Les Plumes chez Émilie : Canicule

Voici la liste des mots à insérer : Glacier, nu, enflammer, radotage, lapin, chaleur, rhume, moite, mauvais, masse.

L’incendie

La ville brûlait depuis six jours maintenant. Le brasier géant le fascinait. Les poutres en bois craquaient comme des brindilles et se réduisaient en cendres très vite, non sans avoir enflammé au passage les maisons proches. Il regardait le spectacle, nu à sa fenêtre (il ne risquait pas d’attraper un rhume avec cette chaleur), hypnotisé par cette gigantesque langue de feu qui consumait toutes les masses, boisées ou humaines.. Voir un glacier qui se serait détaché n’aurait pas eu le même effet sur lui. Il aurait juste eu les mains moites mais aucune comparaison avec ce spectacle. Le feu purifiait. Tant pis pour les êtres vivants qui rôtissaient comme des lapins. On le dirait mauvais, cruel… peu importe. Il avait l’habitude des radotages.

L’Histoire ne retiendra que ça, se dit Néron…

Ça va vous rappeler quelque chose…

Voici une mésaventure arrivée à Jacques Lelong (1665-1721), prêtre de l’Oratoire, religieux, bibliographe et historien français.

Lelong avant d’entrer dans la Congrégation de l’Oratoire, alla à Malte, dans la vue d’être admis parmi les clercs de cet ordre. A peine y fut-il arrivé, que la contagion se répandit dans cette île. Le jeune Lelong, ayant rencontré par hasard des personnes qui allaient enterrer un homme mort de la peste, les suivit par une curiosité naturelle aux jeunes gens. 
Dès qu’il fut rentré dans la maison où il logeait avec d’autres français, on en fit murer les portes, de peur qu’il ne communiquât la funeste maladie dont on croyoit qu’il serait bientôt attaqué. Mais cette espèce de prison lui sauva la vie. Car pendant que la contagion enlevait un grand nombre de personnes dans les maisons voisines, le jeune Lelong et ceux qui étaient enfermés avec lui, furent préservés de la maladie. 

Anecdote tirée de l’ouvrage de Guillaume-Thomas Raynal (Histoire de ce qui est arrivé de plus singulier, et de plus intéressant aux Ecrivains François, depuis le renouvellement des Lettres sous François I. jusqu’à nos jours)

Les blagues de Lully

Image : Château de Versailles

Je vous ai parlé récemment de la mort de Lully. Cette fois, l’anecdote, tirée de l’ouvrage de Guillaume-Thomas Raynal (Histoire de ce qui est arrivé de plus singulier, et de plus intéressant aux Ecrivains François, depuis le renouvellement des Lettres sous François I. jusqu’à nos jours), est plus gaie. On s’imagine mal le jeune Lully farceur. Et pourtant…

Lully étant jeune et simple page de Mademoiselle, entendit que cette Princesse qui se promenait dans les jardins de Versailles, disait à d’autres Dames : Voilà un piédestal vide sur lequel on aurait dû mettre une statue. La Princesse ayant continué son chemin, Lulli se déshabilla entièrement, cacha ses habits derrière le piédestal, et se plaça dessus, attendant dans l’attitude d’une statue que la Princesse repassât. Elle revint en effet quelque temps après, et ayant aperçu de loin une figure dans l’endroit où elle souhaitait qu’on en plaçât une, elle ne fut pas médiocrement surprise. Est-ce un enchantement, dit-elle, que ce que nous voyons ? Elle avança insensiblement, et ne reconnut la vérité de cette aventure que lorsqu’elle fut très proche de la figure. Les Dames et les Seigneurs qui accompagnaient la Princesse voulurent faire punir sévèrement la statue, mais elle lui pardonna en faveur de la saillie singulière : et cette folie qui semblait devoir perdre Lully, fut le premier pas qui le conduisit à la fortune.

Sancerre (Cher)

Sancerre est bien connue pour ses vins mais ce n’est pas ici ce qui m’intéresse. C’est plutôt, vous le savez si vous me suivez, le côté historique. On en trouve quelques traces.

La tour du Chancelier de Giac

Pierre II de Giac avait été nommé par Charles VII maître des finances en 1424. Il tomba fou amoureux de Catherine de L’Isle Bouchard qui, apparemment, faisait tourner bien des têtes. Il l’épousa en secondes noces (sa première femme était Jeanne de Naillac) fin 1425. Catherine en était à son troisième mariage. Pierre mourut en 1427. La légende dit que Catherine y serait pour quelque chose, d’autant plus qu’elle épousera par la suite son amant, Georges de la Trémoille. Ceci dit, lorsqu’on sait que Pierre avait organisé la mort de sa première femme pour pouvoir épouser Catherine, on n’a pas de complaisance pour ce dernier non plus…

La maison de Jacques Coeur II

Il s’agit d’une des maisons de Jacques Coeur qui en avait un peu partout. Celle-ci lui fut confisquée lorsqu’il est tombé en disgrâce puis rendue à son fils, Geoffrey, en 1463. C’est la plus ancienne maison de la ville. Jacques Coeur avait son magasin d’étoffes juste derrière (2ème photo).

Le logis du Seigneur d’Herry : celui-ci ayant dû vendre sa demeure au comte de Sancerre, il fit bâtir ce logis, à la fin du XVe siècle sur les bases d’une maison datant du XIIe. Le logis, restauré grâce aux vignerons, est appelé désormais « Maison des Sancerre ».

La tour des fiefs : dernier vestige du château féodal qui détenait six tours au XIVe siècle.

Retour en 2020 ! Ces parapluies colorés marquent non seulement de leurs jolies couleurs les rues piétonnes mais ils ont été également bien utiles avec le soleil de plomb que nous avions.

© L.B