Le Château de ma Mère – Yves Robert

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J’ai profité d’une rediffusion à la télé pour regarder à nouveau ce film et, comme d’habitude, je me suis régalée. Pourtant, je connais les textes de Pagnol presque par cœur et ce n’est pas la première fois non plus que je visionne ce film. Mais c’est frais, on se plonge avec délice dans les collines, en écoutant les cigales et l’accent chantant…

Pour ceux qui ne connaitraient pas l’histoire (il y en a ?), je vous fais un rapide résumé : Les Pagnol passent leurs vacances dans la maison des collines, sur les hauteurs de Marseille. Tout le monde s’y sent bien, à tel point que la famille va s’arranger pour y aller chaque fin de semaine. Mais il faut 4h à pied (aller-retour). Joseph, Le père de Marcel, instituteur, rencontre un jour un ancien élève, « Bouzigue ». Celui-ci, employé du Canal, leur donne la clé qui leur permettra de longer celui-ci et de ne mettre plus qu’une vingtaine de minutes. Mais pour cela, ils vont devoir passer sur des propriétés privées…

Si ce film sent le thym, le romarin, bref, les vacances, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une autobiographie scénarisée et qui dit autobiographie dit également événements malheureux. Pagnol ne nous épargne rien et le sourire du départ va laisser place à quelques larmes à la fin. « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants ». Ces paroles, prononcées par Jean-Pierre Darras, la voix du Marcel plus âgé, laissent à réfléchir.

Le Clan des Siciliens – Henri Verneuil

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Que rêver de mieux que d’avoir les trois grandes gueules du cinéma français réunies dans le même film ? Et quel film, mes aïeux ! Un excellent polar bien ficelé tiré du livre d’Auguste Le Breton et mis en scène par Henri Verneuil… on ne pouvait qu’aimer !

Roger Sartet, joué par Delon, s’échappe de prison avec l’aide de la famille Malanese dont le patriarche, Vittorio (Jean Gabin), est un mafieux de première. Évidemment, entre truands, on ne s’aide jamais pour rien. Sartet va proposer, en échange, le cambriolage d’une collection de bijoux devant être transférée de la galerie Borghèse à New-York. Ils vont devoir déjouer l’attention du commissaire Le Goff (Lino Ventura) qui traque sans merci l’évadé.

Comme souvent avec ces bons vieux films, je me suis régalée. Certes, les Monstres sacrés y sont pour quelque chose, mais il faut bien avouer que la réalisation est magistrale. Ça n’a pas vieilli, c’est toujours aussi plaisant à regarder, les réparties écrites par José Giovanni sont savoureuses (« Dans le domaine du moindre risque, je ne vois que le bilboquet ou le cerceau » / « Ah, il est trois heures du matin à New York ? Eh oui, vous pouvez pas vivre comme tout le monde !»). Il n’y a aucun temps mort et, cerise sur le gâteau, la musique d’Ennio Morricone vient mettre en relief l’atmosphère du clan sicilien. 

Vous êtes toujours là ?

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Je vous mets la bande-annonce :

Léviathan – Andreï Zviaguintsev

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Le Léviathan est connu dans la mythologie pour être un monstre. Il apparaît également dans la Bible. Il s’agit d’un énorme serpent de mer et, de ce fait, on peut le voir de façon métaphorique comme des forces invisibles créées par un regroupement, une association d’individu.

Andreï Zviaguintsev va ainsi intituler son film pour désigner la corruption de l’Etat.  Son personnage, Kolia, rappelle celui de Job dans la Bible. Kolia habite dans une maison qu’il a construite de ses propres mains près de la mer de Barents. Il fait l’objet d’une procédure d’expropriation mise en place par le maire qui voudrait récupérer le terrain afin d’en faire, apparemment, un centre de télécommunications. Mais Kolia est attaché à ce lieu où ont vécu son grand-père et son père. Il fait appel à son ami, Dmitri, avocat, pour essayer d’obtenir une somme plus importante que celle proposée. Mais il va se heurter à des obstacles, privés et publics…

Le réalisateur a mis en scène un fait divers. Cependant, il montre de façon admirable l’association Etat/Eglise, association puissante contre laquelle un homme seul ne peut rien. Le maire, ici, a du sang sur les mains mais il est appuyé par le chef de la police, madame le Procureur, la juge, l’évêque… bref, tous ceux qui détiennent une certaine puissance. Zviaguintsev met également en relief la trahison, souvent amenée, justement, par la perspective du pouvoir.

