Bouillancy (Oise) ⛪️

Bouillancy est une petite commune de l’Oise. On dénombre un peu moins de 400 habitants. L’église Saint-Pierre-et-saint-Paul du bas-Bouillancy est remarquable.

Photos L.B ©

Publicités

Église troglodytique de Haute-Isle (95)

Nicolas Boileau, dont le neveu, Nicolas Donglois, a fait creuser ce lieu de culte dans la falaise à partir de 1670, écrira ceci :

« L’habitant ne connoit ni la chaux ni le plâtre ; 
Et dans le roc, qui cède et se coupe aisément, 
Chacun sait de sa main creuser son logement. 
La maison du seigneur, seule un peu plus ornée, 
Se présente au dehors de murs environnée. 
Le soleil en naissant la regarde d’abord, 
Et le mont la défend des outrages du nord. » (Épitre VI)

C’est la seule église troglodytique en Île-de-France. Je viens d’aller la visiter.

L’intérieur vu à travers la grille
Le cimetière
Le monument aux morts
Au premier plan, la tombe d’un soldat tué pendant la première guerre mondiale
Le monument du Docteur Gaudichard, représentant une ruine mérovingienne
Les sculptures représentent des pièces de monnaie carolingiennes, romaines et grecques.

Photos L.B ©

Pomérols, entre sel et terre – Catherine Ramouillet

Quatrième de couverture :

Pomérols est un joli village languedocien, niché au milieu d’un lac de vignes dont l’infini se confond au lointain avec l’étang de Thau et se prolonge vers la mer sous un ciel d’un bleu souvent limpide. Le vent y souffle de terral, c’est la terre et le vent du Nord, souvent violent, ou celui de la mer, c’est le marin. Les hommes qui y ont vécu depuis des générations ont su tirer profit des ressources disponibles faites de terres peu fertiles, contrainte dont la proximité de la mer avec ses ports et ses salins permet de s’affranchir. Ce livre est l’histoire de la lutte des hommes dans cet environnement typiquement méditerranéen. Il raconte un village dans un Languedoc que l’histoire nationale élude bien souvent, un Languedoc qui fut résolument moderne, profondément civilisé, rejetant les archaïsmes, les habitants de Pomérols, dans ce Languedoc original, ont très tôt pris en main leur destinée. L’auteur rend hommage et leur redonne une parole oubliée grâce à un minutieux travail d’archives qu’elle souhaitait rendre intelligible au grand public qui, soit y vivant, soit y passant, a voulu un peu mieux le comprendre.

Mon avis :

J’aime beaucoup ce genre de livres qui nous permet de découvrir ou de redécouvrir des lieux qui passeraient inaperçus et, qui, pourtant, ont une histoire passionnante. Par ailleurs, c’est aussi ce que je reproche à certains villages (et notamment le mien) : ne pas mettre en valeur le passé. Quelques panneaux ne coûtent pas énormément et pourraient ainsi en apprendre beaucoup. Bon, mais là n’est pas le propos. Revenons au livre de Catherine Ramouillet.

Pomérols, je connais, j’y suis passée, mais rien ne m’a vraiment attirée à part l’église. Le nom me faisait sourire, me rappelant les pomelos (oui, ben, on fait ce qu’on peut !). Ceci dit, j’apprends grâce à ce livre que l’on reste dans les fruits puisque le nom vient des pommes, plus particulièrement d’un champ de pommes. Et j’apprends également que ce village est riche au niveau Histoire. En effet, comme souvent, il remonte au minimum à l’Antiquité. Ici, il est encore plus ancien :

Au troisième millénaire avant notre ère, le territoire de Pomérols et sa région était donc occupé, çà et là, par un petit peuple qui avait un outillage en pierre, complété par des objets en cuivre : les mines de Cabrières, actives dès -3000 / -3200 A.C sont à un jet de pierres, si l’on puit dire : 26 kilomètres, 6 heures à pied… Au « Piniet » à Florensac mais aussi au lieu-dit « Les Thermes » à Pomérols, sur les rives du Ruisseau de Fontanilles, au « Rec du Gascou » à Marseillan (près du Bagnas), on trouve une première occupation néolithique ou chalcolithique ». (P11)

On va ainsi passer de l’installation de l’Homme aux différentes classes sociales, à la Révolution, à la crise du vin ou encore à l’école et à la séparation de l’Église et de l’État. Catherine Ramouillet termine ainsi son ouvrage :

Je souhaite que ces quelques pages de recherches approfondies sur Pomérols, accomplies dans les archives de la commune, du département et les archives nationales, rendent justice au passé très riche du village et à ses lointains habitants qui ont grandement contribué à la richesse et à la culture française.

