Belle de Nuit – Sonia Frisco

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Quatrième de couverture : 

[…]

Il existe des réalités qui dépassent la plus incroyable fiction, des rêves pour lesquels on est prêt à tout donner, des amitiés plus fortes que toutes les adversités.
La violence ne sévit pas toujours à visage découvert, bien souvent elle porte des masques, pour cacher sa laideur et sa misère.

Dans un monde redoutable qui la veut prisonnière, Mia va lutter de toutes ses forces pour sauver son histoire personnelle et trouver l’amour, la liberté et la vie… avec, pour seuls alliés, un espoir, un rêve et une amie.

[…]

 

Mon avis : 

Je viens de refermer ce livre, lu de bout en bout à une vitesse édifiante, la gorge serrée. Ma critique sera donc à chaud, avec toutes les émotions que l’on peut avoir à ce moment là.

Avec ce roman, pour une part autobiographique, Sonia Frisco sort des sentiers battus en osant publier, à sa demande, l’histoire de son amie Mia. Cette dernière doit échapper à un mariage devenu conflictuel. Mais dans sa famille italienne, on ne prononce même pas le mot « divorce. » Celui-ci est tabou, interdit, synonyme d’opprobre jeté sur les parents. Qu’à cela ne tienne, la pauvre jeune femme se débrouillera par ses propres moyens. Sandro lui a lancé un ultimatum : si elle est encore là quand il revient, il considérera qu’elle lui appartient. Et cette idée de possession la fait fuir. La seule chose qu’elle possède, justement, c’est son corps. C’est à ce moment-là que le titre du livre prend un de ses sens… un seul seulement…

J’ai été emportée par cette histoire. J’ai souffert avec et pour Mia, eu une énorme sympathie pour Marina, Andrew et Robin… À travers ces personnes, on découvre à quel point certaines mentalités n’ont pas bougé, à quel point des mots peuvent faire souffrir, à quel point le fameux « qu’en-dira-t-on ? » peut détruire. Mais comme toujours chez notre romancière, la poésie intervient, et certains messages sont apaisants. L’amitié, l’amour, sont deux biens précieux qui peuvent transcender une vie misérable. L’essentiel est de ne pas passer à côté.

Ce roman va aider, j’en suis certaine, des personnes qui ont vécu des histoires similaires. En tous les cas, même si je n’ai jamais vécu ceci, j’ai été touchée par ce livre hors du commun. Bravo Sonia Frisco pour votre courage et votre plume !



Extrait : 

Nos chemins, bons ou mauvais, sont les lieux de départ de nos rêves… nos premiers espaces de liberté. Et notre liberté est sacrée, nous l’avons si durement gagnée. Depuis des siècles, nous nous sommes battus pour notre droit à l’expression, à l’existence et à l’indépendance, ou en un mot à la liberté, et chacun de nous, un jour ou l’autre, a été amené à livrer bataille pour elle.

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Les enfants Mozart

 

Mozart et Constanze se marièrent le 4 août 1782. Dix mois plus tard, le 17 juin 1783, Raimund Leopold vit le jour. Malheureusement, de constitution fragile, l’enfant décéda le 19 août de la même année. Le 21 septembre 1784, naquit le petit Karl Thomas, premier fils du couple qui survivra. Puis vint, le 18 octobre 1786, Johann Thomas Leopold, qui ne vivra qu’un mois (décédé le 15 novembre). La première fille, Theresia Constanzia Adelheid Anna Maria Friedricke, n’eut pas plus de chance. Née le 27 décembre 1787, elle mourut le 29 juin 1788. Le cinquième enfant du couple, une fille également, prénommée Anna Maria, mourut à sa naissance, le 16 novembre 1789. Enfin, le dernier garçon, Franz Xaver Wolfgang, vit le jour le 26 juillet 1791. Tout comme son frère ainé, il survivra.

