Les noces funèbres – Mike Johnson et Tim Burton

Victor Van Dort est un jeune garçon appartenant à une famille aisée. Il doit se marier avec Victoria Everglot, issue d’une famille de petite noblesse ruinée, selon les désirs des deux familles, comme il était courant au XIXe siècle. Les deux jeunes gens se plaisent cependant. Mais Victor est très maladroit et tête en l’air. Lors de la cérémonie, il n’arrive pas à prononcer ses voeux. Le prêtre, excédé, renvoie les deux familles en demandant aux jeunes époux de préparer leur mariage. Mortifié, Victor s’enfuit dans la forêt, répète encore et encore ses voeux. Et quoi de mieux qu’une branche pour simuler le passage de la bague au doigt ? Aie ! C’est à partir de là que les ennuis commencent !

Ce film d’animation date de 2005 mais je n’en avais jamais entendu parler. Il a fallu qu’ils le diffusent hier à la télé pour que j’en prenne connaissance. J’avais une petite appréhension au départ car Tim Burton, ça passe ou ça casse. J’ai vraiment aimé et je me suis laissée embarquer dans cette histoire. En faisant quelques recherches a posteriori, je me suis rendue compte que Burton s’était inspiré d’une légende. Quant au film d’animation, il est fait selon la technique du « stop-motion », c’est-à-dire qu’il y a des décors et des marionnettes et, si j’ai bien compris, ils leur font prendre des poses et les photographient au fur et à mesure. C’est rudement bien fait car je ne m’étais même pas aperçue que c’était des marionnettes !

Bref, j’ai passé un très bon moment.

Nains (tome 1) – Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux

Tome 1 : Redwin de la Forge

– Comment me suis-je retrouvée à lire cette BD, Monsieur le Commissaire ? Je n’en sais rien ! Ça m’a pris comme ça, une impulsion !

– Et depuis quand les BD de ce genre vous intéressent-elles, vous qui avez été élevée aux Astérix, aux Tintin et autres Léonard Génie ?

– Tout est de la faute de Cannibal Lecteur !

– Hannibal Lecter ? Mais que vient faire cet assassin dans l’histoire ? dîtes-donc, vous ne vous moqueriez pas de moi par hasard ? Va falloir se mettre à table ma petite dame, et vite !

– Cannibal, pas Hannibal ! C’est un site tenu par une certaine Belette…

– Vous êtes sous l’emprise de quelque chose, ma parole ! Une belette, maintenant ! Et c’est aussi la marmotte qui met le chocolat dans le papier alu ? Bon, allez, on reprend tout depuis le départ : papiers d’identité, permis d’écrire, NFS-chimie-iono… Dépêchons, il y a Urgences !

– Ah, vous connaissez vous aussi cette série !

– Ça suffit maintenant ! Vous allez tout nous avouer où je vous boucle pendant trois jours !

– Oh, ça va, pas besoin de s’énerver ! Belette a fait paraître la critique du tome 13 dernièrement. Et elle m’a menacée de me donner une fessée (c’est interdit, ça, commissaire, hein ?) si je ne lisais pas cette BD. Je l’ai donc fait et j’avoue à ma grande surprise que les aventures de ce jeune Redwin, le fils du forgeron (clin d’oeil au sketch des Inconnus… comprenne qui pourra), m’ont plu.

– Vous m’en direz tant !

– D’abord pour l’atmosphère et les lieux : on ne sait pas quand ça se passe mais cela pourra très bien être pendant la période médiévale. Puis vient se mêler un peu d’ésotérisme avec les runes et de fantastique dans la création des tranchoirs. Vous allez dire que je délire avec mon Moyen Âge mais après tout, Durendal était enchantée elle aussi, non ?

– Je ne sais pas si elle était enchantée mais vous, on peut dire que vous en tenez une sacrée couche !

– C’est bien pour ça que je suis copine avec Belette !

– Sortez !

Ton Fils (Tu Hijo) – Miguel Ángel Vivas 📺

Jaime Jimenez mène une vie bien tranquille : il est chirurgien, a une femme et deux enfants, Sara et Marcos. Sa vie bascule le jour où, à l’hôpital où il travaille, on lui annonce que son fils vient d’arriver. Ce dernier est en bien mauvais état, passé à tabac à la sortie d’une discothèque. Pourquoi ? C’est ce que ce père va s’acharner à trouver.

