Les Godillots – Olier / Marko

 Les Godillots - Olier / Marko 9782818922057

Quatrième de couverture :

C’est l’hiver dans les Vosges et la neige recouvre le nouveau cantonnement des Godillots, une usine désaffectée qu’ils partagent avec une unité de Corps Francs. Lors d’une altercation entre les deux troupes, Palette et Le Bourhis découvrent la preuve d’un acte de barbarie commis sur l’ennemi par un soldat de leur propre camp. Ulcéré et révolté, le bouillant capitaine Mougin veut aller restituer l’objet du délit aux autorités allemandes au-delà du Front. Ses hommes tentent le tout pour le tout afin de lui éviter le Conseil de guerre. Mais l’intransigeant commandant Desmonnier profite justement de cet instant pour lancer une inspection de détail de l’escouade. 

Rude journée pour nos Godillots ! 

Mon avis :

Ce qu’il y a de pratique avec cette petite série (je dis « petite » car, pour l’instant, elle ne compte que deux tomes), c’est que chaque album peut se lire indépendamment. Très pratique donc, surtout pour moi qui n’avais, vous l’aurez compris, pas lu le précédent, ne sachant même pas qu’une telle bande dessinée existait. Basée sur un fait réel, elle relate une anecdote tout en la fondant dans l’Histoire. Il faut dire que les auteurs se sont appuyés non seulement sur des documents d’époque mais encore sur un historien spécialiste de cette période, Jean-Yves Le Naour. Voilà un gage de sérieux qui fait de cet album quelque chose d’à la fois ludique et pédagogique. La mise en scène des personnages et du décor est extraordinaire. Mordante et drôle, l’histoire relatée permet d’en apprendre un peu plus sur ce conflit mondial et, plus précisément, sur le quotidien de nos poilus. Le petit dossier situé à la fin de ce tome permet de comprendre toute la finesse des dessins ainsi que le désir de mettre en exergue la réalité du terrain. Je ne connaissais pas l’anecdote en question (l’histoire d’une oreille coupée appartenant à un allemand remise, par un soldat français, à l’ennemi, pour ne pas désavouer l’armée française) et cela m’a permis de faire des recherches plus approfondies.

Si vous voulez voir un petit extrait, je vous conseille de cliquer ici.

Bécassine – Émile-Joseph-Porphyre Pinchon

Bécassine -  Émile-Joseph-Porphyre Pinchon Image

Quel plaisir de retrouver ce vieil album ! Cette pauvre Annaïck Labornez a bien été ridiculisée ! Bon, bien évidemment, il y a cette chanson d’une chanteuse pour enfants que je ne nommerai pas… Et ne faites pas semblant de ne pas savoir de qui je parle, je suis sûre que vous êtes en train de chanter à tue-tête le refrain !!! 

Née à Clocher-les-Bécasses, cette petite bretonne va causer du tort à ses parents dès sa naissance. En effet, elle n’a qu’un tout petit nez, grave offense pour la famille ! D’autant plus que sa cousine, Marie Quillouch, en avait un gros, elle. Et la rivalité entre les deux familles était notoire. Vous imaginez un peu les noms d’oiseaux qui furent balancés à la tête des deux gamines, ou plutôt des géniteurs ! 

Cette bande dessinée ne contient pas de phylactères. L’histoire est racontée, au fur et à mesure et les dessins servent à l’illustrer. On apprend ainsi quelques coutumes bretonnes. Cette BD contient également une morale car cette pauvre petite, affublée de ce ridicule surnom par son propre parrain, est souvent défendue. La méchanceté des autres est d’autant plus mise en relief. Un beau message pour les enfants qui, à l’époque, lisaient cet album.

Bécassine -  Émile-Joseph-Porphyre Pinchon Image
Bécassine -  Émile-Joseph-Porphyre Pinchon Image

Six-Coups – Anne-Claire et Jérôme Jouvray

En premier lieu, merci à Belette de m’avoir fait connaître cette BD. Je ne suis pourtant pas amatrice du Far-West mais là, ce n’est pas la même chose… D’abord parce que les personnages principaux sont des enfants, ensuite parce que j’aime beaucoup la façon dont cela est dessiné.

