Fleur de cactus – P. Barillet/J-P Grédy/M. Fau

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Une secrétaire médicale amoureuse de son patron, voilà qui n’est pas nouveau, certes. Mais quand on voit cette dame, on n’a pas envie de s’y frotter ! D’ailleurs, la seule plante qui se trouve sur son bureau est un cactus. Le docteur Desforges, un dentiste réputé, n’a rien d’un Apollon ! Pourtant, il enchaîne les aventures amoureuses et, pour être tranquille, a fait croire à sa dernière conquête qu’il est marié et a des enfants. Mais tout se complique lorsqu’il veut l’épouser. Il est obligé de pousser très loin son mensonge en lui faisant croire qu’il divorce mais sa future femme veut en être certaine en rencontrant Mme Desforges. Vont s’ensuivre des quiproquos et des retournements de situation comme dans tout bon Vaudeville.

J’aime beaucoup Catherine Frot et je n’ai pas été déçue. Elle épouse (si j’ose dire) à merveille le rôle de l’assistante coincée (en apparence). Quant à Michel Fau, il est grandiose dans la peau de Julien Desforges, un peu benêt en apparence. C’est lui, d’ailleurs, qui a mis en scène cette pièce que Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy avaient sortie en 1964 et qui était restée trois ans à l’affiche. Les décors s’inscrivent bien dans le scénario. Tout est parfait !

La Maison Bataille – Olivier Szulzynger

La maison bataille

Quatrième de couverture :

«Les enfants des paysans envahissent les villes, qui doivent faire face à la plus formidable vague d’immigration de leur ­histoire ? des dizaines de fois plus importante que celle des ­réfugiés, dont l’arrivée occupe aujourd’hui les gros titres des ­journaux. Ces exilés ont laissé derrière eux des ­millions de maisons vides, dont certaines deviennent des maisons ­secondaires, afin de permettre aux nouveaux citadins de croire qu’ils ont toujours un lien avec la terre, avec l’existence d’autre­fois ; lien purement imaginaire, Frédéric en a la conviction. Cependant, c’est vers l’une d’elles qu’il a choisi de rouler…»
Frédéric Bataille, jeune compositeur, vient s’établir dans la maison familiale de Camporeils, dans les Pyrénées catalanes. L’occasion de se plonger dans l’histoire de sa famille. L’amertume de Louis, les regrets de Jeanne, la jalousie maladive de Marie, ne sont-ils pas autant de symptômes de la « malédiction des Bataille » que le grand-père croyait avoir rompue en permettant aux siens d’échapper à la condition de paysans ? Dans ce premier roman, Olivier Szulzynger s’interroge : peut-on se soustraire aux malentendus et névroses qui structurent une histoire familiale et la constituent en ­destin ?

Mon avis :

Ce livre est une petite madeleine de Proust pour moi. J’ai vécu 30 ans dans la région décrite, d’où le fait que je tenais absolument à le lire. Je remercie d’ailleurs Babelio et son opération Masse Critique, ainsi que les Éditions de l’Aube pour cette découverte. Ajoutons également à ceci que j’apprécie particulièrement les romans de terroir et vous avez la recette d’un livre qui ne pouvait que me plaire.

La saga des maisons familiales est souvent âpre : soit chacun veut sa part sans rien faire, soit il y a la vente et, avec cette dernière, l’envol de tous les souvenirs d’enfance. On revit, grâce à ce roman, l’histoire fictive de cette maison associée à l’Histoire (avec un grand H cette fois). Et cela fait écho en moi car c’est l’histoire de la maison familiale paternelle (mais j’étais trop jeune, lorsqu’elle a été vendue, pour m’en souvenir vraiment) et, plus récemment, celle de ma belle-famille… Une petite maison dans les Cévennes, l’Histoire sans cesse apprise dans les cartes postales et les photos des ancêtres (notamment la Première Guerre Mondiale)… et sa vente soudaine, brutale, par l’héritière qui ne l’avait jamais aimée et qui préférait s’en débarrasser… Bien entendu, il y a des histoires bien plus heureuses mais ce n’est pas le cas dans ce livre.

J’ai aimé ce roman pour toutes ces raisons. L’auteur, Olivier Szulzynger, met en relief avec précision les liens familiaux, les déchirures, les non-dits et les névroses qui peuvent amener au pire.

Extrait :

La maison est ramassée sur elle-même. La façade est en pierres sèches. Il n’y a pas d’ouverture au rez-de-chaussée, et seulement une rangée de quatre fenêtres au premier et au deuxième étage. Les fenêtres, étroites comme des meurtrières, sont fermées par des volets verts en bois. La peinture s’écaille. Le noir rouille des ardoises contraste avec le gris jaunâtre du mur. Pierres contre pierres. Minéral.
Cette maison est semblable à toutes celles du village. Banale. Pourquoi a-t-elle suscité autant de passion ? C’est le nid des Bataille. Ils y habitent depuis des siècles. D’innombrables générations de paysans s’y sont succédé. Mais Frédéric ne ressent aucun frisson en glissant la clé dans la serrure de la porte en bois.
Cliquetis de ferraille rouillée. (P47)

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7 morts sur ordonnance – Jacques Rouffio

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Ce film est d’une noirceur absolue. Mais lorsqu’on sait qu’il est inspiré d’un fait divers, cela glace le sang !