Soyez rassurée très chère Catherine Ramouillet, cet ouvrage est un très bel hommage à Pomérols et à ses habitants. Nul doute que la prochaine fois que j’y passerai, je m’y attarderai…

Pomérols, entre sel et terre par Catherine Ramouillet

Pomérols, entre sel et terre

Le Roi des Halles – Jean-François Zimmermann 📚

Quatrième de couverture :

1669. Forteresse de Pignerol. Un prisonnier rédige ses mémoires à destination de son neveu qui n’a jamais cru à sa mort dans un combat de Turcs. Contraint de porter un masque, personne ne connaît son identité, à part son geôlier. Il s’agit en réalité de François de V Vendôme, petit-fils d’Henri IV, duc de Beaufort, surnommé par les Parisiens « le roi des Halles » depuis ses exploits durant La Fronde.

S’il est emprisonné dans de telles conditions, c’est qu’il est détenteur d’un terrible secret, qui, s’il était dévoilé, changerait le cours de l’Histoire. Ainsi, transféré de prisons en forteresses, l’homme au Masque de fer ne retrouvera jamais la liberté après trente-quatre années de captivité.


Jean-François ZIMMERMANN, déjà auteur de Rendez-vous au pré-aux-clercs, n’a pas son pareil pour restituer l’Histoire dans ses dimensions les plus romanesques. Il livre ici une thèse parmi d’autres quant à l’identité réelle de l’homme au Masque de fer, savamment charpentée, habillement mise en scène et basée sur des faits réels. Nul besoin de connaître l’Histoire de France dans ses moindres détails pour apprécier la prose et le talent narratif de l’auteur.

Mon avis :

Pardon, très cher Jean-François, pour le temps que j’ai pu mettre à lire votre livre et, surtout, à en faire la critique. Je tenais cependant à le lire à tête reposée car c’est toujours un véritable enchantement pour moi de me transposer, grâce à vous, dans ce XVIIe siècle que vous aimez tant et que vous nous présentez de telle façon qu’on aurait aimé le connaître avant.

Comme beaucoup, je me suis posée des questions sur l’identité du fameux Masque de fer. Alors lorsque j’ai vu que ce nouveau roman était sur ce thème, j’étais en joie. Cependant, ne nous y trompons pas, il s’agit bien d’un roman, donc Jean-François Zimmermann a choisi dans l’Histoire le personnage qui, je pense, pourrait être le plus probable pour lui. Car notre romancier a effectué un lourd travail de recherches avant de laisser sa plume courir sur le papier. Ce Roi des Halles n’est autre que François de Vendôme, petit-fils d’Henri IV et cousin de Louis XIV. Il est ici en prison à Pignerol, de même que Nicolas Fouquet et Antonin Nompar de Caumont, duc de Lauzun. François de Vendôme intrigue car on ne connait pas son identité, et pour cause… celui-ci porte un masque. Fouquet n’aura de cesse d’en savoir un peu plus sur le mystérieux prisonnier de la tour d’en-bas.

– Monsieur Fouquet, nous sommes forts mécontents, et si j’insiste sur le « nous », vous devinez quelle personne j’associe à notre ressentiment, nous sommes fort mécontents, donc, que vous ne puissiez tenir bride à votre imagination, toujours aussi fertile, et surtout à votre langue. Les propos que vous tenez concernant le prisonnier de la tour d’en-bas sont dénués de tout fondement. Vous confiez à vos valets le fruit de vos élucubrations et ceux-ci s’empressent de les divulguer aux domestiques et aux soldats de la garnison qui, eux-mêmes, en font état dans la ville de Pignerol. (P59)

Comme d’habitude, je me suis régalée à la lecture de ce roman dont le poids (454 pages tout de même) est égal à la richesse de l’écriture. Se retrouver dans les pensées de ce fameux prisonnier que Jean-François Zimmermann fait vivre ici, est à la fois curieux et vivifiant. Lui faire rédiger ses mémoires – alors qu’on ne sait pas (le saura-t-on un jour ?) s’il s’agit vraiment de lui – tient du tour de force. Mais les connaissances de l’auteur, associées à son imagination sont toujours là pour faire de ses romans de véritables chefs-d’œuvre.

Angus Og – Nathalie Dougal 📚

Quatrième de couverture :

Qui a invoqué le roi Somerled, obligeant ce héros des îles écossaises à revenir d’entre les morts ?

En cette fin d’été 1306, le jeune chef Angus Og Mac Donald a donné asile à Robert Bruce. Le roi des Écossais vient d’essuyer deux lourdes défaites contre les Anglais. Son armée est décimée. Les uns après les autres, ses partisans sont capturés, sommairement jugés et suppliciés. En portant secours aux fugitifs, Angus Og se rend coupable de haute trahison.

