L’Inspecteur Harry – Don Siegel

Clint Eastwood ne se cantonne pas qu’aux westerns (et même si je n’aime pas trop ce genre, il est fabuleux dans la trilogie des dollars de Sergio Leone), même s’il joue souvent le rôle de justicier. Car l’Inspecteur Harry (Dirty Harry, surnommé ainsi car il s’occupe souvent des affaires les plus glauques) est un policier hors-norme qui fait fi des règles et des lois et qui serait plutôt adepte de la loi du talion.

Harry Callahan se retrouve aux prises avec le dénommé Scorpio (ou Scorpion dans la version française, vous l’aurez compris), un type pas très sympa, tueur en série de son état qui s’est mis dans la tête de tuer une personne par jour et, allez savoir pourquoi, il voulait commencer par un prêtre ou une personne de couleur. Bon, ouf, son plan est déjoué. Mais il est furieux le Scorpio ! Alors il s’en prend à une jeune fille, la viole et l’enterre vivante tout en demandant une rançon. Ben voyons…

 C’est toujours avec autant de plaisir que je regarde ces films sortis dans les années 70 (71 pour celui-ci). Plaisir des yeux (on retrouve les voitures de l’époque, les produits de consommation), adrénaline qui monte, un Clint Eastwood épatant, tous les ingrédients sont là pour passer un bon moment !

Fuite en avant – Christian Zerbib

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Bernard Blier joue le rôle d’un employé d’une entreprise, René. Celui-ci est chauffeur, à quelques mois de la retraite. Un peu rustre, il se tient à l’écart de tout, y compris des problèmes que subissent les autres employés. Cet ours mal léché se comporte de la même façon avec ses enfants. Vous savez, c’est le genre de personne qui arrive chez vous, change la chaîne de la télé et s’installe dans votre fauteuil. C’est ce qu’il fait chez sa fille. Tout va basculer lorsqu’un accident a lieu à l’entreprise. Sa femme, Simone, a le bras sectionné. C’est la goutte d’eau pour les employés qui se mettent en grève, séquestrent les deux dirigeants et pour René qui se met à boire…

Ce film, qui réunit pourtant une brochette d’acteurs dont la compétence n’est plus à prouver (Bernard Blier, Michel Bouquet, Yves Beneyton…) n’est pas connu. Pourtant, il nous plonge dans cette atmosphère froide d’une société en mal de vivre, de ces personnes qui se mettent volontairement à part, se déconnectent, sans pour autant qu’on tente d’en comprendre le problème.

 

Sanglier – Dominique Rameau

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Quatrième de couverture :

Sybille débarque fortuitement à la campagne, dans une maison qu’on lui prête une semaine. Elle est d’abord perdue, très seule ; mais les rares habitants qu’elle rencontre sont chaleureux. Et surtout dehors, toutes ces choses qu’elle ne connaît que de nom, grillons, oiseaux, herbes, l’intéressent.
Syb tâche d’en savoir plus. Dynamique et intrépide, elle multiplie les sorties, les explorations, les expériences ; le jour, la nuit ; sur les rochers, dans l’eau glacée, au fond d’un pré. Elle prend des risques. Pour rejoindre les vaches, les lézards, les sons bizarres, la lune, elle invente, varie les approches, dessine, rêve.
C’est très physique : elle se cogne, s’essouffle, se blesse aux ronces et aux barbelés. Mais elle n’a pas froid aux yeux. Sa solitude semble ici normale : renard, âne, vieille dame farouche et rieuse, adolescente étrange et attirante.
Chaque jour de cette petite semaine l’éloigne davantage de ce qu’elle maîtrise, l’ouvrant à l’inconnu du monde ; elle s’y livre sans retenue. Un roman bref, à une seule aventure et cent cinquante deux herbes, bêtes et gens.