Nous sommes en Auvergne, dans une clinique située à Clermont-Ferrand. Un patriarche, le professeur Brézé règne en maître sur cette dernière avec son clan constitué de ses trois fils et de son gendre. Il veut faire tomber, le docteur Losseray, éminent chirurgien, qui reprend du service après un gros infarctus. Brézé emploie alors des méthodes dignes des mafieux. Le harcèlement va bon train mais Losseray s’entête et ne plie pas. Il va d’ailleurs se souvenir qu’un autre médecin, le docteur Berg, s’était suicidé quinze ans auparavant en ayant éliminé, auparavant, sa femme et ses enfants. Et si Berg avait lui aussi subi des pressions ?

Ce drame est terrible. Ce film de 1975 met en scène les coulisses du monde médical où tout n’est pas rose, surtout lorsqu’il y a de la concurrence. Les images sont d’un réalisme bluffant et la sensibilité est mise à fleur de peau, surtout lorsqu’il y a des morts. Le sang coule mais cela ne semble pas agir sur le vieux Brézé, complètement insensible et d’une cruauté à toute épreuve. Depardieu est génial en docteur égocentrique, Vanel, tout en sobriété, est porteur de l’intensité et Piccoli est à redécouvrir dans ce rôle de médecin altruiste.

Le Château de ma Mère – Yves Robert

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J’ai profité d’une rediffusion à la télé pour regarder à nouveau ce film et, comme d’habitude, je me suis régalée. Pourtant, je connais les textes de Pagnol presque par cœur et ce n’est pas la première fois non plus que je visionne ce film. Mais c’est frais, on se plonge avec délice dans les collines, en écoutant les cigales et l’accent chantant…

Pour ceux qui ne connaitraient pas l’histoire (il y en a ?), je vous fais un rapide résumé : Les Pagnol passent leurs vacances dans la maison des collines, sur les hauteurs de Marseille. Tout le monde s’y sent bien, à tel point que la famille va s’arranger pour y aller chaque fin de semaine. Mais il faut 4h à pied (aller-retour). Joseph, Le père de Marcel, instituteur, rencontre un jour un ancien élève, « Bouzigue ». Celui-ci, employé du Canal, leur donne la clé qui leur permettra de longer celui-ci et de ne mettre plus qu’une vingtaine de minutes. Mais pour cela, ils vont devoir passer sur des propriétés privées…

Si ce film sent le thym, le romarin, bref, les vacances, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une autobiographie scénarisée et qui dit autobiographie dit également événements malheureux. Pagnol ne nous épargne rien et le sourire du départ va laisser place à quelques larmes à la fin. « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants ». Ces paroles, prononcées par Jean-Pierre Darras, la voix du Marcel plus âgé, laissent à réfléchir.

Le Clan des Siciliens – Henri Verneuil

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Que rêver de mieux que d’avoir les trois grandes gueules du cinéma français réunies dans le même film ? Et quel film, mes aïeux ! Un excellent polar bien ficelé tiré du livre d’Auguste Le Breton et mis en scène par Henri Verneuil… on ne pouvait qu’aimer !

Roger Sartet, joué par Delon, s’échappe de prison avec l’aide de la famille Malanese dont le patriarche, Vittorio (Jean Gabin), est un mafieux de première. Évidemment, entre truands, on ne s’aide jamais pour rien. Sartet va proposer, en échange, le cambriolage d’une collection de bijoux devant être transférée de la galerie Borghèse à New-York. Ils vont devoir déjouer l’attention du commissaire Le Goff (Lino Ventura) qui traque sans merci l’évadé.

Comme souvent avec ces bons vieux films, je me suis régalée. Certes, les Monstres sacrés y sont pour quelque chose, mais il faut bien avouer que la réalisation est magistrale. Ça n’a pas vieilli, c’est toujours aussi plaisant à regarder, les réparties écrites par José Giovanni sont savoureuses (« Dans le domaine du moindre risque, je ne vois que le bilboquet ou le cerceau » / « Ah, il est trois heures du matin à New York ? Eh oui, vous pouvez pas vivre comme tout le monde !»). Il n’y a aucun temps mort et, cerise sur le gâteau, la musique d’Ennio Morricone vient mettre en relief l’atmosphère du clan sicilien. 

Vous êtes toujours là ?

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Je vous mets la bande-annonce :

Léviathan – Andreï Zviaguintsev

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Le Léviathan est connu dans la mythologie pour être un monstre. Il apparaît également dans la Bible. Il s’agit d’un énorme serpent de mer et, de ce fait, on peut le voir de façon métaphorique comme des forces invisibles créées par un regroupement, une association d’individu.

Andreï Zviaguintsev va ainsi intituler son film pour désigner la corruption de l’Etat.  Son personnage, Kolia, rappelle celui de Job dans la Bible. Kolia habite dans une maison qu’il a construite de ses propres mains près de la mer de Barents. Il fait l’objet d’une procédure d’expropriation mise en place par le maire qui voudrait récupérer le terrain afin d’en faire, apparemment, un centre de télécommunications. Mais Kolia est attaché à ce lieu où ont vécu son grand-père et son père. Il fait appel à son ami, Dmitri, avocat, pour essayer d’obtenir une somme plus importante que celle proposée. Mais il va se heurter à des obstacles, privés et publics…

Le réalisateur a mis en scène un fait divers. Cependant, il montre de façon admirable l’association Etat/Eglise, association puissante contre laquelle un homme seul ne peut rien. Le maire, ici, a du sang sur les mains mais il est appuyé par le chef de la police, madame le Procureur, la juge, l’évêque… bref, tous ceux qui détiennent une certaine puissance. Zviaguintsev met également en relief la trahison, souvent amenée, justement, par la perspective du pouvoir.

J’ai vraiment apprécié ce film tourné de façon admirable. Cet homme se battant, seul, dans un univers glauque, luttant pour sa liberté, ne peut qu’avoir notre empathie.