Tue-moi – Chloé Dubreuil

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Quatrième de couverture :

Dans un champ de blé, un bébé vient de naître, sa mère à ses côtés, morte, une statuette de bois dans sa paume entrouverte. Le nouveau-né est découvert, recueilli, aimé par un couple de saltimbanques. Enfant devenu femme avec le drame de sa naissance pour obsession, Zahra part à la recherche du père, celui qui n’était pas là. Un père, devenu l’objet d’une valse entre amour et déraison ; objet d’une quête originelle nécessaire, pour une rencontre, ultime…

 

Mon avis :

Chloé Dubreuil sort des sentiers battus en nous présentant ce livre, à mi-chemin entre roman noir et thriller. Nous ne sommes pas ici dans quelque chose d’historique.

Le titre peut déjà nous faire concevoir une histoire peu banale… et les gros nuages sur la couverture sont symboliques de tout ce qui peut venir obscurcir une vie, ce qui est bien le cas ici.

Lorsqu’une famille de nomades découvre dans un champ une femme morte en couches et son bébé à côté, leur instinct familial les pousse à adopter cette petite chose qui n’a rien demandé et qui commence sa vie ainsi, dans la boue. Là encore, on pourra y voir un présage. Mais comme souvent chez les enfants adoptés, la recherche de ses racines est plus forte que tout, quitte à détruire…

J’ai lu ce livre sans m’arrêter, ou à peine. On peut dire que Chloé Dubreuil sait ménager les élèves le suspense. On souffre avec la famille adoptive, avec Zahra. On veut savoir nous aussi, coûte que coûte. Je ne m’attendais pas du tout à ce dénouement, qui m’a laissé un sentiment de malaise car, sans rien dévoiler, on peut dire qu’il est peu conventionnel (ouf, heureusement !), que ce soit dans la vie réelle ou dans les habitudes que nous avons lorsque nous lisons un roman de ce type.

Tout ceci vous intrigue ? Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire…

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Ne dis rien à papa – François-Xavier Dillard

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Quatrième de couverture :

Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visions imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au cœur d’images qu’elle voudrait tant oublier… À n’importe quel prix…

Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Mon avis :

Tout d’abord un grand merci à Babelio et son opération Masse critique, aux Éditions Belfond et à l’auteur pour ces heures de lecture très plaisantes…

Plaisantes certes mais waouh, angoissantes également !  Amateurs de sensations fortes, ce livre est fait pour vous ! En revanche, si vous êtes à la recherche d’un médecin… ben… euh, vous risquez de l’attendre longtemps ! Parce que les médecins, dans ce bouquin, tombent comme des mouches. Fallait pas augmenter les tarifs ! Les petites natures victimes sont torturées et les sévices subis en ferait pâlir Vlad, le chic type qui empalait les gens à la vitesse de l’éclair (oui, bon, ça va, on a le droit de faire une petite touche d’humour quand même, non !). Bref, si votre toubib met du temps à répondre, allez voir à la cave s’il n’est pas ventilé façon puzzle.

Bien, bien, bien, mais quel est le rapport avec Fanny, cette mystérieuse mère de famille qui a imposé à son mari de ne jamais lui demander de raconter son passé et dont l’un des mioches a l’air d’être inspiré par le personnage de Massacre à la tronçonneuse ? Et vous pensez vraiment que je vais vous le dire ?

Allez, hop, on note précieusement ce livre sur sa liste ! Oui, oui, je sais, la PAL va s’écrouler…

Le Manoir des sortilèges – Serge Brussolo

Quatrième de couverture : 

Gilles, un jeune écuyer, voit mourir son maître au cours d’un tournoi. Devenu la propriété du vainqueur, le voilà dès lors contraint de servir un étrange chevalier à l’armure couverte de rouille, et dont personne n’a jamais vu le visage. Ce baron maudit serait-il lié aux enlèvements d’enfants qui terrorisent la contrée ? Peu après, ce maître mystérieux accepte une mission : retrouver, au cœur d’un manoir perdu dans les forêts du Ponant, un grimoire de sorcellerie dont la possession confère des pouvoirs maléfiques. Commence alors pour l’écuyer un dangereux voyage, qui va lier son sort à celui d’un monstre et l’entraîner aux confins de la peur. 

