Les Plumes d’Asphodèle

Vous vous souvenez des Plumes ? Non ? Il fallait, à l’aide d’une liste de mots, créer un texte. Emilie Berd a eu la bonne idée, avec l’aval de « la prêtresse du net« , de reprendre ce jeu, à notre plus grande joie.

La liste, cette fois, était la suivante : OCÉAN, DÉSERT, ENJAMBÉE, PASSERELLE, TRAVERSIN, RUE, VOYAGE, PASSAGE, FRANCHIR, HORIZON, VACANCE, VOILURE, VIEILLIR.

Voici mon texte :

Le souffle de la liberté

Lorsqu’il prit le large, Arthur se sentit revivre. Ce voyage était le rêve de sa vie. Debout sur le pont, scrutant l’horizon, il se délectait des embruns qui lui fouettaient le visage. La voilure se soulevait au fur et à mesure que zéphyr soufflait, tel son rythme cardiaque battant la chamade. L’océan serait désormais sa demeure. Il s’était mis en vacance, sa traversée du désert lui avait sabordé le moral mais il avait su rebondir. On ne le mettait pas ainsi impunément à la rue ! Son esprit avait gambergé des nuits durant. Il n’osait pas franchir le pas. Jusqu’à ce jour où, une énième dispute avec son ami Paul, l’avait décidé. Il ne se voyait pas vieillir ainsi, essayant de survivre en vendant ses poésies, lui, le poète maudit, le poète incompris. Dès le lendemain, il avait fait son paquetage, parcouru à grandes enjambées le chemin jusqu’à l’embarcadère, gaspillé ses dernières économies en achetant une coque de noix qui devenait ainsi son bien le plus précieux. Ivre de liberté, il s’était à peine retourné, en mettant les voiles, et avait regardé cette passerelle qui s’amenuisait au fur et à mesure que le bateau avançait. Le cordon ombilical qui le retenait à la terre était définitivement rompu. Le sillon qu’imprimait son rafiot en était bien la preuve. Il était là, lui, le nouvel explorateur, a la recherche d’aventures, de couleurs, de mots, au milieu des flots plus ou moins chagrins qui allaient le mener jusqu’au bout du monde voir les aurores boréales ou les icebergs géants. Il ferma les yeux, se perdit dans ses pensées pendant que le bateau avançait.

Soudain, une vague vint heurter son visage. Les gouttes ruisselaient sur sa peau tannée par le soleil. Il reprit conscience. Mais que faisait-il là ? Il cligna des yeux. Les formes se remettaient peu à peu : une vieille armoire au bois patinée par l’âge, un broc ébréché sur un tabouret branlant… La tête sur le traversin, il réalisa que ce n’était qu’un rêve. L’eau était celle de la pluie, ruisselant sur lui par le passage formé dans le toit par des fissures. Il revenait à la réalité. Il était toujours dans son taudis. Arriverait-il à en sortir un jour, lui, Rimbaud, l’écrivain marginal ?

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N’hésitez pas à aller voir les sublimes textes des autres participants :

Martine :  Vieillir
PatchCath :  La Grande Traversée
Carnetsparesseux : C’est dit, je pars ! 
Laurence Délis :  La traversée des rêves
Célestine : Juste après
Nadège : Equilibre 
Jobougon : L’épaisseur d’un mystère se mesure à la jumeleine.
Mind The Gap : L’abécédaire

Et, bien sûr, Émilie, avec Tout ce qui brille n’est pas d’or. 

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Moi, moche et méchant – Pierre Coffin / Chris Renaud

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J’ai profité du temps instable et des vacances pour regarder un certain nombre de films, d’animation ou non. Et vous me connaissez, je ne les visionne que très rarement à leur sortie.

Je n’avais donc toujours pas vu celui-ci, datant de 2010 (ah, oui, quand même ! Oh, j’ai fait pire), car on en avait fait une telle publicité que j’avais tout bonnement fui ! Mais comme il est passé à la télévision, j’y ai jeté un œil en corrigeant mes copies… et j’ai jeté l’autre œil car l’humour noir de Gru, le personnage humain, a attiré toute mon attention. Alors, non, je n’ai pas jeté les copies mais j’ai reporté au lendemain la correction car je n’étais plus apte, riant comme une idiote devant ce mal-embouché et les fameux minions (qui riment, pour certains, avec couillons) !

Un personnage aussi noir, voulant voler… la lune pour faire un coup d’éclat, et qui se retrouve avec trois gamines orphelines dans les pattes, c’est du lourd. Bref, j’ai adoré ! Je vais me procurer le 2 et le 3, c’est certain !

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Le Cercle de Caïn – Sophia Raymond

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Quatrième de couverture : 

Une journaliste baroudeuse en pleine débâcle professionnelle et affective.
Un corps qui réapparaît, miraculeusement conservé, 5 000 ans après une mort peu naturelle.

