De retour…

Bonjour à tous !

Vous l’avez peut-être constaté, je n’étais pas présente sur la toile cette semaine. J’étais partie en voyage scolaire qui fut certes agréable mais intense ! Je ne suis revenue que vendredi soir, à 22h30, et j’essaie de me remettre à flot aussi bien dans la vie quotidienne que sur internet.

Ne m’en veuillez donc pas. Je vais mettre un peu de temps à lire tout ce que vous avez publié entre-temps.

Allez, une petite photo en attendant !

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Oui, vous l’avez compris, j’étais en Hollande.

À bientôt !

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Le Poids de la neige – Christian Guay-Poliquin

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Quatrième de couverture :

À la suite d’un accident, un homme se retrouve piégé dans un village enseveli sous la neige et coupé du monde par une panne d’électricité. Il est confié à Matthias, un vieillard qui accepte de le soigner en échange de bois, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps, seule échappatoire.
Dans la véranda d’une maison où se croisent les courants d’air et de rares visiteurs, les deux hommes se retrouvent prisonniers de l’hiver et de leur rude face-à-face.
Cernés par une nature hostile et sublime, soumis aux rumeurs et aux passions qui secouent le village, ils tissent des liens complexes, oscillant entre méfiance, nécessité et entraide.
Alors que les centimètres de neige s’accumulent, tiendront-ils le coup face aux menaces extérieures et aux écueils intimes ?

Mon avis :

J’aime beaucoup les livres se passant dans un univers clos et éloigné de tout. Alors lorsque j’ai vu celui-ci, je n’ai pas hésité. Pourtant, je déteste la neige mais je ne suis jamais à une contradiction près… Et j’ai lu ce roman alors que j’en avais 20 cm dehors. J’étais dans l’ambiance !

J’ai adoré ce livre ! La structure est plutôt originale puisque nous découvrons tout, à la manière d’un journal intime, à travers les yeux du jeune homme blessé. Comme lui, nous ne savons pas où il est ni qui est vraiment ce Matthias, le vieil ours mal léché qui s’occupe de lui. C’est aussi le roman de l’attente. Chacun espère pouvoir s’en sortir. Le blessé veut retourner chez lui, Matthias désire revoir sa femme malade… Mais est-ce vraiment la neige le problème ?

Voici un roman qui ne laisse pas indifférent. J’ai tourné frénétiquement les pages au fur et à mesure que les centimètres de neige s’accumulaient. Et ce n’est pas le loup que j’ai vu sortir de sa tanière mais bien les sentiments humains. Car quoi de mieux qu’un huis-clos pour faire surgir tous les défauts et les qualités intrinsèques à l’Homme ?

Un grand merci à Babelio et aux Éditions de l’observatoire pour cette belle découverte.

Échec et mâle – Katia Verba. Mise en scène de Catherine Mahieu

Affiche echec & mâle dans son intégralité 13 12 2017

J’avais lu la pièce en octobre 2011. Et pour ma plus grande joie, elle a été mise en scène. Inutile de dire que depuis le temps, je ne me souvenais pas exactement de l’histoire, ce qui fait que ce fut pour moi comme une redécouverte. De toute façon, lire la pièce et la voir jouer, ce n’est pas du tout la même chose. Lorsqu’on lit le texte, même si l’auteur fait en sorte que l’on suive son chemin de pensée à travers des didascalies, on ne peut pas s’empêcher d’imaginer à son gré les personnages et les lieux. Sur scène, ils sont incarnés et peuvent différer de notre imagination.

Alors, bonne ou mauvaise pioche ? Une excellente surprise ! Pour tout vous avouer, j’ai pleuré de rire et je crois bien que c’est la première fois que cela m’arrive devant une pièce. Les acteurs étaient formidables, pas un seul ne dénotait. Et l’on a pu découvrir (mais depuis le temps que je vous en parle, vous le savez déjà) toute la palette de Katia Verba qui excelle aussi bien dans la noirceur, le thriller, que dans la comédie (et je ne parle même pas de ses romans… Oui, Katia circule avec aisance dans les genres…).

Si vous êtes en Région Parisienne ou que vous comptiez y venir, ne ratez pas cette pièce qui se joue au Guichet Montparnasse jusqu’au 4 mars 2018. Pour réserver, vous pouvez aller sur ce site.