Mon avis :

J’avais déjà apprécié cet auteur dans Dortoir interdit et je l’ai découvert dans un autre registre : le suspense médiéval. Eh bien, vous avez intérêt à avoir deux ou trois heures devant vous si vous mettez le nez dans ce bouquin mettant en scène des sortilèges et autres superstitions car vous n’en sortirez pas avant de l’avoir fini.  Le livre est aussi envoûtant que l’histoire ! C’est avec brio que Brussolo reprend des lieux communs en les mettant, avec tout le talent dont il sait faire preuve, dans un contexte à la fois chevaleresque et religieux. Et si ce texte séduit autant, c’est qu’il donne également des clés pour arriver à comprendre les tours de sorcellerie de l’époque. 

Un livre qui se lit aisément et quelques heures agréables… que demander de plus ? 

Extrait :

– Tu seras en service commandé, martela-t-il. Tu seras le bras armé de l’Église. Qu’importe le sang de quelques vilains quand il s’agit de faire obstacle aux manigances du Malin ! Je vais te remettre un parchemin stipulant que tu agis Ad Majorem Dei Gloriam. Si, par malchance, on t’emprisonnait au cours de ton périple, n’hésite pas à le montrer. Ta mission est trop importante pour qu’on puisse prétendre te contraindre à respecter la loi des hommes. Avec ce sauf-conduit, aucune accusation, si grave soit-elle, ne pourra te mener au cachot. Quant aux innocents qui tomberont sous tes coups, je prierai pour eux, ne t’en soucie pas, leur âme est dans de bonnes mains.

 

Le collectionneur de sons – Anton Holban

Rien n’est plus difficile que d’écrire une critique sur un recueil de nouvelles, à moins d’en faire le résumé de chacune. Mais c’est quelque chose qui ne me plaît pas vraiment. A quoi bon essayer de condenser quelque chose qui, déjà, est court ? Non, je préfère de loin m’intéresser au style de l’auteur.

Inutile de se mentir, je ne connaissais pas Anton Holban et je pense que je n’en aurais jamais découvert l’existence si sa traductrice, Gabrielle Danoux, n’avait pas eu la gentillesse de le porter à ma connaissance. Et, en toute honnêteté, je serais passée à côté d’un écrivain de talent. Si, comme moi, vous aimez les auteurs du XIXe siècle, alors vous serez conquis par celui-ci. Non pas qu’il appartienne à ce siècle (il est né en 1902 et mort en 1937) mais je rapproche sa plume d’un Flaubert, d’un Stendhal ou d’un Balzac. La quatrième de couverture le compare à Proust. Ce n’est pas faux, effectivement. Même richesse d’écriture, mêmes procédés d’analyse psychologique des personnages, même poésie… D’ailleurs, la première nouvelle s’appelle À l’ombre des jeunes filles en fleurs, cela ne s’invente pas !

Un grand bravo pour la traduction car je me dis que cela n’a pas dû être facile de rendre d’une manière aussi éloquente les figures de style employées.

Extrait : 

Le cerisier s’est élancé, s’est enroulé pour s’ouvrir ensuite, frêle et gracieux comme une ballerine. Ses fleurs roses ont dansé et un bras s’est allongé jusqu’aux cimes, deux pétales tremblotant comme les ailes d’un oiseau. (P17 / À l’ombre des jeunes filles en fleurs).

Le Père Noël est une ordure – Jean-Marie Poiré

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J’en parlais dernièrement dans mon billet sur La Cité de la peur en parlant des films cultes et… je m’aperçois avec horreur que je n’ai jamais fait la fiche !

franquin-dargaudBen oui, je sais bien Gaston, c’est un scandale !

Ai-je besoin de vous faire un résumé de l’histoire ? Oui ? Bon, mais très rapide, hein ! Disons que les deux bénévoles de l’association SOS Détresse Amitié vont recevoir, le jour de Noël, des visites et appels inattendus.

Le film, sorti en 1982, est une adaptation de la pièce de théâtre (1979). J’avoue préférer le film, même si j’aime la pièce. Il faut dire que le passage où Josiane Balasko, alias Madame Musquin, est coincée dans l’ascenseur, n’apparaît pas dans cette dernière. D’ailleurs, si vous regardez bien, il y a quelques différences entre les deux. En même temps, c’est aussi ce qui fait l’intérêt de les regarder. J’avoue que la patronne BCBG soufflant dans la trompette en plastique qu’elle devait offrir à son neveu pour prévenir que l’ascenseur est bloqué ou utilisant le jouet-tournevis pour essayer de démonter le panneau de commande, me fait toujours rire.

