L’Île de la liberté – Jean-François Zimmermann

Quatrième de couverture :

Le Fortune est un navire de la Compagnie maritime hollandaise commandé par un pirate français humaniste, Olivier de L’Aubertière. Il rêve de fonder une république libre et égalitaire. Pour parvenir à ses fins, il lui faut des hommes, qu’il recrutera par un discours convaincant, et de l’argent, qu’il obtiendra en rançonnant des navires marchands.
Dans le même temps, Paul, sous couvert de sa soutane, intègre une expédition dans le but inavoué de s’approprier les richesses des mines d’or du sud de l’Afrique. Les deux frères tracent chacun leur route sans se douter que cela va les amener à se rejoindre en plein océan Indien…

Mon avis :

Je ne vous présente plus cet auteur dont je suis fan. Ce livre est en fait une réécriture de deux précédents ouvrages : La Rivière d’or et Libertas. Pourquoi une réécriture ? D’abord parce qu’un auteur n’est jamais satisfait de lui-même, ensuite parce qu’il est difficile de se séparer de ses personnages et enfin, parce que certains éditeurs le demandent.

Faire de deux romans une seule histoire, voilà un travail qui me laisse admirative car je ne sais pas très honnêtement si je pourrais le faire. Lorsque j’ai lu L’Île de la Liberté, je ne savais pas encore qu’il s’agissait de cela. Je pensais qu’il s’agissait d’un nouvel opus reprenant des personnages que j’aime tout particulièrement. Certains passages me parlaient mais sans pour autant avoir l’impression d’avoir déjà lu l’oeuvre. C’est vraiment réussi !

Bravo, très cher Jean-François, pour cet admirable travail. Si vous avez déjà lu les romans cités plus haut, n’hésitez pas, vous pouvez lire celui-ci sans problème.

Le Roi des Halles – Jean-François Zimmermann 📚

Quatrième de couverture :

1669. Forteresse de Pignerol. Un prisonnier rédige ses mémoires à destination de son neveu qui n’a jamais cru à sa mort dans un combat de Turcs. Contraint de porter un masque, personne ne connaît son identité, à part son geôlier. Il s’agit en réalité de François de V Vendôme, petit-fils d’Henri IV, duc de Beaufort, surnommé par les Parisiens « le roi des Halles » depuis ses exploits durant La Fronde.

S’il est emprisonné dans de telles conditions, c’est qu’il est détenteur d’un terrible secret, qui, s’il était dévoilé, changerait le cours de l’Histoire. Ainsi, transféré de prisons en forteresses, l’homme au Masque de fer ne retrouvera jamais la liberté après trente-quatre années de captivité.


Jean-François ZIMMERMANN, déjà auteur de Rendez-vous au pré-aux-clercs, n’a pas son pareil pour restituer l’Histoire dans ses dimensions les plus romanesques. Il livre ici une thèse parmi d’autres quant à l’identité réelle de l’homme au Masque de fer, savamment charpentée, habillement mise en scène et basée sur des faits réels. Nul besoin de connaître l’Histoire de France dans ses moindres détails pour apprécier la prose et le talent narratif de l’auteur.

Mon avis :

Pardon, très cher Jean-François, pour le temps que j’ai pu mettre à lire votre livre et, surtout, à en faire la critique. Je tenais cependant à le lire à tête reposée car c’est toujours un véritable enchantement pour moi de me transposer, grâce à vous, dans ce XVIIe siècle que vous aimez tant et que vous nous présentez de telle façon qu’on aurait aimé le connaître avant.