 

 

La terre guide la main – John Dassieu

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Quatrième de couverture :

« De commissaire à commissaire, il ne vous échappe pas que l’on turbine pour arrêter des demi-sel, des troisièmes couteaux, voire parfois des deuxièmes, mais les vrais coupables sont tous en liberté. En dispersant çà et là quelques fuites, nous pourrions renverser la France, éclater la bulle hypocrite, mais nous sommes les gardiens de l’hypocrisie nationale. Et tout compte fait, sur ordre de qui ? La douzaine de mafieux qui tiennent dans leur manche les gros bonnets de deux partis politiques ! Notre métier est le plus ingrat du monde, alors, si je peux arrondir mes fins de mois… »

 

Mon avis : 

J’avoue que je ne sais pas trop par quel bout prendre cette critique. Dans un premier temps parce que c’est un roman qui m’a été offert et que je suis toujours un peu mal à l’aise lorsque je n’ai pas apprécié le livre. Je suis très attachée aux valeurs et pour moi, un cadeau, c’est un geste d’amitié qui montre que l’on a pensé à vous (je ne comprendrai jamais ceux qui les revendent, les donnent etc.). Et ne pas aimer ce roman, c’est un peu comme dire que l’on n’aime pas le cadeau. Vous me suivez ?

Ensuite parce que je ne peux pas dire non plus que je l’ai détesté. La preuve, je l’ai lu dans son intégralité. Disons qu’il se laisse lire, voilà, sans plus. La structure est un peu foutraque, les scènes de sexe n’apportent rien si ce n’est, peut-être, attirer le chaland… Quant à l’enquête… euh… ben…

Bon allez, vous avez bien compris mon ressenti ! Je suis toute dépitée !

À une passante… (pardon Baudelaire)

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La rumeur assourdissante autour de moi hurlait.
Les internautes me prévenaient qu’une baratineuse,
Une femme masquée, d’une main tortueuse
Sur internet se déchaînait ;

Agile et prompte, d’un bagou aigu,
Me détruisait en s’amusant,
Me dézinguait en discours abêtissants,
Perfide et jalouse, manipulatrice têtue.

Pauvre être éconduit ! – Folie agitée
Dont le pseudo anonymat te fait omettre,
Que personne n’est dupe, connaissant tes traits !

Amuse-toi ailleurs ! Et va donc soumettre,
Tes idioties aux traitres qui corroborent,
Et qui, le dos tourné, font de même avec toi,  esprit niais !

La Moisson d’hiver – Serge Brussolo





Quatrième de couverture : 

Dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, Julien, exilé depuis cinq ans au fond d’un pensionnat, apprend que son grand-père est mort dans d’étranges circonstances, lui laissant pour tout héritage les miettes de la propriété familiale, là-bas, en Normandie. Au sein d’une nature âpre, sur un domaine réduit à un champ miné par les Allemands et à une maison de maître qu’une bombe anglaise, non désamorcée, rend inhabitable, l’enfant doit réapprendre à vivre avec Claire, sa mère, dont il n’a reçu que de rares lettres lorsqu’il était interne. Très vite, le jeune garçon prend conscience qu’un mystère ronge le passé de sa famille. Qui hante les bois aux alentours de la maison ? À qui appartient ce regard que l’enfant sent en permanence posé sur sa nuque ?

 

Mon avis : 

Il s’agit là, mais ce n’est que mon humble avis, d’un des romans les plus réussis de Brussolo et je ne m’étonne guère qu’il puisse avoir obtenu le Grand Prix RTL Lire. Les prix valent ce qu’ils valent mais ceci dit, ils mettent tout de même en avant quelque chose. Et chaque fois que je lis un roman de cet auteur, je suis agréablement surprise. Le thème est toujours différent et Brussolo sait tenir en haleine son lecteur.

C’est ici dans un contexte de guerre que les personnages vont évoluer. Seconde Guerre Mondiale, certes, mais surtout guerre intrinsèque, guerre des sentiments dans cette famille déchirée où l’Amour a cédé la place à la violence. Comment un enfant peut-il trouver ses marques ? La seule figure un tant soit peu cordiale est celle du grand-père, Charles Lehurlant, surnommé l’Amiral, malheureusement décédé. Le pauvre Julien essaie de vivre avec sa mère dans une maison où un engin est prêt à éclater à tout moment. Mais là encore, c’est une autre bombe qu’il faut désamorcer : la mère est-elle véritablement folle ? Qu’a-t-elle fait pendant les années où son fils était en pension ? Quel est ce mystérieux dossier caché à l’étage ? Pourquoi a-t-elle tué de sang-froid leur chien démineur, le seul qui pouvait les protéger ? Un doute plane sur le décès du père et Julien se demande si ce n’est pas elle l’assassin. De ce fait, ne risque-t-il pas lui aussi sa vie à ses côtés ? Existe-t-il une véritable malédiction sur les Lehurlant ? Et qui vient traîner dans ce coin perdu la nuit ?

