Agatha Raisin : Coiffeur pour dames (T8) – M.C Beaton

Traducteur : Marina Boraso

Agatha a un vrai coeur d’artichaut. Lorsqu’elle fait la connaissance de ce coiffeur aux doigts magiques qui lui fait la cour, elle se demande bien si elle va résister. Mais elle a quand même des soupçons. C’est qu’elle est enquêtrice notre héroïne, souvent à ses dépends mais elle aime ça. Et lorsque John, ou plutôt Monsieur John comme on l’appelle là-bas, s’écroule dans les toilettes de son salon tout en ayant vomi ses tripes, on se dit bien qu’elle avait peut-être raison.

J’avais besoin d’une lecture légère après avoir affronté la violence du dernier roman dont je vous ai fait la critique il y a deux jours. Et quoi de mieux que de retrouver cette petite bonne femme bourrue que j’adore ? Alors bon, on ne va pas se mentir, on retrouve souvent la même trame : un homme lui fait du charme et il meurt. Hum… finalement, il ne fait pas bon de la côtoyer de trop près ! 😂 Mais que demande-t-on à un tel bouquin si ce n’est de nous faire sourire et de nous vider la tête ? Eh bien, une fois de plus, c’est réussi ! Et ceci dit, mine de rien, pour l’avoir un peu expérimenté, il est très difficile d’arriver, dans un polar, à faire une fin qui se tienne et qui surprenne le lecteur. Moi, rien que pour ça, je suis admirative !

N.B : Je ne les lis pas dans l’ordre donc ne cherchez pas sur ce blog les critiques précédentes. Vous trouverez celles des tomes 1, 2 et 14.

Un dimanche matin en cuisine

Au menu du jour, un velouté de butternut, un rôti de 7h, un écrasé de carottes et pommes de terre et un gâteau chocolat-banane.

Mes recettes

Velouté de butternut

Il faut s’armer d’un bon couteau pour peler la butternut. Une fois la peau enlevée, je la coupe en quartiers et je les fais cuire dans un bouillon de poule. Une fois cuite, je la mixe et j’ajoute à la fin une cuillère à soupe de crème fraîche.

Écrasé de carottes et pommes de terre

La deuxième photo est une image d’illustration, mon écrasé étant en préparation. Mais voilà ce que ça va donner. C’est tout simple, on épluche les carottes et les pommes de terre que l’on coupe en morceaux. Je les mets ensuite dans de l’eau froide avec un bouillon de poule (les petites marmites) et je les fais cuire pendant 30 mn environ. J’écrase ensuite le tout avec mon presse-purée mais je laisse des morceaux. J’ajoute un peu d’huile au basilic.

Le rôti de 7h

Là aussi, il est en préparation. Forcément, comme l’indique le titre, il va mettre 7h à cuire tout doucement. La dernière fois, j’avais mis du bouillon et de sauce barbecue. Le porc, au bout de 7h de cuisson à 150° se détache tout seul. Il suffit de prendre deux fourchettes et de l’effilocher. Cette fois, n’ayant pas de sauce barbecue sous la main, je l’ai mis dans du concentré de tomate dilué. Ça va donner comme sur la photo d’illustration. La recette est aussi appelée Pulled pork aux Etats-Unis.

Le gâteau chocolat-banane

150g de farine, 20 cl de jus d’orange, 1 plaquette de chocolat à cuisiner, 80 g de sucre, 80g de beurre, 1/2 sachet de levure, 2 oeufs, du rhum, 1 banane. Je commence par faire fondre au bain-marie le chocolat. Je mélange ensuite les oeufs avec le sucre afin d’obtenir un mélange bien homogène. J’ajoute ensuite la farine, la levure, le beurre et je délaye le tout avec le jus d’orange et une bonne rasade de rhum. Je coupe ma banane en de très fines tranches que j’incorpore à la préparation. Je mets le tout dans un moule préalablement beurré et fariné et au four préchauffé à 200° pendant 40 minutes.

NB/ Modification du lundi 26 octobre : Voici ce que ça a donné :

Représailles – Florian Églin

Se balader en famille peut parfois être dangereux… et ce ne sont pas Tom et Adèle qui diront le contraire. Alors qu’ils sont sur une route corse, en voiture avec leurs deux petites filles, ils sont suivis par une grosse voiture qui, visiblement, les prend en chasse. Ce ne sont pas des policiers… Mais que veulent ces gens ? La peur les prend et Tom décide de s’arrêter afin de voir ce qu’il en est. Après tout, que veulent-ils ? Erreur Tom ! Tu as mis le doigt dans l’engrenage !

En ouvrant ce livre, je ne pensais pas qu’il serait aussi addictif ! Impossible de le quitter ! Alors oui, c’est sombre, c’est noir, c’est gore… c’est tout ce que l’on veut. Il y a du sexe, du sang et des larmes. On arrive à des extrêmes et j’avoue que certaines scènes auraient pu me couper l’appétit (oui, je mets le conditionnel car il en faut beaucoup pour me l’ôter 😂). Âmes sensibles s’abstenir ! Mais toute cette noirceur n’est pas là pour rien. Non seulement elle sert l’histoire bien sûr, mais elle amène, sous des dehors presque épiques, à réfléchir sur la violence, sur sa transmission, sur les clans, sur les guerres familiales se transmettant de génération en génération sans qu’au final, on sache réellement pourquoi…

Bref, ce fut un véritable uppercut ! Je vais lire un livre plus léger à présent, histoire de me remettre de tout ça. Ça m’a bien secouée mais j’en redemande !