 

Franz et Karl Mozart
Franz et Karl peints par Hans Hansen en 1798

 

L’aîné des deux frères, Karl, écrira en 1856 : « Par une décision souveraine de ma mère, il fut arrêté que ce ne serait pas moi, mais mon frère, âgé de deux ans à peine, qui deviendrait musicien ; je n’en fus pas satisfait à l’époque, mais par la suite, après mûre réflexion, j’en fus très content, m’étant persuadé que les fils d’un père qui s’est illustré ne doivent jamais courir la même carrière, car, même en possession de plus grands talents que ceux que je reconnais en moi, ils ne peuvent jamais répondre aux exigences placées en eux. Cette conviction qui s’était malheureusement aussi enracinée chez mon frère aujourd’hui décédé, l’avait indisposé, rendu méfiant de son propre talent qui n’était vraiment pas ordinaire, empoisonné, et à peut-être même abrégé sa vie. »

Le ton est donné. Il est en effet difficile d’être le rejeton du petit génie. Karl s’installa à Milan en 1805. Il apprit la musique, de 1806 à 1810, avec Bonifazio Asioli, grand compositeur et directeur des études au conservatoire. Karl lui avait été recommandé par Haydn. Il rentra ensuite au service d’Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie. Il mourut le 31 octobre 1858. Il n’eut pas d’enfant.

 

Karl Mozart
Karl Thomas Mozart, Daguerréotype de 1856.

 

Franz Xaver ne connut pratiquement pas son père. Il n’avait que 4 mois 1/2 lorsque celui-ci décéda. L’anecdote veut que Mozart ait entendu son fils pleurer et reproduire un son identique à celui qu’il venait de faire au piano. Celui-ci se serait alors exclamé : « C’est bien un Mozart ! »

Et voilà bien ce qui explique ce que dit Karl. Constanze aurait alors décidé, à partir de là, que Franz serait le digne héritier de Wolfgang. Il reçut alors une éducation musicale avec des professeurs de renom : Antonio Salieri et Johann Nepomuk Hummel.

Franz devint un compositeur de talent, chef d’orchestre, pianiste. il signa souvent ses compositions du nom de Wolfgang Mozart. Tout comme son frère, il resta célibataire et n’eut aucun enfant. Il s’éteignit le 29 juillet 1844.

 

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Franz Xaver Wolfgang (dit Wolfgang Junior) peint par Karl Gottlieb Schweikart en 1825.

Pour toi, Asphodèle…

J’avais envie, aujourd’hui, de mettre une petite poésie – ou plutôt un extrait de poésie – qui m’avait marquée lorsque je faisais du latin et dont je trouve le texte magnifique : une ode d’Horace… avec le fameux Carpe Diem :

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« N’essaye pas de savoir – c’est une chose interdite – pour moi, pour toi,
le temps que les dieux nous ont donné, Leuconoé. Ne sonde pas
les horoscopes babyloniens. Quoi qu’il arrive, tout en sera meilleur !
(…)
Prends le jour qui s’offre, ne fais pas crédit à demain. »

 

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Constanze Weber Mozart, sa femme.

Constanze Weber Mozart

Source

Née le 5 janvier 1762, Constanze Weber est la troisième fille (sur quatre) de Fridolin et Caecilia. Cette famille de musiciens n’était pas sans rapport avec le grand Carl Maria Von Weber puisqu’il n’était autre que leur cousin germain.  La famille se situe sur le même plan social que celle des Mozart.

Wolfgang fera d’abord la connaissance de la deuxième fille, Alysia (ou Aloysia) lors d’une tournée à Mannheim, en 1777. C’était là où habitait la famille Weber à l’époque. Il veut l’épouser. Mais Léopold, son père, refuse cette union de peur que son génie de fils abandonne la musique. On connaît la suite : Mozart part à Munich et Alysia ne l’attendra pas. Elle épousera entre-temps (1780) Joseph Lange, acteur et peintre. La famille Weber déménage à Vienne à la mort du père. Caecilia a encore trois filles célibataires à nourrir. Pour s’en sortir, elle prend des pensionnaires. Le destin fera que Wolfgang, lors d’un passage à Vienne, séjournera à la pension. Il fait alors la connaissance de Constanze. Ils se marient le 4 août 1782. Cette fois, le petit génie n’attendra pas la bénédiction paternelle. Leurs dix années de vie commune verront naître six enfants. Seuls deux survivront, Karl Thomas et Franz Xaver.