Comme beaucoup, je me suis posée des questions sur l’identité du fameux Masque de fer. Alors lorsque j’ai vu que ce nouveau roman était sur ce thème, j’étais en joie. Cependant, ne nous y trompons pas, il s’agit bien d’un roman, donc Jean-François Zimmermann a choisi dans l’Histoire le personnage qui, je pense, pourrait être le plus probable pour lui. Car notre romancier a effectué un lourd travail de recherches avant de laisser sa plume courir sur le papier. Ce Roi des Halles n’est autre que François de Vendôme, petit-fils d’Henri IV et cousin de Louis XIV. Il est ici en prison à Pignerol, de même que Nicolas Fouquet et Antonin Nompar de Caumont, duc de Lauzun. François de Vendôme intrigue car on ne connait pas son identité, et pour cause… celui-ci porte un masque. Fouquet n’aura de cesse d’en savoir un peu plus sur le mystérieux prisonnier de la tour d’en-bas.

– Monsieur Fouquet, nous sommes forts mécontents, et si j’insiste sur le « nous », vous devinez quelle personne j’associe à notre ressentiment, nous sommes fort mécontents, donc, que vous ne puissiez tenir bride à votre imagination, toujours aussi fertile, et surtout à votre langue. Les propos que vous tenez concernant le prisonnier de la tour d’en-bas sont dénués de tout fondement. Vous confiez à vos valets le fruit de vos élucubrations et ceux-ci s’empressent de les divulguer aux domestiques et aux soldats de la garnison qui, eux-mêmes, en font état dans la ville de Pignerol. (P59)

Comme d’habitude, je me suis régalée à la lecture de ce roman dont le poids (454 pages tout de même) est égal à la richesse de l’écriture. Se retrouver dans les pensées de ce fameux prisonnier que Jean-François Zimmermann fait vivre ici, est à la fois curieux et vivifiant. Lui faire rédiger ses mémoires – alors qu’on ne sait pas (le saura-t-on un jour ?) s’il s’agit vraiment de lui – tient du tour de force. Mais les connaissances de l’auteur, associées à son imagination sont toujours là pour faire de ses romans de véritables chefs-d’œuvre.

Rendez-vous au Pré-aux-Clercs – J.F Zimmermann

rendez-vous-au-pré-aux-clercs

Jean-François Zimmermann signe ici son 6ème roman avec ce Rendez-vous au pré aux clercs. Et quel roman ! Quelle claque ! Je l’ai dévoré ! Pourtant, vous le savez, je n’ai pas beaucoup de temps en ce moment (je vais revenir, hein, ne croyez pas vous débarrasser de moi comme ça !) mais il m’a été impossible de lâcher ce livre. Ceci dit, je n’en attendais pas moins car je sais que c’est toujours ce qu’il m’arrive en lisant une histoire concoctée par Jean-François. Oui, vous m’excuserez, je l’appelle par son prénom car nous nous connaissons un peu. Vous trouverez d’ailleurs ma photo avec ce dernier en première page de son site. D’ailleurs, Jean-François, je vous en remercie !

Bref, trêve de digression, revenons au roman et à son histoire. François et Raphaël sont les fils du comte Christophe de Courcelles. Ils sont jumeaux, du moins en apparence, et comme souvent au XVIIe s, ne sont pas maîtres de leurs carrières. L’aîné sera Mousquetaire du Roi et le cadet sera voué à la religion. Mais Raphaël, bien loin des ordres et de tous les sacrifices qu’impose une carrière ecclésiastique, ne l’entend pas de cette oreille. Une faille va se créer dans l’amitié fraternelle, d’autant plus qu’ils sont différents dans leur caractère mais aussi dans leur ambition politique…

La quatrième de couverture compare le style de Jean-François à celui de Dumas. Si je vous dis que je n’ai jamais réussi à lire l’auteur des Trois Mousquetaires alors que j’ai râlé de finir très vite (trop vite) ce texte… Vous comprendrez que sans flatterie aucune, je place le créateur des jumeaux au-dessus de Dumas. Oui, oui, j’ose ! D’ailleurs, en refermant cet opus, je me suis dit qu’il faudrait que je retente quand même de lire un des romans de cet auteur encensé par la critique.

En attendant, lisez Rendez-vous au pré aux clercs, je suis certaine que vous ne le regretterez pas.