Je remercie Babelio, les Éditions Baconnière ainsi que l’auteur pour ces heures intenses de lecture.

Les philosophes meurent aussi – Simon Critchley

Simon Critchley [XXe-XXIe s / Royaume-Uni ; Philosophie] Les_philosophes_meurent_aussi
Traduction : Jean-François Chaix

Quatrième de couverture :

Pythagore préféra se faire massacrer plutôt que de traverser un champ de fèves ; Platon serait mort d’une infestation par les poux Epicure accueillit sa fin avec joie, entouré de ses amis – « la mort n’est rien pour nous », disait-il ; Descartes fut emporté par une pneumonie à la suite des leçons matinales qu’il prodiguait au coeur de l’hiver suédois ; Voltaire, pourfendeur de l’Eglise, demanda à être confessé par un prêtre sur son lit de mort : Kant termina sa vie sur ce mot : « Sufficit « , « c’est assez » ; Bentham se fit embaumer pour être exposé dans une vitrine à l’University College de Londres ; Simone Weil s’est laissée mourir de faim pendant l’Occupation ; Camus est mort d’un accident de voiture, rattrapé par l’absurde ; Sartre lança un jour :  » La mort ? Je n’y pense pas » : 50 000 personnes assistèrent à ses funérailles.

Mon avis :

Ce livre ne pouvait que ravir la taphophile que je suis. Et pour une fois, bien qu’écrit par un éminent professeur de philosophie, le style n’est en rien jargonnant. Il est aussi sobre que la couverture. Il ne demande aucune connaissance précise, si cela peut rassurer les néophytes (ou ceux qui n’aiment pas vraiment la philo… groupe dont je fais partie… même pas honte !). Ce livre est constitué de fiches, classées selon les courants, les époques ou les nationalités. Ce qui est pratique, et ce que j’ai fait d’ailleurs, c’est qu’il peut être lu petit bout par petit bout. Nul besoin de se souvenir de la fiche précédente. Certains philosophes mentionnés sont très peu connus (et inconnus de ma personne, j’avoue…. oh, eh, que celui qui connaît Métroclès ou Chrysippe me jette la première pierre !) ce qui engage (ou pas) à faire des recherches plus poussées. Certaines anecdotes prêtent vraiment à sourire, même devant un sujet aussi sérieux et tabou que la mort.

Je vous le conseille vivement.

Ce soir on soupe chez Pétrone – Pierre Combescot

Pierre Combescot [XXe-XXIe s] Petrone

Quatrième de couverture :

« Un péplum votre roman ? On y retrouve bien évidemment de la toge, du drapé chic, de la chaise curule, du chapiteau corinthien, des petits musclés du cirque mais également des latrines bien romaines où il me plaît de siphonner tous les vices et bien des vertus trop ostentatoires des faux culs de cette époque, qui peut, par certains côtés, renvoyer à la nôtre. Alors, un conte moral ? Plutôt amoral. En fait c’est une chronique sur Pétrone, l’ami du prince – Néron -, l’arbitre des élégances, et l’auteur de ce que nous appelons aujourd’hui le Satiricon, premier grand roman picaresque de l’histoire de la littérature, peuplé de fiers « picaros » et de tendres canailles. Pétrone est un entrepreneur de démoralisation. De démolition également. Démolition du langage par l’argot glané dans les bouges de Marseille, au temps de sa jeunesse, car Pétrone fut marseillais avant d’être romain. Démolition des idées reçues : Pétrone fait table rase de toutes les conventions ; et en épicurien, il s’amuse, à l’ombre des idées nihilistes. Au moment de s’éclipser sur la pointe des pieds, il ne vous laisse en partage que sa vérole, et de grands éclats de rire au crépuscule.»

Mon avis :

Il s’agit ici d’une chronique tenue par Lysias, proche de Pétrone. Avec la même verve que ce dernier, il va nous décrire la vie de celui-ci, sorte de pied-de-nez à tous ceux qui pensent que l’auteur du Satiricon n’a jamais existé. Bien entendu, il ne s’agit ici que de pure fiction puisque cette chronique n’a jamais existé. Cependant, il faut admirer la prouesse de Pierre Combescot qui s’est vraiment bien documenté et qui fait oublier la fiction. Le lecteur se retrouve plongé au cœur du monde antique, entre Pétrone, Juvénal ou encore Néron.

Certes, le style pourra ne pas plaire car le registre employé est souvent familier. Néanmoins, il convient de remettre les choses dans le contexte et de cesser de croire que les latins ou les grecs ne parlaient qu’en hexamètres dactyliques.

Ce soir on soupe chez Pétrone 
pourra apprendre énormément au lecteur car, sous des dehors un peu légers, toute l’histoire antique est là. Pierre Combescot pousse même à aller au-delà et à s’intéresser davantage à ce monde qui a tendance à être considéré comme difficile d’accès.

L’avis de François Nourissier éclaire assez bien ce livre : « Érudit, crapoteux, capiteux, licencieux, merdouillard, parfumé, encanaillé, mais un rien snob – voici un péplum de Pierre Combescot. […] De la caleçonnade à l’antique, mais pratiquée par un amateur de haute volée ! » (Le Point)