Constanze a souvent été critiquée. On la décrit de santé fragile, souvent alitée. Il semblerait qu’elle souffrait d’ulcères variqueux. Sur le plan financier, on l’accusa de frivolités. Le couple menait grand train sans en avoir les moyens. Mozart n’aura connu que la ruine. Sa sœur dira, en 1793, dans des notes : « Hormis en musique, il fut et demeura presque toujours un enfant, et cela est le trait principal de son caractère, du côté de l’ombre. Il aurait toujours eu besoin d’un père, d’une mère ou d’un mentor. Il était incapable de compter avec l’argent, il épousa contre la volonté de son père, une jeune fille qui ne lui convenait pas ; ce fut la cause d’un grand désordre domestique au moment de sa mort et après. »

Constanze fut donc veuve à 29 ans, avec deux enfants en bas-âge. Elle réussit à toucher une pension. Elle fit la promotion des œuvres de son époux et, peu à peu, se constitua une petite fortune. Elle se remaria à l’âge de 47 ans, en 1809, avec un danois, Georg Nikolaus von Nissen. Celui-ci mourut en 1826. Elle fut rejointe par ses sœurs, notamment Alysia, qui vécut avec elle jusqu’à sa mort. Elle s’occupa également de la sœur de Wolfgang, Nannerl, devenue aveugle.

 

Maria Anna Mozart, la sœur

Maria Anna Mozart

Source

 

Maria Anna Walburga Ignatia Mozart est née à Salzbourg, le 30 juillet 1751. Elle était surnommée Nannerl ou Marianne. Quatrième enfant de la famille, elle montra des talents musicaux précoces, notamment pour le clavecin. Elle accompagna son père et son frère lors des premières tournées. Tout comme Wolfgang, elle était capable de reproduire automatiquement, sur son clavecin, un air qu’elle venait d’entendre.

 

Maria Anna Mozart, dite Nannerl
Pietro Antonio Lorenzoni , Maria Anna Mozart, huile sur toile, Mozarteum, Salzbourg. Âgée de 11 ans, Nannerl porterait sur cette peinture les vêtements offerts par l’impératrice à l’occasion de sa venue à Vienne avec son frère.

 

Lors d’un concert ayant obtenu un succès phénoménal, Wolfgang annonce qu’un des morceaux qu’il vient de jouer a été écrit par sa sœur. Léopold enrage. À cette époque, aucune femme ne peut devenir un grand compositeur. Il lui demande donc de mettre un terme à l’écriture musicale. Par la suite, Léopold se concentre sur son génie de fils. Il refuse à sa fille les études de violon qu’elle lui réclame. Il lui annonce même qu’elle devra désormais rester à la maison lorsqu’il prendra Wolfgang en tournée. Il l’oblige à donner des leçons de piano aux étudiants riches pour financer la tournée italienne de son frère. La pauvre fille se conforme aux désirs de son père mais elle sombre dans une profonde dépression. Ses rêves sont brisés.

Victoria, une des étudiantes à qui elle donne des cours, devient sa petite protégée. Elle sort Maria Anna de sa mélancolie grâce à son talent musical. Et lorsque le père de cette dernière va s’intéresser à ce professeur si doué, Nannerl retrouve complètement la joie de vivre. Elle va peut-être enfin pouvoir toucher du bout des doigts à ses rêves. Ses rapports avec son frère se dégradent quelque peu : Léopold fait trop de différences entre son fils et sa fille. Elle enrage également contre cette société qui empêche aux femmes de vivre de leur art musical.

Nannerl grandit et le désir de se marier est là. Ses fiancés sont déboutés un par un par Léopold. Finalement, en 1784, elle épousera un juge d’instruction, Johann Baptist Franz von Berchtold zu Sonnenburg, et déménagera à St. Gilgen. Elle retournera à Salzbourg pour donner naissance à son premier enfant…. qu’elle laissera, selon les dires, aux soins de Léopold.

Elle ne se remettra à correspondre avec Wolfgang qu’après la mort de leur père. A la mort de son frère, elle met un point d’honneur à rassembler les œuvres de ce dernier et à ériger des monuments en son honneur. Elle retournera définitivement à Salzbourg à la mort de son époux. Elle vivra de ses leçons de piano.

Maria Anna s’éteindra le 29 octobre 1829 à l’âge de 78 ans.

Anna Maria Mozart, la mère.

Anna Maria Mozart
Rosa Hagenauer Barducci, Portrait d’Anna Maria Pertl, musée de Salzbourg.