Voilà autant de questions qui vont également tourmenter le lecteur qui, s’il croit trouver des solutions, se rendra vite compte que n’est pas Sherlock Holmes qui veut !


Extrait : 

– C’est à propos du chien… Zeppelin…

– On l’a tué, répliqua froidement Julien.

– Je sais, dit Gorget en baissant la voix. Je sais qui a fait le coup… c’est pour ça que je venais te mettre en garde. Tu ne me croiras peut-être pas, mais ça m’emmerderait qu’il t’arrive malheur.

– Je sais qui a fait le coup, trancha Julien.

– Ça m’étonnerait, ricana Gorget, retrouvant en une seconde son assurance coutumière. J’étais là, dans le bois, quand c’est arrivé. J’ai tout vu.

– D’accord, admit Julien, pressé d’en finir, lâche ton truc et tire-toi. Alors, qui t’as vu ? L’Ankou, les fantômes des brigands de Craindieu ?

– Ta mère…, souffla le paysan. C’est ta mère qui l’a tué.

Angèle – Marcel Pagnol

 

Angèle, fille de Clarius Barbaroux, rêve, comme toutes les filles de son âge et de sa condition (elle est la fille d’un fermier, certes aisé, mais l’agriculture n’attire pas vraiment l’adolescente), qu’un homme riche viendra lui demander sa main. Lorsque celui-ci, Louis, se présente à elle, elle ne se méfie évidemment pas, aveuglée par le conte de fée qui s’offre à elle et que le beau ténébreux lui a fait miroiter. Elle le suit sans avertir personne et ne donne plus de nouvelles à sa famille. Louis s’avère être un proxénète. Inévitablement, Angèle, qui est tombée dans ses filets, se retrouve sur le trottoir. Comble de malheur, elle est enceinte…

Eh bien, je croyais connaître Pagnol sous prétexte que j’avais lu Le Château de ma mèrela Gloire de mon pèreJean de Florette et Manon des Sources… je me trompais lourdement. Mais pourquoi, oui pourquoi n’avais-je jamais mis le nez dans ses pièces ? Peut-être parce que sa réputation le précédait ? En effet, généralement, lorsqu’on nous dit « Pagnol », on pense de suite à la Provence, à l’accent chantant… aux histoires « gentillettes » de cet auteur. Oui mais voilà, sous des dehors bien sympathiques, cet écrivain ne raconte pas que des histoires agréables qui font passer un bon moment de lecture. Et j’ai même l’impression qu’il se déchaîne un peu plus dans ses pièces de théâtre ou dans ses scénarios car le ton est plus acerbe. Alors certes, Angèle est tirée de l’œuvre de Giono, Un de Baumugnes. Le thème n’est donc pas de lui. Cependant, la mise en scène l’est et c’est avec une réelle conviction que Pagnol dénonce le proxénétisme, la société des années 20, les  filles-mères dénigrées etc….

Du coup, j’ai acheté ses œuvres complètes. Comme quoi, on peut très bien (re)découvrir un auteur à tout âge !

 

Extrait :

Clarius : A qui est ce petit ? 

Angèle : Il est à moi.

Clarius : A toi seule ?

Angèle : A moi seule.

Clarius : Maintenant, au moins, nous savons qu’il ne peut rien nous arriver de pire. (Un temps.) C’est un grand malheur que tu sois partie. C’est un autre malheur que tu sois revenue. Et c’est encore un malheur plus affreux que tu nous rapportes ce bâtard. Je ne te demande pas d’explications ; mais cet enfant, je ne le veux pas. Il n’est pas de chez nous. Si tu l’avais fait comme il faut, ça serait été, pour cette maison, le plus beau cadeau du Bon Dieu. Mais de la façon que tu l’as fait, ce n’est rien pour nous. C’est notre malheur qu’il respire. C’est une honte qui bouge et qui crie. Maintenant tu es revenue toute maigre et toute sale, tant pis pour toi ! Tu l’as voulu. Si tu veux partir, va-t-en. Si tu veux rester, toi, je veux bien vous nourrir tous les deux ; mais en secret. Ce que je t’offre, ce n’est pas une maison : c’est une cachette. C’est de ça que tu as besoin. Dis si tu veux rester…

Philomène : Oui, Clarius, elle veut rester.

Clarius : Alors, menez-la dans la cave de derrière, et rapportez-moi la clef. Et souvenez-vous que personne ici ne doit savoir cette honte qui nous vient de la ville. Allez, et ne m’en parlez plus jamais.