Et
L’Enfer de Dante…

Clara Fischer, en flairant le scoop qui doit relancer sa carrière de grand reporter, n’a-t-elle pas sous-estimé le danger menaçant ceux qui approchent de trop près la momie des glaces ?

 

Mon avis : 

J’avais fait la découverte de Sophia Raymond en 2015 en lisant Le Cercle de Dinas Bran. J’avais aimé son style, l’atmosphère et ce mélange passé/présent qu’elle utilise également dans ce roman.

Je trouve ce livre encore plus abouti ; inutile donc de vous dire à quel point je l’ai apprécié. J’ai frissonné avec Clara Fischer, eu de la compassion pour cette momie que l’on extirpait des glaces avec sauvagerie pour parfaire notre curiosité… Et l’on peut dire que la romancière sait ménager le suspense ! Bref, j’ai avalé en quelques heures ce bouquin sans pouvoir le lâcher ! Non, ce n’était pas un sortilège lancé par la momie mais bel et bien le talent et la plume de Sophia Raymond qui m’ont scotchée à mon fauteuil !

 

Extrait : 

En réalité, elle était seule face à son enquête. Seule avec ses doutes. Seule avec ses craintes. Courtier n’avait aucune raison de penser que sa journaliste puisse être en danger, quand bien même leur conversation avait été interrompue. En montagne, le réseau téléphonique est souvent défaillant. Il ne pouvait pas l’ignorer. (…)

Un profond silence régnait dans la chambre. Mais le moindre son qui venait le troubler, le craquement du bois de la charpente, un grincement, le bruit d’un pas ou l’ululement d’un hibou, mettait tous les sens de Clara en éveil. (P308)

A beautiful day – Lynne Ramsay

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Joe est un vétéran. Un vétéran à la Rambo, qui n’a peur de rien ni de personne. Il est engagé pour ramener Nina, la petite fille du sénateur, tombée aux mains d’un réseau de prostitution.

Ma critique va être très courte : j’ai été fascinée par ce film sans pour autant en comprendre tous les rouages… Bizarre, non ? Il faut dire que l’atmosphère est rudement bien représentée. Les images sont hyper-réalistes, la bande-son très sympa… Voilà, voilà… De ce fait, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde même si, au final, je ne suis pas certaine d’avoir bien capté les tenants et les aboutissants…

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Zootopia – Byron Howard/Rich Moore

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Judy caresse un rêve depuis qu’elle est petite : intégrer la police. Et une altercation avec Gideon lorsqu’elle était petite l’a confortée dans son rêve. Le seul petit problème est que Judy est un lapin et qu’un lapin est bien trop faible pour devenir policier, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’une aussi adorable femelle. Mais Judy s’entête et veut intégrer Zootopia, la ville où les proies cohabitent avec les prédateurs, où tout se passe pour le mieux dans le meilleur des monde. Le meilleur ? Pas si sûr ! Sinon, y aurait-il besoin d’une police ?

J’ai adoré ce film d’animation sorti, certes, en 2016, mais que je viens tout juste de visionner. On peut y voir tout ce qui dénature une ville : mafia, corruption, discriminations et l’on remarque que sous des dehors charmants et attirants, le lieu paradisiaque peut vite se révéler démoniaque. Tout comme les habitants… Méfions-nous de l’eau qui dort…

 

 

Equalizer – Antoine Fuqua

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Je découvre ce film sorti en 2014. Je ne connaissais pas non plus la série, c’est donc avec un regard tout neuf que j’ai visionné ce film.

L’histoire met en scène Robert McCall (joué avec brio par Denzel Washington), un homme au passé mystérieux qui passe aux yeux de tous pour le parfait copain car il est serviable et à l’écoute. McCall a une manie : se rendre tous les jours dans son snack-bar préféré et y lire un livre de la liste des « Cent romans qu’il faut avoir lus ». Il y fait la connaissance d’Alina, alias Terri, une prostituée dont le rêve était d’être chanteuse. Alors qu’ils discutent, cette dernière ne répond pas à un appel de Slavi, son proxénète russe. Elle raccompagne ensuite son nouvel ami mais une voiture l’intercepte. C’est Slavi, qui donne une carte de visite à McCall, le prenant pour un client. Le lendemain, McCall apprend que Terri-Alina est à l’hôpital, en soins intensifs. Le passé de Robert resurgit alors. Il doit faire justice.

Impossible de s’ennuyer avec ce film ! Amateurs de sensations fortes, ce film est fait pour vous ! J’ai vraiment aimé cette façon de traiter un thème vu et revu – le monde de la mafia – sous un jour nouveau. On notera par ailleurs, dans les scènes se passant dans le Snack-bar, la référence au tableau d’Hopper, peintre que j’aime beaucoup, Nighthawks. Que demander de plus ? Du suspense, de l’action, des références culturelles… 2h10 de pur bonheur !