 

Anna Maria Walburga Pertl est née le 25 décembre 1720 à St. Gilgen. Elle est issue d’une famille plutôt aisée. Elle est la fille de Nicolaus Pertl, sous-préfet, et d’Eva Rosina. On sait peu de choses de cette femme, si ce n’est qu’elle épousa, en 1747, Léopold Mozart et qu’elle donna naissance à 7 enfants. Les deux survivants allaient devenir deux petits génies musicaux. Malheureusement, seul un restera dans l’Histoire : Wolfgang.

On sait qu’elle accompagna son fils dans les tournées lorsque le père ne pouvait pas y aller. En effet, Léopold ne pouvait pas toujours obtenir un congé.

C’est justement pendant une tournée qu’Anna Maria fut prise de fièvres. Sans le sou ou presque, les chambres que louaient le petit prodige étaient froides et miteuses. Le 3 juillet 1778, elle s’éteignit, à Paris. Elle fut inhumée dans le cimetière de la paroisse Saint-Eustache.  

Le registre de lecture précise : « Le jour dit, Marie-Anne Pertl, âgé de 57 ans, épouse de Léopold Mozart, maître de chapelle à Salzbourg, en Bavière, décédée hier à Rue du Groschenet, a été inhumée dans le cimetière en la présence de Wolfgang Amédée Mozart, son fils, et de François Heina, trompettiste dans la cavalerie légère de la Garde royale, un ami. »

Une plaque est, par ailleurs, apposée dans l’Eglise.

Les ombres portées : Zola, correspondances intimes – Sophie Guermès

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Quatrième de couverture :

Le 10 novembre 1891, un drame survient dans la vie d’Alexandrine Zola. Elle apprend par une lettre anonyme que son mari entretient une liaison avec Jeanne Rozerot, leur ancienne lingère, et qu’il a eu deux enfants avec elle. Dévastée, elle veut se rendre chez sa rivale, mais son mari l’en empêche et charge un ami de mettre à l’abri sa famille jusqu’alors cachée. Plus tard, elle lira les lettres échangées entre les amants.

Chacun des protagonistes de ce drame porte son poids d’ombre, qu’il s’agisse de celle du secret ou de celle de l’inaccompli : le mariage pour Jeanne, la maternité pour Alexandrine, et pour Zola l’absence de « partage du cœur ».

Mon avis :

Aussitôt reçu, aussitôt lu ! J’en profite pour remercier Babelio qui, dans le cadre de son opération Masse Critique, m’a permis de découvrir ce petit livre.

J’avoue que je ne m’attendais pas à un texte partagé en actes, comme au théâtre car rien ne me le signifiait dans la quatrième de couverture. Je pensais réellement avoir des extraits des différentes correspondances entretenues entre Zola, Jeanne et, pourquoi pas, Alexandrine. Il n’en est rien car il s’agit finalement d’une mise en scène des réactions ou des pensées des différents acteurs de ce drame. Si je m’étais renseignée un peu, j’aurais vu qu’il s’agissait d’une lecture en public, faite, si je ne me trompe pas, au festival de Grignan.

Ceci dit, ce n’est pas bien grave car j’ai vraiment apprécié le fait d’entrer ainsi dans la tête de Jeanne ou d’Alexandrine. Les émotions des deux femmes sont exacerbées, on peut aisément le comprendre. J’ai ressenti une sorte de parti-pris, ce qui sera le seul petit bémol de mon billet, car lorsqu’on referme ce livre, on déteste cordialement Alexandrine qui est pourtant la femme légitime. Je pense que Sophie Guermès a voulu se mettre à la place de Zola qui semblait ne plus rien ressentir envers cette dernière, ce qui a pu me donner cette impression. En tous les cas, cela m’a donné envie d’aller faire des recherches sur cet épisode de la vie privée de Zola, ce romancier qui fait partie, selon moi, des plus grands (oui, je sais, je ne suis pas du tout objective).

Extrait : 

Il lui semblait la voir de nouveau et l’entendre, forçant la porte et cassant tout, hurlant au scandale, mettant le feu, qui sait ? chez celle qui, depuis plusieurs années, n’avait pas cessé de la protéger, hantée par le rêve d’un monde unifié, sans violence ni souffrance, où chacun aurait sa part, dans l’harmonie et la sérénité. C’est ce qui la bouleversait, maintenant que tout était découvert : moins la honte que l’écroulement de ce rêve de paix. (P21)