Pendant ce temps, d’Ila en Kintyr, les nécromanciens s’interrogent et s’agitent. Les défunts se sont rassemblés en Argyle, afin de lever une armée. Dans l’autre monde, le Sidh, les dieux primitifs et le Haut-roi des fées croient leur dernière heure arrivée. Une ancienne prophétie refait surface, laissant présager du chaos à venir. Somerled se prépare à combattre. Il appréhende une guerre autrement plus dévastatrice que celle que se livrent les humains.

S’inspirant des thèmes de la vie éternelle et des fantômes qui nous accompagnent, Nathalie Dougal permet la rencontre des deux plus illustres figures du clan Donald. Faits réels, mythologie et spiritualité celtique s’imbriquent habilement dans ce récit épique. ANGUS OG, l’ange de la mort sonne l’avènement d’une grande saga historique mêlée de fantastique.

Mon avis :

Lorsque j’ai su qu’un nouveau roman de Nathalie Dougal sortait, je me suis précipitée pour l’acheter. Personne pour l’instant n’a réussi à me « vendre » l’Histoire celtique aussi bien qu’elle. Pourtant, je n’ai pas pu le lire de suite, bien trop prise cette année par le boulot. L’année scolaire s’achevant, je vois enfin le bout et je peux me remettre (enfin !) à mes lectures. Et quoi de mieux que la canicule pour rester chez soi, dans son fauteuil, devant le ventilateur, avec un bon bouquin ?

Ici, légende et Histoire sont étroitement imbriquées. Angus Og a réellement existé. Il est le fils d’Angus Mor, héros dun précédent roman. Il donna asile à Robert Bruce lorsque ce dernier, tout juste couronné, subit une défaite cinglante lors de la bataille de Methven. Bruce refusait l’autorité du roi d’Angleterre et voulait le trône, tout comme son rival, un certain John III Comyn, plus connu sous le nom de John le Rouge. Pour faire vite, Robert tue John et est couronné roi d’Ecosse. Le roi d’Angleterre, apprenant la nouvelle, nomme le beau-frère de John lieutenant et l’envoie en Ecosse en lui donnant les pleins pouvoirs contre Robert Bruce.

Voilà pour l’Histoire avec un grand H. Mais ce que j’aime surtout dans le roman, c’est qu’il nous permet de revivre tout ceci comme si on y était.

– Il va aussi me falloir connaître le sort réservé à la famille de Bruce.

– Pourquoi ?

– Parce que j’ai promis au roi des nouvelles fraîches. J’apprécie cet homme. Je regrette qu’il ait échoué. Il aurait pu devenir un souverain respectable, digne de notre respect en tout cas. C’est dommage. (P152)

Ce qui est également intéressant, et Nathalie Dougal avait déjà commencé à nous préparer à cela dans ses précédents romans, c’est l’apparition de ce que l’on nomme aujourd’hui le surnaturel mais qui entre en relation avec les croyances celtiques. Somerled revenant de l’autre monde, cela peut choquer ou faire sourire mais c’est vraiment en lien avec toute cette culture et je trouve cela vraiment intéressant de mêler étroitement Histoire et croyances.

– Rencontrer le roi Somerled et la reine Ragnhilda, formula-t-il, est le rêve de tous les gall-gaels. Seulement, personne n’envisage qu’il se réalisera un jour. Puisque ma soeur Ellen atteste votre bonne foi, je vous accorde le bénéfice du doute. De toute manière, je ne vois pas l’avantage que vous tireriez à vous faire passer pour mes ancêtres. Revenants ou pas, vous sortez déjà de l’ordinaire… (P407)

Ce fut, une fois de plus, une lecture des plus agréables et des plus enrichissantes car j’en ressors à chaque fois en ayant un peu plus appris sur l’Histoire de l’Ecosse que je ne connaissais pas avant de lire les textes de Dame Dougal.

Les Plumes chez Emilie 🖊

Le thème était : IMPRÉVISIBLE

La liste de mots :

HASARDLUNATIQUEINTELLIGENCEMÉTÉO, CONFUSIONSOUDAINPAPILLONEFFETEXTRAVAGANT,

ZUTBOULE,
DESTINERDOMMAGEDÉSINVOLTE

MON TEXTE 

La Baronne a été invitée pour un week-end à Deauville. La voici de retour…

Séraphine : Tiens, j’entends une voiture. Serait-ce déjà Madame qui serait de retour ? Il n’est que 14h, ça me paraît bien tôt pourtant !

La Baronne, donnant des coups à la porte d’entrée : Séraphine, au nom du ciel, ouvrez cette porte !