J’ai vraiment apprécié ce film tourné de façon admirable. Cet homme se battant, seul, dans un univers glauque, luttant pour sa liberté, ne peut qu’avoir notre empathie.

Canicule – Jane Harper

CaniculeJaneHarper

Quatrième de couverture :

Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés.

Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste :

Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles…

Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu’il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu’un a décidé que le moment est venu de la payer…

 

Mon avis :

J’avais vu passer ce livre sur le blog de Belette, The Cannibal Lecteur. Et je dois bien avouer que j’ai passé quelques bonnes heures de lecture ! Ce roman m’a fait cet effet :

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C’est vous dire ! Alors, de quoi ça parle (pour ceux qui n’aiment pas lire les quatrièmes de couverture) ? Le Sud-Est de l’Australie fait face à la canicule depuis deux ans. Pas le moment de demander si quelqu’un a du feu ou de faire un barbecue ! Pas le moment non plus de titiller les gens qui ont les nerfs à fleur de peau ! Au point de dézinguer toute sa famille ? Il semblerait en tous les cas ! Car dans la famille Hadler, on réclame la carabine ! Luke aurait ainsi tué sa femme, Karen, et son fils, Bill avant de se tirer une balle en pleine poire. Pourquoi a-t-il laissé Charlotte, le bébé, en vie ? Mystère ! C’est son ami d’enfance, Aaron Falk qui va enquêter. Cependant, celui-ci n’est vraiment pas le bienvenu. En effet, il y a des années en arrière, une jeune fille, Ellie, avait été retrouvée noyée. Celle-ci, côtoyait les deux garçons et tout accusait Falk. Querelle d’amoureux ayant mal tournée ? N’avait-il pas supporté qu’elle choisisse Luke ? Pourtant, ce dernier avait toujours dit qu’ils étaient, Aaron et lui, à la chasse aux lapins. En voyant le carnage de sa famille, Luke n’aurait-il pas été capable de ce meurtre en sachant qu’elle tournait autour de son copain ? Deux enquêtes étroitement imbriquées dans ce trou paumé où chacun fait sa loi…

Ce roman est aussi aride que des champs de maïs brûlés par le soleil ! On se met tour à tour dans la peau des personnages, on pousse la porte du bar pour éviter la déshydratation, on essaie de comprendre ce qu’il s’est passé… et on se prend un bel uppercut au final ! Eh bien moi, je dis BRAVO !

 

Extrait :

La lumière accueillait peut-être Luke Hadler quand il rentrait chez lui le soir, mais quelque chose d’autre inhérent à cette communauté malheureuse, désespérée, s’était immiscé à travers cette porte d’entrée dans sa maison. Et ce quelque chose avait été suffisamment puissant, malveillant et funeste pour éteindre cette lumière à jamais.

Tchao Pantin – Claude Berri

Tchao-Pantin

Tchao Pantin est sorti en 1983… il y a 34 ans déjà, voilà qui ne nous rajeunit pas ! Je n’avais vu ce film qu’une seule fois et il ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Il est repassé dernièrement à la télévision. Je me suis dit, « tiens, pourquoi pas ? » Peut-être trouverai-je ce qui m’a manqué à l’époque ?

Coluche joue le rôle de Lambert, un pompiste de nuit paumé qui passe plus son temps à boire et à fumer qu’à travailler. Il faut dire que les clients n’ont pas l’air non plus de se bousculer. Une nuit, il voit débouler Youssef (joué par Richard Anconina), petit délinquant qui évite comme la peste les patrouilles de police. Lambert se lie d’amitié avec ce jeune qu’il doit certainement considérer comme son fils (le sien est décédé d’une overdose, ce qui explique son état dépressif). Mais comme la chance n’est pas avec lui, il voit le trafiquant se faire abattre sous ses yeux. Un règlement de comptes… On devine aisément la suite, le pompiste va essayer de le venger, d’autant plus qu’il s’agit d’un ancien flic.

Résultat ? Non, toujours pas… J’ai retrouvé les longueurs qui m’avaient ennuyée déjà il y a plus de 30 ans. J’ai quand même regardé le film jusqu’au bout, ce qui est la preuve que ce n’est pas complètement raté mais je trouve quand même dommage, vu le scénario (bon, d’accord, il n’est pas nouveau non plus), que ça ne bouge pas plus.