Mon avis :

Sybille, citadine jusqu’au bout des ongles, se demande bien pourquoi elle a accepté la proposition de sa patronne : lui prêter sa résidence secondaire pour les vacances.  Elle déchante vite en atterrissant dans la campagne profonde, loin de tout confort, dans cette bicoque sentant le renfermé. Pourtant, sortir de son environnement a du bon. La jeune femme va regarder autour d’elle, se rendre compte qu’il y a de la vie qui l’entoure, à commencer par les animaux et les plantes.

J’aime généralement les romans qui bougent, qui déménagent, qui nous mettent des uppercuts et nous soulèvent de notre fauteuil. Pourtant, j’ai été embarquée dès le début du roman par cette histoire, véritable ode à Dame Nature. Sybille semble renaître dans ce paysage apaisé, dans ce Morvan qu’elle découvre tel un enfant faisant ses premiers pas ou ouvrant ses yeux pour la première fois. Elle va avoir une soif d’apprendre au point de ne plus vouloir faire qu’un avec cette nature, la ressentir au plus profond d’elle-même.

J’ai apprécié cette prose poétique, cet engouement pour nous apprendre la faune et la flore, pour nous faire comprendre également que l’on ne regarde pas assez autour de nous. On referme le livre et l’on n’a qu’une envie : partir à l’aventure, sans rien d’autre que ses yeux (bon, je pense que moi, je partirais aussi avec mon appareil photo, un stylo et un carnet) et ses sens à la redécouverte de ce qui nous entoure.

Un grand merci à Zazy qui m’a fait découvrir cet excellent roman !

Extrait :

Sybille regarde devant, c’est comme un panorama. Le ciel est parsemé de nuages blancs, avec un dessous plat plus sombre, comme s’ils s’étaient posés tous sur une même mer de vide. Sous le ciel, c’est arrangé avec des lignes, des courbes et des masses colorées, comme un tableau – elle se demande d’où lui vient pareille idée.

Le Solitaire – Jacques Deray

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Cela faisait un petit moment que je n’avais pas regardé un film avec Belmondo.  Ce que l’on aime, en général, chez Bébel, ce sont ses cascades et son sang-froid. S’il n’y a pas beaucoup de cascades ici (il s’était blessé deux ans auparavant et avait du mal à s’en remettre), le courage ne lui manque pas cependant dans le rôle du commissaire Stan Jalard. En effet, alors qu’il avait décidé, lors d’un voyage aux Antilles, de quitter la Police, son collègue, le commissaire Simon Lecache se fait abattre pratiquement sous ses yeux par l’homme le plus recherché du moment, Schneider.  Vous devinez déjà la suite : pas le temps pour le deuil et au diable la démission ! Le commissaire veut venger son collègue et fera tout pour retrouver le criminel.

Ce que l’on peut dire, c’est que l’on ne s’attarde vraiment pas sur les sentiments. Stan était le parrain du fils de Simon. Il le prend donc en charge sans pour cela qu’il n’y ait une larme de versée, ni d’un côté, ni de l’autre. Bien au contraire, le commissaire paraît plutôt dur en voulant l’envoyer en pension. Quant au tueur, il abat sans sourciller tout ce qui bouge ! Toute cette froideur nous plonge bien dans l’atmosphère. Jacques Deray a toujours le talent pour concocter une mise en scène réaliste.

 

Malevil – Christian de Chalonge

Malevil

Le titre me parlait… et pour cause ! Il s’agit d’un film basé sur le roman de Robert Merle. Mais le réalisateur ayant mis sa patte et s’étant écarté du texte, notamment à la fin, Robert Merle n’a jamais voulu que son nom figure au générique (merci mon ami Google pour l’info).

