Le Tartuffe – Molière/Michel Fau

Ce n’est un secret pour personne, j’aime les pièces de Molière. J’entends souvent dire qu’elles sont « un peu légères », pourtant, il n’en est rien et il suffit de les regarder d’un peu plus près pour y trouver de nombreuses dénonciations.

Tartuffe est, à mon sens, le texte le plus audacieux de notre dramaturge. Il fallait avoir bien du courage à cette époque pour toucher à la religion ! J’ai regardé récemment la mise en scène de Michel Fau. Que du beau monde : Michel Bouquet, Nicole Calfan, Christine Murillo, Michel Fau… je me préparais donc à une soirée bien agréable…

Pourtant, il n’en fut rien et disons-le de suite : je n’ai pas du tout aimé ! Si le texte de Molière était respecté, les comédiens le déclamaient de manière très inégale. A tel point qu’il fallait avoir une oreille bien aiguisée pour comprendre certaines tirades. J’ai apprécié la prestation de Michel Bouquet dont c’était, malheureusement la dernière pièce. Jouer avec autant de conviction à 92 ans, cela force le respect. J’ai beaucoup aimé également Christine Murillo dans le rôle de Dorine, dame de compagnie de Mariane, insolente à souhait. Mais pour le reste… Pourquoi avoir fait de Mariane une jeune fille à moitié cinglée, de Valère un idiot ou de Damis une sorte de gothique tranchant avec le reste des personnages ? Je sais que Michel Fau aime le baroque mais là, c’est trop pour moi. Ensuite, rester quasiment dans le même décor (une église) provoque une certaine lassitude. L’arrivée sur une statue équestre de l’amant de Mariane provoquait plus le rire que le sérieux. En parlant d’invraisemblance, la fameuse scène où Orgon est caché sous la table est transformée. Certes, il a fallu s’adapter et je conçois bien le fait qu’il était impossible de faire s’agenouiller pendant de longues minutes Michel Bouquet, mais l’installer sur une chaise devant un autel pendant que Tartuffe et Elmire sont derrière, ne rend pas la scène réaliste. À tout moment il pouvait être vu. Enfin, les comédiens étaient bien trop statiques. Celui qui n’a pas lu la pièce ne peut pas comprendre les relations entre les personnages (un membre de mon entourage n’a rien compris à la pièce).

Autant j’ai aimé Michel Fau dans Fleur de cactus, autant j’ai été déçue cette fois. Tant pis ! Certains ont apprécié et comme le dit le dicton, « les goûts et les couleurs ne se discutent pas ». Ce n’est rien d’autre que mon ressenti.

Cette mise en scène entre dans le challenge Les adaptations littéraires 

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Marie des poules, gouvernante chez George Sand – G. Savoisien

Lorsque la jeune servante Marie Caillaud arrive, à 11 ans, aux services de la Dame de Nohant, elle est loin de s’imaginer que cela va bouleverser son destin. Sand va lui apprendre à lire, elle la fera jouer dans ses pièces… La petite « Marie des poules », surnommée ainsi parce qu’elle s’occupe du poulailler et pour ne pas la confondre avec l’autre Marie, la cuisinière, va également s’épanouir auprès de Maurice, le fils de la maison. Mais sa condition l’empêche de l’épouser…

Quelle admirable pièce ! J’ai été littéralement happée pendant plus d’une heure ! Pourtant, ce n’était pas gagné ! En effet, une scène minimaliste avec seulement deux acteurs m’engageait peu à la visionner. Mais le jeu de scène de Béatrice Agenin, tour à tour Marie et George m’a époustouflée ! Elle incarnait à la perfection ces deux femmes. Quant à Arnaud Denis, il a bien laissé paraître le côté rustre, misogyne, de Maurice. J’avais juste envie de lui coller une baffe (à Maurice bien sûr, pas au comédien !).

Je ne connaissais pas l’histoire de cette jeune domestique et cela m’a donné envie d’aller me renseigner.

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Cette pièce entre dans le challenge Les adaptations littéraires car Solange Dalot a écrit l’histoire de cette jeune servante dans un livre intitulé Marie des Poules : Marie Caillaud chez George Sand

Par le bout du nez – M. Delaporte & A. De La Patellière

Lorsque le Président de la République est à quelques heures de faire son discours et qu’il développe soudain une démangeaison nasale l’empêchant de parler sous peine d’avoir le visage déformé, et donc d’être ridicule, c’est le drame ! Son dernier recours est un psychiatre renommé… Arrivera-t-il à découvrir à temps de quoi souffre le représentant de l’Etat ?

J’avais un peu peur que cette pièce soit lassante puisqu’il n’y avait que deux acteurs sur scène. Mais François Berléand et Antoine Duléry incarnent tellement bien leurs rôles respectifs du médecin et du Président que je n’ai pas vu passer le temps. Bien sûr, il y a beaucoup moins d’actions que dans un vaudeville mais c’était fin, humoristique. On sentait, au niveau des personnages, la tension : l’homme politique qui veut s’imposer et le médecin qui tente de faire comprendre son diagnostic.

À voir et à revoir !

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Cette pièce, tirée du livre éponyme de Matthieu Delaporte, Alexandre de La Patellière, et Ramon Madaula (2020) entre dans le challenge Les adaptations littéraires. 

Amis – comédie de David Foenkinos et Amanda Sthers

Lorsque Serge déboule dans la vie de Pierre, ce dernier a l’impression que tout s’écroule ! Imaginez un peu quelqu’un vous annonçant qu’une application vous a sélectionné pour être son meilleur ami… et que cette personne s’accroche à vous comme une moule à son rocher en vous citant des moments de votre vie tout en vous faisant du chantage ! Vous auriez l’impression d’être dans un cauchemar ! C’est exactement ce que ressent Pierre…

J’ai vraiment passé du bon temps devant cette pièce (passée à la télé) ! Kad Mérad, Claudia Tagbo et Lionel Abelanski sont parfaits dans leurs rôles respectifs de Pierre, Martine sa femme et Serge. La mise en scène de Kad Mérad est drôle. Cette pièce donne également à réfléchir sur tous ces sites de rencontres, réseaux sociaux etc. qui peuvent gâcher une vie. L’amitié prend également tout son sens ici.

Bref, voilà une comédie pleine d’humour et de profondeur !

Qui est monsieur Schmitt ? – Sébastien Thiery/Jean-Louis Benoît

Jean-Claude Bélier s’apprête, avec son épouse, à passer à table lorsque le téléphone sonne. Le téléphone ? Mais ils n’ont jamais été abonnés au téléphone. Madame ne sait pas non plus d’où sort cet objet. En regardant bien, ils découvrent que tout a disparu, les livres ne sont pas les leurs, jusqu’au tableau sur le mur. Jean-Claude veut téléphoner à la Police mais même les numéros ne correspondent plus. Que faire ? Partir ? Ils sont enfermés…

Vous l’avez compris avec mon petit résumé, on est dans une situation kafkaïenne. Les maîtres de l’absurde auraient applaudi cette pièce ! Stéphane de Groot et Valérie Bonneton incarnent à merveille ce couple. ll faut aimer l’humour noir, Ionesco, Kafka ou Buzatti pour savourer cette pièce. J’ai adoré !

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Cette pièce entre dans le challenge Les adaptations littéraires.