Les contes du chat perché – Marcel Aymé

Marcel Aymé [XXe s] Marcel-Ayme-Contes-Folio-2

« Ces contes ont été écrits pour les enfants âgés de quatre à soixante-quinze ans. Il va sans dire que par cet avis, je ne songe pas à décourager les lecteurs qui se flatteraient d’avoir un peu de plomb dans la tête. Au contraire, tout le monde est invité. Je ne veux que prévenir et émousser, dans la mesure du possible, les reproches que pourraient m’adresser, touchant les règles de la vraisemblance, certaines personnes raisonnables et bilieuses. » Voici un extrait de la préface de ce livre, sorte d’avertissement au lecteur. Car ce livre peut se lire à divers degrés. Ainsi, je l’ai découvert lorsque j’étais à l’école primaire, en CE1 ou CE2. Je me souviens que lorsque l’institutrice prenait le bouquin, c’était alors une bonne heure de lecture. Oui, j’ai eu la chance d’avoir une enseignante qui nous lisait, plusieurs fois par semaine, en fin de journée, lorsque les cerveaux étaient fatigués, des livres passionnants. Et j’attendais ce moment avec impatience. Les histoires de Delphine et Marinette me transportaient dans un autre monde…

Avec du recul, et avec quelques années de plus (oh, juste quelques-unes, hein !), je me rends compte que finalement, les histoires des deux fillettes ne sont pas si idylliques que ça. Leurs parents sont des monstres qui maltraitent les animaux et considèrent que leur progéniture n’est pas des plus intelligentes. On comprend dès lors que l’innocence de Delphine et Marinette leur permet de pouvoir converser avec leurs animaux, êtres également purs et innocents au demeurant. D’ailleurs, c’est toujours auprès d’eux qu’elles trouveront du réconfort. 

Lorsqu’on réfléchit sur les contes et les récits imaginaires s’adressant aux enfants, il en ressort souvent le même constat : les contes ne sont pas vraiment faits pour les enfants. Ils sont plus là pour éduquer les parents et leur faire passer un message. Comment ? Les auteurs avaient tout compris : n’est-ce pas, le plus souvent, les parents qui lisent les contes aux enfants ? 

Bien évidemment, il ne faudra pas se méprendre sur le titre. Le chat Alphonse n’est pas, à proprement parler, le personnage principal. Ceci dit, il ouvre les contes puisqu’on découvre d’entrée de jeu qu’il est un allié de poids pour les fillettes : ces dernières, pour avoir cassé un plat, se retrouvent punies et doivent aller chez leur affreuse tante. Alphonse, qui a le pouvoir de faire pleuvoir en se passant la patte derrière l’oreille déclenche un véritable déluge afin que les petites puissent rester chez elles. Mais toute cette eau abîme les récoltes et les parents veulent le noyer. Il sera sauvé par tous les animaux de la ferme. Ainsi débutent les contes. Je vous laisse à présent les découvrir et passer un bon moment en leur compagnie.

Imagine-erre – Françoise Pichaud

Quatrième de couverture :

Une équipe de guetteurs dirigée par Máhtto a pour mission de veiller sur quelques planètes disséminées dans l’Univers. 
Ensemble ils vont contrer une menace venue de la planète Osand, là où Mordolph la Cigaliane et Mollie le Poulpe ravagent la paix et la liberté. 

Petit à petit on découvre le mystère qui enveloppe les personnages de Sophie, Adama, Sebastián et Steven. Chacun d’eux est en poste dans un observatoire-bulle. Quant à Máhtto il réunit sa petite équipe à bord de l’Odyssée et se rend parfois au Bord du ciel dans l’un des Bureaux d’études célestes.
En équilibre entre rêve et réalité, ils fondent l’espoir de dessiner un avenir plus serein sur Terre.

Sous fond de voyage imaginaire, ce roman fantastique aborde les thèmes de l’écologie, de la paix, de la culture et de la musique de l’Univers. 

Mon Avis : 

Le titre parle déjà de lui-même et si vous connaissez un peu le style de Françoise Pichaud, alias Gouelan sur Babelio, si vous traînez un peu sur Short-Éditions, vous savez à quel point elle aime s’amuser avec les mots. J’ai eu le cœur serré en lisant la dédicace au petit Ange et je pense d’ailleurs que grâce à celle-ci, ce récit, qui pourrait s’apparenter, à mon sens, à un conte philosophique tant il fait réfléchir au-delà du côté jeunesse et fantastique, peut se lire à plusieurs degrés.

J’aime la plume de Françoise, son style, concis, vif et cette façon, inimitable de faire passer un message en alliant avec magie les mots. Fable actuelle, fable de demain, elle nous engage à réfléchir sur de vrais sujets. Et si je devais rapprocher ce texte d’un livre connu, je dirais que Le Petit Prince n’a qu’à bien se tenir !  

Au lit Miyuki – Roxane Marie Galliez/Seng Soun Ratanavanh

 

J’avais vraiment aimé le premier album, Attends Miyuki ; inutile de vous préciser ma joie lorsque j’ai eu celui-ci en main.

Cette fois, nous assistons à un moment difficile pour les enfants, pouvant devenir cauchemardesque pour les parents : le coucher. Généralement, ils tentent toujours de retarder le moment, quand ils ne le rendent pas insupportable. Et la petite fille n’échappe pas à la règle. Elle n’est pas dans le deuxième cas de figure, non, mais elle se cherche des excuses, des choses à faire avant de rejoindre son lit. On admirera d’ailleurs la patience de son grand-père qui, en homme sage, fait tout pour rendre ce moment serein.

Les textes sont toujours d’une délicatesse remarquable. Les dessins sont harmonieux et bien trouvés. Leur association font de cet album un magnifique objet que parents et enfants pourront lire afin de dédramatiser  le moment du coucher.

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Attends Miyuki – Roxane Marie Galliez / Seng Soun Ratanavanh

Quel album ! Très doux au toucher, avec de belles pages en papier glacé richement illustrées… Et quel texte, quelle puissance ! Pfffiou, je l’ai lu ce matin, au petit-déjeuner, avant de partir travailler, ce qui m’a mis du baume au cœur.

Cette petite Miyuki, comme tous les enfants de son âge, veut tout, tout de suite. Elle désire ardemment que, en ce premier jour de printemps, toutes les fleurs de son jardin soient écloses. Mais une petite fleur joue les prolongations. Le grand-père, qu’elle a tiré du lit pour venir contempler la nouvelle saison, lui explique que tout ne va pas au même rythme et que la petite fleur attend de l’eau pure pour s’ouvrir. Il n’en fallait pas plus pour que la petite fille parte à la recherche de l’onde magique.

Si Miyuki doit apprendre la sagesse et la patience, j’avoue que je n’en ai pas eu, de mon côté, et que j’ai dévoré tout de go cet album. Ce conte philosophique, à l’adresse des enfants et de celui qui sommeille en chacun de nous, est  magnifique, tout simplement.

Un grand merci aux auteurs pour ce délicieux moment de lecture.