Pour revenir sur le titre, rien que le nom peut faire froid dans le dos. Pourtant, on ne se méfie pas au départ. En effet, on nous présente une situation anodine dans une campagne : alors que le maire (joué par Serrault) est en train d’embouteiller son vin dans sa cave, des villageois le rejoignent afin de discuter d’un point qui fait débat : le lampadaire et son emplacement près de la pharmacie. Soudain, la radio qu’écoutait le benêt (pauvre Jacques Villeret, souvent confiné à ces rôles !) ne capte plus rien et une explosion se fait entendre. Lorsqu’ils regardent au dehors, c’est un paysage de désolation qui les attend… Ils pensent n’être qu’un petit groupe de survivants…

Les décors apocalyptiques de Max Douy sont très réussis. L’atmosphère est lourde, suffocante. On a du mal à respirer, envie de leur dire de ne rien boire, ne rien consommer car tout est pollué. L’ambiance est également bien rendue. On passe de la peur au courage, de la foi extrême à l’abandon. J’ai vraiment aimé ce film. Je ne peux rien dire sur le livre, ne l’ayant pas lu.

Une étrange affaire – Pierre Granier-Deferre

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Dans un récent billet, j’évoquais la place de Michel Piccoli dans le cinéma français et je regrettais qu’on ne l’ait pas assez été mis à l’honneur. Je maintiens cet avis, d’autant plus après avoir visionné ce film dans lequel il joue avec une réalité déconcertante un personnage invasif et cynique.

Un employé du service marketing d’un grand magasin, joué par Gérard Lanvin, a peur du plan social qui touche son entreprise. On sait qu’un certain Malair a racheté le groupe. Il rencontre celui-ci par hasard (du moins le pense-t-il). Ce dernier semble se prendre d’affection pour lui et lui offre même une promotion. Mais Louis Coline, l’employé, ne se rend pas compte que son patron empiète sur sa vie privée, un peu trop même…

Je n’avais jamais entendu parler de ce film. Comme il n’y a pas grand chose à la télé en ce moment, cela nous permet de visionner ou revisionner nos vieilles cassettes. [Oui, on peut très bien avoir un lecteur Blu-Ray sans pour autant se séparer de son vieux magnétoscope.] Et mon cher et tendre étant particulièrement féru de cinéma, je découvre souvent, à ma grande joie, des petites pépites ! Ce film en fait partie…

Origines – Kirsteen Duval

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Quatrième de couverture : 

Andrew et Kate viennent de se marier. Ils sont jeunes, riches, l’avenir leur sourit.

Pour leur lune de miel ils décident de se rendre en Amazonie, d’où Andrew est originaire.

Ce qui devait être un voyage d’agrément, un retour aux sources pour Andrew, va se transformer en une expérience bouleversante dont ils ressortiront métamorphosés …

Inspiré d’une légende brésilienne, celle du boto, le dauphin rose d’Amazonie, Origines vous emmènera au cœur de la jungle brésilienne et vous fera découvrir les odeurs et saveurs de ce merveilleux pays qu’est le Brésil, ainsi que les menaces qui pèsent sur le poumon de notre planète.


Mon avis : 

J’ai vraiment apprécié ce roman qui nous embarque de bout en bout dans l’histoire. Le thème est original, l’écriture est belle, la plume alerte. Et grâce aux protagonistes mais aussi à Kirsteen Duval qui s’est bien documentée (et cela se sent), j’ai également pu voyager et découvrir une région et des populations. Le message passé est important et nous concerne tous.

Pour un premier roman, c’est vraiment une réussite ! Kirsteen Duval sait ménager le suspense et sait également atteindre la corde sensible. Comment ne pas vibrer avec Andrew et Kate ? Comment ne pas être sensibles à la magie de l’Amazonie ? Alors n’hésitez pas et découvrez ce livre !



Extrait : 

— Nous sous-estimons toujours les dangers qui nous guettent en pleine jungle, déclara Henry. Les bungalows ont beau être équipés du WI-FI, la jungle nous entoure et le danger est bel et bien réel. Les animaux restent sauvages et c’est sans compter sur cette atmosphère mystérieuse qui a tendance à nous déboussoler.