Bon, et puis il y a bien sûr Pierre et son cochon, Thérèse et son pull serpillère, M. Preskovitch et ses doubitchous, Zézette et sa façon bien à elle de parler ou de répondre au téléphone, le travesti appelé Charles Bronson, l’homme au téléphone… et Félix, jouant le rôle d’un père Noël pour arrondir ses fins de mois…

C’est bientôt Noël, non ? Ça ne vous tente pas ?

Le Choix d’Estéban – Martine Hermant

Martine Hermant

 

Quatrième de couverture : 

Alors que l’avenir s’annonce sous les meilleurs auspices pour Estéban, avec ses promesses de réussite professionnelle et des projets de mariage, celui-ci ne parvient pas à s’y engager avec sérénité, entravé depuis l’enfance par un sentiment d’irréalité. Marianne, son ancienne amante, va lui révéler le secret de ses origines avant de l’aider à explorer sa seconde nature. Estéban parviendra-t-il à déterminer où se situe pour lui le meilleur choix ?

 

Mon avis : 

 

Résultat de recherche d'images pour "anniversaire chat png"Image associée Avant toute chose, je souhaite un excellent anniversaire à Martine Hermant !

C’est toujours avec grand plaisir que j’ouvre un de ses livres. Je sais que je vais entrer dans un autre monde. D’ailleurs, c’est une des rares à arriver à m’intéresser au fantastique. Le pouvoir de persuasion de sa plume est plus fort que tout, croyez-moi ! Je vais vraiment finir par croire qu’elle a des dons de fée. En tous les cas, elle a celui d’écrire et de conter.

Ce petit roman, issu, si j’ai bien compris, d’une nouvelle, met en scène Estéban et Marianne. Je ne sais pas qui est le personnage masculin mais j’ai cru deviner qui était son ancienne amante…  Vous me direz, lorsqu’on écrit, on prend souvent modèle sur ceux qui nous entourent ou sur soi-même. La magie de la plume permet de transcender le réel et de faire évoluer ses personnages comme on en a envie. Et notre romancière ne se contente pas ici d’une simple histoire de rupture amoureuse… Estéban va partir dans une quête initiatique dans laquelle l’onirisme et le fantastique vont se mêler sous la constante surveillance et bienveillance de son guide spirituel, sa bonne fée.

J’ai vraiment apprécié ce texte. Je suis entrée dans cet autre monde dans lequel Dame Nature fait loi. J’aime les légendes et l’atmosphère qui les entoure : la forêt, la brume… La prochaine fois que je vais me balader, si je vois un cerf, je le regarderai autrement…

 

Elf, Assis, Fleurs, Sage, Dire Gestalt

 

La Cuisine au beurre – Gilles Grangier

La cuisine au beurre

Lorsque Fernand revient à Martigues, c’est l’effervescence dans la ville ! Imaginez un peu : Fernand avait été inscrit sur le monument aux morts, disparu pendant la guerre. Si les habitants sont heureux de le revoir, ce n’est pas forcément le cas d’André, le restaurateur de La Sole Normande. En effet, celui-ci a épousé Christiane, l’épouse  de Fernand…

J’aime toujours autant ces films, même si je les ai déjà vus plusieurs fois. Je les trouve assez mal considérés d’ailleurs. On se dit souvent qu’avec Fernandel ou Bourvil, ça va être rigolo… ou gentil… ou niais… mais on ne voit que le premier degré. Un peu comme avec les adaptations de Pagnol d’ailleurs. Pourtant, Gilles Grangier reprend ici quelque chose de réel. En effet, après la première ou la seconde guerre mondiale, il y a eu quelques histoires du même type. Bien sûr, pour les besoins du film, Fernandel va carrément s’incruster dans ce qui était son auberge au départ. Le parti-pris est l’humour mais il faut déceler les souffrances vécues à cette époque.

Et comme nous sommes dans une période de pénurie de beurre (ça, j’avoue que je n’arrive pas à comprendre 🙄 mais ce n’est pas le sujet), je trouve que c’est le moment de mettre nos papilles en émoi !