Le cinéma espagnol est souvent d’une intensité remarquable. Ce film ne déroge pas à la règle. J’ai été absorbée du début à la fin, sans aucun temps mort. L’acteur, José Coronado, joue son rôle à la perfection, celui du père impuissant, prêt à tout pour venger son fils. Ana Wagener, qui tient le rôle de son épouse, est également remarquable : non seulement elle doit gérer sa douleur mais elle doit aussi canaliser son mari, qui tourne en boucle, rumine sa vengeance, et se retrouve plus d’une fois au poste de Police. Le décor vient ajouter à la puissance dramatique : Jaime se retrouve souvent la nuit dans les bas-fonds de Séville.

Quant à la fin… on se prend une grande claque ! Quel film, mes aïeux ! C’est noir, c’est glauque, c’est limite malsain mais ça prend aux tripes !

Euh… je dois ajouter autre chose ou vous avez compris qu’il faut absolument le voir ?

La Fille de Vercingétorix – J-Y. Ferri / D. Conrad

Et voici, enfin, le 38ème tome des aventures de nos deux gaulois préférés ! Pardon, trois, j’oubliais le petit Idéfix ! Cette fois, nos héros vont être mis un peu en recul pour laisser place aux jeunes : la fille de Vercingétorix déboule dans le village et tous les adolescents ont le coeur en émoi ! Pourtant, on ne peut pas dire qu’elle soit facile l’héritière ! Mais à cette âge-là, la rébellion est bien connue. Bon, mais que fait donc Adrénaline chez nos irréductibles gaulois ? Elle est traquée par les romains qui veulent non seulement la récupérer mais avec elle, un trophée : le torque. Deux anciens lieutenants de Vercingétorix décident donc de la laisser aux mains des habitants du village, sachant que ces derniers arrivent toujours à venir à bout de l’armée de César. Bon, le seul petit « hic », c’est que la gamine fugue…

J’ai trouvé quelques longueurs au départ, des répétitions, mais au final, je me suis laissée embarquer par l’histoire. Les jeux de mots sont bien présents sans friser l’overdose, une personnalité se trouve encore dans cet album… bref, la recette a toujours du succès.

Le Premier convoi (1848) – Michèle Perret

Quatrième de couverture :

Le 22 février 1848, Paris se soulève contre le roi Louis Philippe. La Deuxième République est proclamée ; Alphonse de Lamartine impose le drapeau tricolore. Des Ateliers Nationaux destinés à procurer du travail aux chômeurs parisiens sont créés puis fermés rapidement par l’assemblée conservatrice. Fin juin une nouvelle insurrection est réprimée dans le sang. Pour se débarrasser des fauteurs de troubles on leur propose de créer des colonies agricoles en Algérie. Un décret du 20 septembre 1848 stipule que les colons doivent partir le plus vite possible.

Mon avis :

« – Voici la terre, voici l’Algérie !

On se pressa à l’avant de l’Albatros, on ouvrait grand les yeux sur cette côte assez aride, on cherchait un peu de végétation, les palmeraies et les orangeraies promises (…) » (P 149)

Que faire lorsque c’est l’insurrection à Paris et que l’on vous promet le paradis ailleurs ? On ne réfléchit pas vraiment et on y va, même si l’on sait déjà que le voyage sera dur et que l’Eden convoité n’existe pas réellement.

Michèle Perret retrace ici, sous la forme d’un roman historique, le contexte du départ, le voyage en bateau, l’arrivée sur la « Terre promise » et la suite. Certes, il s’agit d’un roman mais les personnages sont tellement réalistes qu’on s’y croirait. Certains sont le symbole de cette misère qui s’est expatriée. D’autres doivent vite débarrasser le plancher s’ils ne veulent pas être fusillés…

Ce livre se lit avec aisance tant l’écriture est fluide. Je ne connais pas beaucoup l’histoire de l’Algérie, si ce n’est la guerre, est cela m’a permis d’apprendre avec facilité un épisode important qui déterminera le cours de l’Histoire. J’ai retrouvé dans ce livre le réalisme d’un Zola, auteur que j’adore, mais d’un Zola qui se serait débarrassé de certaines longues descriptions pour céder à un peu plus de fluidité additionnée d’un soupçon de truculence.

Et si on s’est laissé embarquer pendant les 250 pages, la postface nous remet face à la réalité. D’autant plus que vont s’ensuivre ensuite les noms de tous ceux qui ont fait partie de ce convoi. Quel bel hommage à ces derniers !

Un grand merci Michèle Perret !