Séraphine : Ah, oui, c’est bien elle ! Elle a l’air d’être dans un état ! Pfffiou, qu’est-ce que je vais encore entendre !!!

La Baronne : Séraph… Ah, vous voilà enfin, ce n’est pas trop tôt ! Tenez, prenez donc ce parapluie et mon pardessus, je suis exténuée !

Séraphine : Madame a l’air d’être bien fatiguée… (À part) Sa coiffure ressemble à une choucroute. On dirait un chien mouillé…

La Baronne : Si vous saviez ma pauvre Séraphine ! Plus jamais je ne retournerai à Deauville au mois de février. Nous avons eu une météo exécrable ! C’est bien dommage car j’aime beaucoup cette ville. Nous avions décidé de faire une promenade après le déjeuner, sur les bords de plage. Nous avons eu droit à de telles bourrasques de vent que nous avons dû nous replier à l’intérieur d’un café en attendant. J’ai juste réussi à retenir mon chapeau mais regardez un peu dans quel état est le papillon qui s’y trouvait !

Séraphine, riant : On dirait une grosse boule !

La Baronne : En effet, vous avez raison… Zut alors, il est bon pour la poubelle ! Remarquez, ce chapeau m’avait été offert par Framboisine, je lui ai fait plaisir en le portant. Mais je l’ai toujours trouvé un peu extravagant.

Séraphine : Et comment vont-ils ?

La Baronne : Qui ?

Séraphine : Vos hôtes.

La Baronne : Hubert est toujours d’une intelligence remarquable. Je prends plaisir à discuter avec lui. Quant à Framboisine, elle est d’une gentillesse exemplaire.

Séraphine, à part : Je doute que cet Hubert prenne plaisir à parler avec la Baronne. On ne peut pas dire que son Q.I soit très élevé. En même temps, je ne l’aime pas, il est très hautain. Quant à Framboisine, elle lui était toute destinée. Elle est capricieuse et imbue de sa personne.

La Baronne : Que dites-vous Séraphine ? Oh, je me demande bien si tout ce vent ne m’a pas abîmé les tympans !

Séraphine : Le vent ? Abîmer les tympans ? Ah, ah !!! Vous plaisantez Madame ! (À part) Soit elle est d’une débilité profonde, soit elle le fait exprès !

La Baronne : Voyez, vous me parlez et je n’entends pas. Pourtant, j’ai bien vu vos lèvres bouger ! Oh, tout ceci sème la confusion dans mon esprit ! Prenez-moi un rendez-vous chez l’ORL. Je suis sûre que je dois avoir quelques grains de sable ou de poussière qui m’obstruent le canal auditif.

Séraphine, partant dans le petit salon : Bien Madame ! (À part et la refaisant, la bouche en cul de poule) Qui m’obstruent le canal auditif ! Mais ce n’est pas possible d’être aussi c…

La Baronne, entrant soudain dans le salon : Tenez, regardez Séraphine. Je viens d’utiliser un coton-tige, voyez le résultat !

Séraphine : Madame ne se sent pas bien ?

La Baronne : Pourquoi me demandez-vous ça ?

Séraphine : Parce que c’est bien la première fois que Madame me brandit sous le nez son coton-tige usagé !

La Baronne : Enfin, Séraphine, feriez-vous semblant de ne pas comprendre, par hasard ? Je vous le montre car il y a de la poussière dessus, ce qui pourrait expliquer ma surdité soudaine.

Séraphine : Pourtant Madame a bien entendu ce que je venais de lui dire. La surdité est donc aléatoire !

La Baronne : Ne soyez pas aussi désinvolte Séraphine, c’est sérieux ce que je vous demande.

Séraphine : Madame m’excusera, mais si je dis au médecin que vous êtes devenue sourde à cause des bourrasques de vent à Deauville, il va me prendre pour une folle.

La Baronne : Il a bien dû en entendre d’autres ! Ah, ah, Séraphine, en entendre d’autres… pour un ORL… je suis impayable !

Séraphine, esquissant un sourire : Madame est d’une intelligence !

La Baronne, flattée : Oh, ce n’était qu’un petit jeu de mots sans prétention. Bien, Séraphine, appelez le docteur Covert pour mes oreilles.

Séraphine : Harry ?

La Baronne : ???

Séraphine : Harry Covert, haricot vert, moi aussi je fais des jeux de mots !

La Baronne, s’énervant un peu : Oui mais ils sont mauvais ! Allez, allez, je ne vous paie pas pour rien, faite donc ce que je vous demande !

Séraphine : Pffff, mais qu’elle est lunatique ! Complètement imprévisible !