Dans le premier tome, le jeune Eliot, dix ans, reçoit un revolver pour son anniversaire. Ce cadeau, venant de son père, fait plus plaisir à celui-ci qu’à son rejeton, qui déteste les armes. Il faut dire que le papounet est le shérif de la ville. Celui-ci va l’entraîner et découvrir qu’Eliot tire à la perfection. Inutile de vous dire qu’il ne va pas le lâcher et que sa fierté a fait un bond puissance mille. Ce revolver va également faire plaisir à l’amie du garçonnet, Bianca. Le duo Bianca-Eliot me fait penser à Tom Sawyer et Huckleberry Finn. La fillette est sale, elle passe son temps dans la forêt avec lardon, son cochon (j’adore !), et est un vrai garçon manqué. Quand elle voit le revolver d’Eliot, elle ne peut pas s’empêcher de le tester… ce qui va entraîner toutes les péripéties de l’album.

Une fois le tome 1 fini, j’ai enchainé aussitôt avec le 2ème. Eliot est monté en grade : son père l’a nommé shérif-adjoint. Et ses déboires ne vont pas s’arrêter là puisqu’un certain Johnson, riche homme d’affaires, va venir s’installer en ville et ouvrir un magasin d’armes. Mais en bon commerçant, il va inonder la ville de sa camelote et armer jusqu’aux enfants…

J’ai trouvé ces deux albums très intéressants. Au-delà de l’humour et de la fraîcheur des personnages et des dessins, les thèmes abordés sont non seulement importants mais encore d’actualité : la maltraitance des enfants, le port d’armes, les commerçants véreux…

À lire absolument !

Le Concombre masqué – Mandrika

Bretzel Liquide ! Kés’keucé ? Vazyléon ! Cela ne vous rappelle rien ? Mais oui, il s’agit bien du fameux concombre masqué ! Entre nous, il fallait quand même avoir l’idée de mettre un légume en tant que héros ! Et si le vrai est quelque peu insipide, celui-ci ne manque pas de piment. Personnage atypique, et pour cause, il habite dans un cactus-blockhaus et regarde la télédérision. Le journaliste Boff (j’adore la symbolique des noms) fait sa connaissance et va vite découvrir que le cucumis sativus (nom scientifique du concombre. Ça en jette, hein ?!!!) est particulier. Avec un vocabulaire bien à lui, un caractère bien trempé dans la vinaigrette, il transforme n’importe quelle situation en franc moment de rigolade (pour le lecteur bien sûr). Cet album ne manque pas de sel (promis, j’arrête).

Et ça m’a rappelé mon enfance, lorsque j’ai découvert ce personnage atypique dans Pif Gadget, si je ne me trompe pas.

Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille d’aller voir ce site.

Nains (tome 1) – Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux

Tome 1 : Redwin de la Forge

– Comment me suis-je retrouvée à lire cette BD, Monsieur le Commissaire ? Je n’en sais rien ! Ça m’a pris comme ça, une impulsion !

– Et depuis quand les BD de ce genre vous intéressent-elles, vous qui avez été élevée aux Astérix, aux Tintin et autres Léonard Génie ?

– Tout est de la faute de Cannibal Lecteur !

– Hannibal Lecter ? Mais que vient faire cet assassin dans l’histoire ? dîtes-donc, vous ne vous moqueriez pas de moi par hasard ? Va falloir se mettre à table ma petite dame, et vite !

– Cannibal, pas Hannibal ! C’est un site tenu par une certaine Belette…

– Vous êtes sous l’emprise de quelque chose, ma parole ! Une belette, maintenant ! Et c’est aussi la marmotte qui met le chocolat dans le papier alu ? Bon, allez, on reprend tout depuis le départ : papiers d’identité, permis d’écrire, NFS-chimie-iono… Dépêchons, il y a Urgences !

– Ah, vous connaissez vous aussi cette série !

– Ça suffit maintenant ! Vous allez tout nous avouer où je vous boucle pendant trois jours !

– Oh, ça va, pas besoin de s’énerver ! Belette a fait paraître la critique du tome 13 dernièrement. Et elle m’a menacée de me donner une fessée (c’est interdit, ça, commissaire, hein ?) si je ne lisais pas cette BD. Je l’ai donc fait et j’avoue à ma grande surprise que les aventures de ce jeune Redwin, le fils du forgeron (clin d’oeil au sketch des Inconnus… comprenne qui pourra), m’ont plu.

– Vous m’en direz tant !

– D’abord pour l’atmosphère et les lieux : on ne sait pas quand ça se passe mais cela pourra très bien être pendant la période médiévale. Puis vient se mêler un peu d’ésotérisme avec les runes et de fantastique dans la création des tranchoirs. Vous allez dire que je délire avec mon Moyen Âge mais après tout, Durendal était enchantée elle aussi, non ?

– Je ne sais pas si elle était enchantée mais vous, on peut dire que vous en tenez une sacrée couche !

– C’est bien pour ça que je suis copine avec Belette !

– Sortez !