’Histoire. Et, bien que le personnage soit rebutant au premier abord, j’ai dévoré ce roman !

Les Rêveuses – Frédéric Verger

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Quatrième de couverture :

Mai 1940. Les armées de Hitler écrasent la France. Peter Siderman, un jeune Allemand de dix-sept ans engagé dans l’armée française, prend l’identité d’un mort pour échapper aux représailles. Prisonnier, il croit avoir évité le danger quand on lui annonce qu’on va le libérer et le reconduire dans sa famille. Comment sera-t-il accueilli chez ces gens qui ne le connaissent pas ?

Mon avis :

Le thème m’a de suite fait penser à une pièce de Jean Anouilh, Le Voyageur sans bagage, dans laquelle le personnage phare, Gaston, devenu amnésique à la fin de la première guerre mondiale, est réclamé par la famille Renaud. Ici, Peter n’est bien évidemment pas touché par des pertes de mémoire. Cependant, il se retrouve dans une famille qu’il ne connaît pas mais qui ne dit rien. Pourtant, bien qu’aveugle, la mère de celui-ci découvre, dès la première rencontre, qu’il ne s’agit pas de son fils. Les cousines garderont également le secret. Pourquoi ? Cet homme est un imposteur qui a pris l’identité de leur Alexandre et personne ne le dénonce aux autorités ? Je n’en dis pas plus…

J’ai apprécié ce roman qui non seulement est bien écrit mais qui nous tient en éveil de bout en bout. Oui, en éveil. Car on se prend presque de compassion pour Peter et, comme lui, on craint la délation. Frédéric Verger a su rendre l’atmosphère angoissante qui devait régner en ce temps-là et a fait en sorte que son histoire soit crédible. Vie de fugitifs, émotions exacerbées, tout y est !

Je vous recommande ce livre et je vais suivre cet auteur car son style m’a vraiment plu. J’ai vu qu’il avait écrit un autre roman, intitulé Arden, que je vais me procurer.

Je remercie Babelio ainsi que les éditions Gallimard qui m’ont permis de découvrir ce roman et son auteur.

Extrait :

Les papillons frissonnèrent, la vieille se redressa. Assise sur le lit, sa chevelure grise balançant, elle ouvrit les yeux. Ils fixaient dans le vide quelqu’un qu’elle était la seule à voir. Sa voix grinça, roulant les « r ».
« Jeune homme, puisque je montre que je ne suis pas morte, dites-nous qui vous êtes. » (P55)

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Le silence de la mer – J.P Melville (1949)

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Ce film est une adaptation de la nouvelle de Vercors ; nouvelle que je n’ai toujours pas lue, d’ailleurs alors qu’elle est dans ma bibliothèque depuis les calendes grecques puisque le livre appartenait à un membre de la famille. Les pages se décollent, c’est pour dire… Pourtant, ce bouquin ne m’a jamais attirée. D’abord par rapport à sa couverture (la même que sur l’affiche) et ensuite par rapport au titre qui m’est toujours apparu comme énigmatique. D’autant plus qu’avant d’en lire un résumé, je pensais qu’il y avait vraiment un rapport avec le monde maritime… et que ce n’est vraiment pas ma tasse de thé (de café pour moi, merci !).

Bref, pour en revenir au film de Melville puisque nous sommes là pour ça, c’est donc avec un regard tout neuf que je l’ai visionné. Mais je suis assez mitigée. Je ne sais pas s’il en est de même dans le texte de Vercors, mais il y avait des longueurs… Alors, bien sûr, des longueurs que j’imagine voulues (car il s’agit d’un officier qui a réquisitionné une chambre chez l’habitant et qui aimerait pouvoir converser avec ses hôtes (un grand-père et sa nièce), d’autant plus qu’il aime la culture française. Mais ces derniers refusent de lui adresser un regard, une parole). Cependant, j’étais au bord de l’ennui, attendant durant 90 minutes qu’il se passe quelque chose. Mais ce qui est fort tout de même, c’est qu’on ne se dit pas qu’on va arrêter et passer à autre chose. Pourquoi ? Parce que Melville est un as de la mise en scène, tout simplement !

Oui, je sais, je ne vous aide pas, là ! Le mieux étant de se faire sa propre opinion !